Auteur : Préface de André Aschieri | Claude Aubert
Date de saisie : 20/04/2006
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Terre vivante, Mens, France
Collection : Ecologie-société
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-914717-22-9
GENCOD : 9782914717229
Nous vivrons moins longtemps que nos parents, contrairement à ce qu'annoncent les démographes. Telle est la thèse iconoclaste défendue par Claude Aubert dans ce livre. Malbouffe, sédentarité, pollution, tabagisme sont autant de bombes à retardement qui vont exploser dans les décennies à venir. Seul un changement radical - mais peu probable - de notre mode de vie pourrait les désamorcer.
Un pronostic solidement étayé par l'auteur et crédibilisé par l'inquiétante augmentation de l'incidence de l'obésité, du diabète et du cancer. Une augmentation qui, en plus de provoquer une très probable baisse de l'espérance de vie, nous achemine vers un monde de malades chroniques.
Restant optimiste, l'auteur rappelle cependant au fil des pages, les gestes élémentaires pour vivre durablement en bonne santé.
Claude Aubert est l'un des premiers agronomes à avoir, dès la fin des années 60, préconisé l'agriculture biologique. Il est l'auteur de plusieurs livres sur ce sujet et sur les relations entre environnement et santé.
André Aschieri, ancien député, maire de Mouans-Sartoux, est vice-président de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire Environnementale et du Travail (Afsset).
Commander ce livre sur Fnac.com
Introduction :
Jeter un coup d'oeil rétrospectif sur le XXe siècle donne le vertige, tant les progrès technologiques ont été inouïs, dans tous les domaines de l'activité humaine. Mais ce qui frappe tout autant, c'est la modification radicale des modes de vie. L'homme a cru - ou a feint de croire - que tout devenait possible.
Que notre corps s'adapterait à un quotidien dont l'exercice physique ne fait plus partie, à une alimentation devenue pléthorique, à l'absorption journalière de dizaines de substances nouvelles aux effets inconnus, à une exposition permanente à toutes sortes de rayonnements électromagnétiques. Il a cru aussi, et beaucoup en sont encore convaincus, que, quoi qu'il arrive, les spectaculaires progrès de la science et de la médecine pallieraient les éventuelles défaillances de l'organisme.
À la recherche de la facilité et du plaisir dans tous les domaines, nous mangeons ce que nous dicte notre gourmandise et ce que nous propose l'industrie agroalimentaire. Nous ne nous déplaçons plus qu'en voiture. Nous remplaçons la force musculaire par la machine dans tous les gestes de la vie professionnelle et quotidienne. En outre, nous agissons comme si les ressources de la planète et sa capacité à s'adapter aux bouleversements que nous lui faisons subir étaient sans limites.
Les mises en garde de ceux qui s'inquiètent des conséquences à long terme de ces nouvelles technologies et de ces nouveaux comportements ont été longtemps ignorées. De fait, elles ont longtemps paru dépourvues de fondement ou largement exagérées. Le «printemps silencieux» annoncé par Rachel Carson dès les années 1960 ? On voit toujours autant d'oiseaux dans le ciel ! La croissance zéro préconisée par le Club de Rome dans les années 1970 ? La croissance n'a pas cessé depuis, continue à être souhaitée par tous les dirigeants de la planète, et l'on persiste à penser qu'elle peut être durable. L'impact de la pollution sur notre santé ? La science y remédiera, pense-t-on, et d'ailleurs nous vivons de plus en plus longtemps. Nos mauvaises habitudes alimentaires ? En dépit des problèmes d'obésité, dont les conséquences commencent seulement à apparaître, elles n'empêchent pas non plus l'espérance de vie d'augmenter. La sédentarité ? Elle non plus n'a pas eu, jusqu'à présent, d'impact négatif sur la longévité.
Il aura fallu attendre les années 1990 pour que l'on commence à s'alarmer des incidences à long terme de la pollution et du pillage de la planète, avec, notamment, le prochain épuisement des réserves de pétrole et le réchauffement du climat. Et le début du XXIe siècle pour que l'on prenne conscience de l'impact planétaire et des conséquences sanitaires de l'obésité d'une part, de la pollution d'autre part.
Mais si l'on commence, timidement, à se préoccuper des alternatives au pétrole et de la lutte contre l'effet de serre, on continue à ne pas faire grand-chose en matière de lutte contre la pollution chimique et contre l'obésité.
On pronostique une augmentation de l'espérance de vie pendant au moins plusieurs décennies. Rien ne permet a priori de mettre en doute ces prévisions, la médecine continuant à progresser et nos conditions de vie à s'améliorer. Seuls quelques prophètes de malheur annoncent que nous aurons peut-être des mauvaises surprises dans les décennies à venir. Prophètes de malheur ou observateurs lucides ? Nous le saurons dans dix, vingt ou trente ans. Mais faut-il attendre pour se poser la question ? Sans doute pas, car de nombreux nuages s'amoncellent au-dessus de nos têtes.
Le problème de l'obésité a atteint ces dernières années une ampleur que personne n'avait prévue, au point que quelques scientifiques se risquent, depuis deux ou trois ans, à annoncer qu'il sera à l'origine d'une baisse de l'espérance de vie.
Quant au tabagisme et à l'amiante, c'est dans les prochaines décennies que nous leur paierons le plus lourd tribut. De manière générale, la pollution de plus en plus multiforme dont nous sommes victimes finira par avoir raison des capacités d'adaptation de l'organisme humain, en dépit des progrès de la médecine.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli