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Brefs aperçus de l'éternel féminin

Couverture du livre Brefs aperçus de l'éternel féminin

Auteur : Denis Grozdanovitch

Date de saisie : 13/07/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : R. Laffont, Paris, France

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-221-10161-2

GENCOD : 9782221101612


  • La présentation de l'éditeur

L'une des choses qui m'a le plus frappé lors de ma visite au musée du Prado à Madrid, il y a bien des années, est la toile de Goya représentant un groupe de jeunes filles dans un parc en train de lancer et de rattraper dans un grand drap qu'elles tiennent toutes ensemble, riant aux éclats, un pantin désarticulé vêtu à la manière des gandins élégants de l'époque. Or son visage, qu'on aperçoit par-dessus son épaule, au plus haut de la pirouette, et qui affiche un sourire dont l'expression se partage entre la satisfaction conquérante et le ravissement un peu niais, laisse aussi pointer une lueur d'inquiétude. Cette image, qui évoque manifestement l'éternel rapport de force entre les sexes, me semble soulever en même temps, avec une ironie mordante, la question de savoir qui, au bout du compte, de l'éphémère vanité masculine à l'éternel féminin, mène le jeu. D. G.



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  • La revue de presse Michèle Gazier - Télérama du 31 mai 2006

Dès son premier livre, Petit Traité de désinvolture, paru en 2002, Denis Grozdanovitch s'est acquis un lectorat fervent et complice. Il faut dire que ce styliste accompli évoluant à la marge du roman a suivi une trajectoire assez atypique... Lecteur impénitent, il a d'abord rempli une foule de carnets où voisinent pensées, citations, lectures... avant d'entrouvrir un jour le couvercle de sa boîte de Pandore. Trois livres en ont jailli, dont ces Brefs Aperçus sur l'éternel féminin, remarquables de légèreté feinte, d'humour, de profondeur. Grozdanovitch s'attaque ici à l'un des thèmes récurrents de la littérature écrite par des hommes, l'amour des femmes, la relation que le masculin singulier entretient avec le féminin pluriel.

Pas de grands principes ni de provocation donjuanesque dans ces pages promenade à travers la vie, juste quelques images, quelques conversations pour reparcourir les ans, ressusciter les visages et les corps, réveiller les douleurs et les douceurs... Grozdanovitch se livre à un hommage du féminin d'une éblouissante finesse et d'une émotion vraie ; avec juste ce qu'il faut d'acidité pour ne jamais verser dans la mièvrerie...


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 13 avril 2006

... Ce lanceur de balles n'a jamais cessé de prendre les belles au bond. Il les a consignées tout au long de sa vie dans ses carnets (le carnet est à Denis Grozdanovitch ce que le journalier est à Jouhandeau, ce que sont les miscellanées à Ben Schott, un genre littéraire en soi). On y mesure sa faculté à séduire mais parfois aussi, face aux mystères de «l'éternel féminin», sa difficulté à maîtriser la partie.
Une jolie et botticellienne Soizic, qu'il avait draguée devant le grand aquarium du Trocadéro, veut l'attirer dans la mer bretonne déchaînée où elle plonge nue, mais Denis rechigne, il ne veut pas mourir pour une sirène. En revanche, le plus nietzschéen des tennismen cède volontiers aux propositions de Perla, qui l'invite dans sa famille juive polonaise et l'entraîne dans de multiples jeux érotiques tandis que, derrière la cloison, on parle yiddish et discute philosophie. A Helsinki, au cours d'un dîner, il tombe amoureux de Gertrud, incarnation de la grâce scandinave, jusqu'au moment où elle se lève de table et s'appuie sur sa jambe articulée. Quant à la belle Sénégalaise Naomi, étudiante le jour, prostituée la nuit, le corps aussi ferme qu'une statue de Maillol, elle désarçonne notre coureur de fond et de jupons, ce jour-là trop vaniteux... Ayant hérité de Jean Prévost, autre âme sensible dans un corps d'athlète, notre épicurien français prouve ici que les belles sont comme les balles : bondissantes, capricieuses, épuisantes et filantes.


  • La revue de presse Astrid de Larminat - Le Figaro du 13 avril 2006

Les Simone de Beauvoir, Elisabeth Badinder et autres militantes de la similitude des sexes peuvent remballer leur artillerie rhétorique. Dans Brefs aperçus sur l'éternel féminin, en quelques coups de crayon aussi nonchalants que pénétrants, Denis Grozdanovitch a raison de leurs démonstrations... Cet oisif professionnel n'est pas un stakhanoviste de l'hédonisme mais un épicurien contemplatif. Il ne traque pas l'esprit féminin mais le laisse venir à lui. Il ne cherche pas à le faire entrer dans une définition, il collectionne les rencontres et de ce bouquet de femmes se dégage une fragrance insaisissable, une espèce de naturel fantasque.

Il se souvient de ses premiers émois, épiant la sacristine lorsqu'elle levait les bras pour épousseter les statues de saints et que sa robe dévoilait la naissance des cuisses. Il évoque le temps où il éprouvait sa stratégie d'apprenti séducteur sur d'impudentes étudiantes en ethnologie à l'accent russe. Puis vint l'âge de la paternité et il apprit à goûter le génie des fillettes «elfiques». De tout temps, il aima les vieilles dames excentriques.

«Dans l'éternel rapport de force entre les sexes (...) la question est de savoir qui, au bout du compte, mène le jeu», écrit-il en préambule. Chacune des saynètes campe une variante de cette joute entre masculin et féminin où s'affrontent raison et intuition, stratégie et séduction...

Le flegme de l'auteur lui permet de savourer la qualité de chaque situation, aussi incongrue et déstabilisante soit-elle. Il la restitue dans un style à la fois méticuleux et badin, teinté de mélancolie et relevé par un humour délicat...


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