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Vivre l'islam : le soufisme aujourd'hui

Couverture du livre Vivre l'islam : le soufisme aujourd'hui

Auteur : Khaled Bentounès

Date de saisie : 13/04/2006

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Espaces libres, n° 164

Prix : 9.00 € / 59.04 F

ISBN : 978-2-226-15709-6

GENCOD : 9782226157096


  • La présentation de l'éditeur

Contrairement aux idées mensongères trop répandues, il existe dans l'islam une dimension de paix, de fraternité et d'humanisme, une dimension spirituelle universelle au coeur du message coranique. Le Cheikh Khaled Bentounès puise au plus profond de la tradition prophétique pour évoquer les relations entre Islam et Occident, la place de la femme dans l'islam, les causes de l'intégrisme, l'héritage religieux de l'Algérie, mais aussi le rôle spirituel de l'homme, le sens de la prière et du jeûne...

D'une parole sincère et libre, le Cheikh Bentounès montre comment le soufisme, l'aspect mystique de l'islam, unit l'ésotérique et l'exotérique au fondement de l'expérience humaine. C'est ainsi que le prophète Mohammed, qui avait toujours une face tournée vers Dieu et une autre vers les hommes, est un modèle d'humanité.


Ce livre s'adresse à tous ceux qui sentent l'urgence de comprendre l'Islam et sa spiritualité, non seulement pour dissiper les malentendus, mais encore pour retrouver le lien originel entre l'homme et Dieu.

Le Cheikh Bentounès est le dernier chef de transmission d'une tariqah (confrérie) soufie célèbre en Algérie : celle de Mostaganem. Vice-président des scouts musulmans de France, il a notamment publié en 1998 chez Albin Michel L'Homme intérieur à la lumière du Coran.



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  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos de Henri Tincq :

L'odeur est entêtante. Une forte odeur d'encens, mêlée à celle des gâteaux de miel, des thés à la menthe, des plateaux de dattes et des cruches de lait qui circulent dans les rangs. Entêtantes, aussi, les mélopées et les prières, comme ce dhikr qui invoque sans fin le nom de Dieu et qui, depuis plus d'un millénaire, relie le fidèle soufi à la chaîne de ses maîtres mystiques. Cent fois, l'assistance répète la même shahâda (Dieu est Dieu, Mahomet est son Prophète), cent fois la même prière de repentir, cent fois la même sourate de l'Événement, cent fois la même louange : «Je rends grâce à Dieu de m'avoir mis sur la voie...» A chaque centaine, le moqadem lève le chapelet, qui permet la sainte numérotation et fait un signe pour changer de verset. Parfois il imbibe d'une eau légère ses lèvres fatiguées.

Face à lui, des dizaines de fugarâ, dans leur tunique blanche - l'abaya algérienne -, sont figés en prières, les enfants aux premiers rangs, les plus vieux collés au mur, les femmes cachées derrière leur moucharabieh. Regards extatiques, mains nouées qui se croisent devant le visage ou sur la poitrine, corps qui se prosternent, s'agenouillent et s'inclinent, comme dans un ballet mécanique. Les fugard sont littéralement «des pauvres en Dieu». «Si vous reconnaissez votre pauvreté, Dieu vous comblera de Sa Grâce», disait le Prophète. Guidés par un chantre, ils reprennent leur litanie : «Dieu agrée-moi [...]. Dieu protège-moi contre moi-même [...]. Quiconque aime Dieu mais n'aime pas son Prophète, comment pourrait-il Le connaître ?» Puis le moqadem donne le signal du dernier chant, referme le grand livre du Coran aux enluminures dorées. Le djama - assemblée de prières et de chants mystiques - est terminé. On se lève et on s'embrasse, avant de quitter la mosquée. Chaque vendredi, à la zawiya de Mostaganem - dans l'Ouest algérien -, le cérémonial est le même. La zawiya est le sanctuaire de toute confrérie soufre. Le mot signifie «refuge», lieu de prière et de méditation ouvert à qui veut trouver un couvert ou un peu de silence, faire la paix avec lui-même ou régler un différend. Zawiya désigne aussi l'«angle» où se croisent les domaines du spirituel et du temporel, consubstantiels dans l'islam. Hérissée par le minaret de couleurs sable et bleue, la zawiya de Mostaganem, au coeur de Tidjdit, le quartier populaire de la ville, voit naître, en novembre 1949, Khaled Bentounès, aîné d'une famille de quatorze enfants. Il est aujourd'hui le quarante-quatrième maître spirituel - le Cheikh - de l'une des principales confréries soufres à travers le monde musulman. Elle compte des dizaines de milliers de disciples, en Algérie, au Maroc, au Proche-Orient, en France, etc.


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