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Meurtre à Isla Negra

Couverture du livre Meurtre à Isla Negra

Auteur : Estelle Monbrun

Date de saisie : 13/04/2006

Genre : Policiers

Editeur : V. Hamy, Paris, France

Collection : Chemins nocturnes

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-87858-227-7

GENCOD : 9782878582277


  • La présentation de l'éditeur

Un matin à Isla Negra, Maria Loncomilla, la femme de chambre de la villa Pablo Neruda «nichée au milieu d'un jardin luxuriant qu'embaumaient pins et eucalyptus, bâtie en P sur un promontoire surplombant la maison du poète le plus célèbre du Chili», est obligée d'affronter sa directrice, Enriqueta Piedrecillas, pour lui annoncer la disparition de Celia Martin, une des hôtes de la Villa... Ce n'est que le début des ennuis pour Mme Piedrecillas, puisque très rapidement cette disparition se révèle être un meurtre.

A Paris, dans le même temps, Gisèle Dambert, la compagne de l'ex-commissaire Foucheroux, reçoit un mystérieux message d'outre-Atlantique l'invitant à ne pas prendre le métro le 24 février suivant...

Les deux événements vont mettre en état d'urgence les services du CAAT - Centre d'actions antiterroristes -, à la tête duquel Jean-Pierre Foucheroux vient d'être secrètement nommé par le nouveau gouvernement.

Meurtre à Isla Negra est le quatrième roman d'Estelle Monbrun - nom de plume d'une universitaire spécialiste de Marcel Proust - tous publiés aux Éditions Viviane Hamy.





  • Les premières lignes

Nuit du 24 au 25 février.

Avec une seule mort, plusieurs vies basculent, irrémédiablement, songeait la commissaire Djemani dans l'avion qui la ramenait nuitamment de Santiago vers Paris, à la fin d'un mois de février qu'elle n'oublierait pas de sitôt. Deux semaines auparavant, la disparition brutale d'une résidente de la villa Pablo Neruda avait déclenché des bouleversements en cascade sur deux continents, dans un bref enchevêtrement de vies, et l'avait forcée à accepter la mission dont elle rendrait compte à Jean-Pierre Foucheroux, directeur du Centre d'actions anti-terroristes, dès son arrivée à Roissy. Le monde de chacun ne serait plus jamais tout à fait le même. Séparés par des milliers de kilomètres de terre et d'eau, deux langues, et des siècles d'histoire, le petit village français de Montolieu et la lointaine communauté d'Isla Negra, sur la côte chilienne, avaient dû faire face ensemble à leur passé. A cause d'un invraisemblable concours de circonstances, elle avait été choisie pour châtier leurs démons.

L'hôtesse de l'air interrompit le train de ses pensées en lui demandant avec un sourire de bien vouloir baisser l'intensité de sa lampe. Les autres voyageurs pourraient ainsi regarder le filin projeté dans des conditions de réception «optima», expliqua-t-elle. Leila Djemani soupira. Elle n'avait nul besoin d'être exposée à plus de violence sur pellicule. Elle obtempéra et reprit sa lecture de Clara Malraux, une femme dans le siècle. A côté d'elle, menotté, les yeux clos, son prisonnier ne bougea pas.

Ayant tourné le dos à la masse dentelée de la cordillère des Andes, l'appareil amorça une descente en douceur vers les lumières clignotantes de Buenos Aires. En trois langues, le pilote rappela aux passagers qu'ils devaient garder leurs ceintures attachées.

3 février, Isla Negra.

Après avoir rincé à grande eau les dalles de la terrasse, Maria Loncomilla repoussa énergiquement les cheveux noirs qui s'échappaient de sous son bandeau, leva les yeux vers un ciel d'un bleu aussi céruléen que celui de la mer qui se déchaînait au-dessous d'elle, et estima, à la position du soleil, qu'il devait être environ dix heures. Deux heures auparavant, elle avait cru entendre, à sa gauche, le cri fantôme du chucao et se sentait toute retournée. Chez les siens, c'était un mauvais présage, un signe de mort prochaine.


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