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Quintette au bord de l'Oise

Couverture du livre Quintette au bord de l'Oise

Auteur : Bertrand Tavernier | Photographies Olivier Verley

Date de saisie : 13/04/2006

Genre : Musique, Chansons

Editeur : Valhermeil, Saint-Ouen-l'Aumône, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-913328-80-8

GENCOD : 9782913328808


  • La présentation de l'éditeur

De Godard -Week-end- et Truffaut -La Sirène du Mississipi - à Tavernier - Que la fête commence - et Leconte - Ridicule-, Antoine Duhamel a composé plus de soixante-dix musiques de films. L'une des plus récentes a obtenu l'Ours d'argent à Berlin en 2002 pour le film Laissez-Passer de Bertrand Tavernier.

Les textes empreints d'une grande amitié de Bertrand Tavernier, les photographies d'Olivier Verley, accompagnent le CD du Quintette au bord de l'Oise, une oeuvre d'Antoine Duhamel créée en 2005 au Festival de musique de chambre de Mériel, lors des Concerts d'hiver. Or ce quintette utilise la matière d'un projet de sonate commencée en 1958. Ainsi la fougue et l'enthousiasme du jeune compositeur d'alors viennent-ils se lier aux expériences vécues depuis par Antoine Duhamel comme pédagogue, musicologue, musicien de films ou d'opéras, dans une oeuvre qui symbolise à elle seule cinquante ans d'une carrière exceptionnelle.





  • Les premières lignes

A mon ami Bertrand Tavernier.

L'histoire de cette oeuvre née comme moi au bord de l'Oise mérite, cher Bertrand, quelques explications. Bien qu'elle ait été écrite en 2004 et jouée pour la première fois en janvier 2005, dans ce beau festival voulu par cette ville et son maire, mon ami Michel Rigollet, que Mériel mène depuis quelques années avec mes grands amis Françoise Perrin et Pierre Feyler, elle a tout un passé que je vais te raconter.

En 1956, je travaillais aux Discophiles Français et j'eus l'immense plaisir de vivre auprès d'Yves Nat, de Lily Kraus, de Marcelle Meyer, pour ne citer que ces trois merveilleux artistes. Ils jouaient sous mon regard, et avec mes soins, créaient en disques d'immenses intégrales, sonates de Mozart, de Beethoven, oeuvres de Rameau, de Chabrier.

Le jeune compositeur d'avant-garde que je voulais être se trouvait ainsi plongé face aux immenses oeuvres de ces grands classiques. Il allait en être marqué pour la vie, et s'écarter des tâtonnements de sa jeunesse, pour ambitionner de rejoindre les grands exemples de ces maîtres.

C'est ce qu'allait représenter plus qu'aucune autre une certaine 2e Sonate pour Violon et Piano, quatre mouvements de grandes dimensions, que je composai ces années-là, entre Paris et Valmondois, en autobus ou en train. Cette sonate resta cependant un manuscrit inédit, que personne n'eut l'envie ou l'occasion de jouer.

J'y retravaillais bien plus tard, durant certaines vacances passées à Butry avec ma femme Elisabeth, après des années consacrées à d'autres travaux, films, opéras. Je reprenais mes notes éparses et recopiais soigneusement cette oeuvre, car elle demeurait pour moi une tentative à laquelle je restais attaché. Plus tard, j'en fis une lecture avec Françoise Perrin et Thierry Ravassard. Nous allions buter sur certains problèmes, d'écriture instrumentale, de proportion, en bref nous continuâmes tacitement de l'oublier.

En 2004, Pierre et Françoise vinrent me proposer de créer à Mériel, début 2005, une oeuvre de vaste dimension, écrite pour la même formation que le Quintette de la Truite de Schubert, c'est-à-dire pour violon, alto, violoncelle, contrebasse et piano, formation très rarement usitée dans la musique.

L'oeuvre pourrait être créée dans le festival de Mériel 2005. J'adore Schubert, avec lequel je me sens beaucoup d'affinités, j'adore écrire pour contrebasse, et j'adore mes amis.

Mais quelle oeuvre écrire dans un délai relativement court ? Très vite j'allais penser à reprendre ma Sonate oubliée. Pourquoi ce choix ? Cette oeuvre malchanceuse était, comme d'autres de mes compositions de jeunesse, l'une de celles à laquelle je tenais. Je ne l'avais jamais perdue de vue. L'envie me prit de la reprendre de fond en comble, pour l'adapter à cette formation plus fournie, plus généreuse.

Résoudre certains problèmes instrumentaux. Disposer d'une palette sonore riche en ressources.

Et en même temps tendre la main à ce jeune compositeur, revisiter ce qu'il avait voulu faire et lui faire échos tant d'années après, s'expliquer avec les ambitions un peu folles du novice, lui donner quelques conseils et sortir de certaines ornières. Autant de projets qui allaient m'entraîner durant des mois de passion à repenser ce qui avait été conçu, et mal résolu quarante ans plus tôt.

T'ajouterai-je en conclusion, mon cher Bertrand, avec quel bonheur se passèrent les journées de répétitions, avec Françoise Perrin au violon et Pierre Feyler à la contrebasse, auxquelles allaient s'adjoindre Christophe Gaugué, à l'alto, Véronique Marin, au violoncelle, et l'étonnante Maria Belooussova devant une partie de piano des plus périlleuses. Le tout sous le regard vigilant d'Olivier Verley, qui allait suivre jour après jour ce magnifique travail et en sortir de bien belles images photographiques.

Sans oublier mon vieil ami Igor, tant de fois appelé par moi à enregistrer mes oeuvres, comme il le fit lors de ton film Laissez-Passer. Il applique aujourd'hui ces techniques et cette «morale» du son que nous avons l'un et l'autre appris dans l'enseignement d'André Charlin, que j'évoque ici.

N'avait-il pas été présent lors de ces anciennes années qui virent un jeune homme s'évertuer, en composant, à retrouver les voies des maîtres de jadis, comme tu le fais toi-même, avec tes films.

Ton ami, Antoine Duhamel.


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