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Chaminadour : contes, nouvelles et récits

Couverture du livre Chaminadour : contes, nouvelles et récits

Auteur : Marcel Jouhandeau | Préface de Richard Millet

Date de saisie : 15/04/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Quarto

Prix : 29.00 € / 190.23 F

ISBN : 978-2-07-077716-7

GENCOD : 9782070777167


  • La présentation de l'éditeur

"Chaminadour, c'est la vie spectrale et irradiée, il y a cent ans, d'une grise petite ville peuplée d'artisans, de fonctionnaires et de ruraux. Chaminadour est un "arbre de visages". Un bouquet d'âmes pures, un roncier d'âmes damnées, un foisonnement de faits et gestes cocasses ou tragiques, éclatants, infâmes, arrachés au secret. "J'ai besoin des passions, des mains jaunes, des coeurs rouges de Chaminadour", disait magnifiquement René Crevel. Nous en avons plus que jamais besoin, nous qui, en une époque morose, déprimée, désenchantée, demandons à la littérature non pas de nous divertir mais de nous délivrer des pesanteurs sociales, de nous rendre la mémoire des siècles, de nous donner la pleine mesure de l'homme sans le discours humaniste, affadi ou psychologisant, et de nous émerveiller dans le pire. " Richard Millet, " Une figure de l'enfer", préface. Tous mes recueils de Contes, même ceux qui n'en portent pas le nom, nous découvrent Chaminadour, en y comprenant Les Térébinthe, Tite-leLong, Le Saladier, jusqu'à L'Arbre de visages. Presque tous, quelques-uns plus particulièrement, composent une suite à La Jeunesse de Théophile. " Marcel Jouhandeau, Essai surmoi-même, 1941.



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  • La revue de presse Pierre Marcabru - Le Figaro du 27 avril 2006

Tous les récits, contes et nouvelles de l'écrivain sont enracinés dans la ville d'enfance qu'il a immortalisée sous le nom de Chaminadour...

Dieu est au coeur de Chaminadour, comme il est au coeur de la bonne centaine de livres où sans cesse il tourne autour de soi comme la Terre tourne autour du Soleil. Le vertige de l'écriture et la passion de se raconter ont, peut-être, par l'excès même de la complaisance, écrasé Jouhandeau sous son oeuvre. Chaminadour, carnet de notes, suite de portraits plus ou moins rêvés, anecdotiques et insolites, par sa fragmentation même fait de la lecture une exploration, une aventure de chaque page...

La province endormie n'est que mystères, crimes, passions, désordres et amours. Jouhandeau en fait un enchantement, tour à tour lumineux et ténébreux, car c'est un précieux, son écriture est faite de miroirs et de chaînes qui scintillent à la lumière des cierges. Il travaille ses phrases comme un orfèvre de sacristie. Il aime les ténèbres et l'encens, l'odeur de l'eau morte, la froideur humide des églises, et les vieilles filles dans leur obscur abandon, leur méchanceté de fée Carabosse et leurs émois d'enfant perdu. Il se plaît dans de démoniaques sortilèges. Et se prend lui-même pour un diable.


  • La revue de presse Pierre-Robert Leclercq - Le Monde du 14 avril 2006

... Coeur de l'oeuvre et lieu où, comme Binche, Jouhandeau promena "çà et là son troupeau de rêves", Chaminadour, en transfigurant un chef-lieu de département, est devenu un monument littéraire fait de contes, de légendes, de nouvelles, d'aphorismes, un ensemble qui n'a d'hétéroclite que l'apparence. On ne peut qu'admirer l'unité qui ressort de tant de sujets disparates marqués du même sceau.

L'apparition de Chaminadour dans la littérature avec La Jeunesse de Théophile, laisserait à penser que Jouhandeau, né en 1888, a commencé son immense fresque vers l'âge de 30 ans, mais il en a tout juste 18 et prépare son baccalauréat au lycée de Guéret, quand il commence à accumuler des notes sur les habitants de sa ville. Ils n'en seront pas toujours flattés, ce qui lui fera dire, avec sa malignité plus amusée que perfide : "Si mes personnages ressemblent tellement à leurs modèles que ces derniers s'en fâchent (...) le reproche qu'on me fait ne s'adresserait qu'à Dieu." Reste que s'il est délicat paysagiste pour décrire la campagne creusoise avec douceur et tendresse dans le vocabulaire, le portraitiste peint le plus souvent au couteau et, malgré les noms qu'il leur invente, les modèles, bien que devenus personnages comme d'un roman, n'ont guère de mal à se reconnaître.

Au-delà des années et des acrimonies, les voici réunis en un volume, invitation à un voyage exceptionnel dans l'espace et le temps. Une oeuvre de cette ampleur ne peut susciter l'émerveillement à chaque paragraphe, mais le talent y est en permanence avec, le plus souvent, des pépites de génie, tant dans l'art de l'observation que dans la maîtrise d'une écriture qui garde sa force et son charme.


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