Auteur : Dirigé par Paule Constant | Sylvie Giono
Date de saisie : 11/04/2006
Genre : Littérature Etudes et théories
Editeur : Transbordeurs, Marseille, France
Collection : Colloque
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-84957-047-0
GENCOD : 9782849570470
De Charles Perrault à Jean Cocteau en passant par Jean Giono et Jules Verne, les enchanteurs de la littérature donnent encore et toujours à rêver. Dans notre époque troublée le recours au rêve devient une nécessité esthétique comme le retour en grâce des héros de l'enfance. Le Chat botté rejoint Nuls Holgersson et le Petit chaperon rouge pour réinventer chaque nuit les délices et les angoisses d'un temps trop vite révolu. La lecture de leurs aventures épiques et poétiques vient à point nommé pour infléchir de la plus douce et la plus romantique des manières notre quotidien. C'est ce que s'attachent à démontrer avec passion les grands écrivains - grands enfants - réunis par Paule Constant et Sylvie Giono.
François Angelier, René de Ceccatty, Michel Déon, Pierre Dubois, Pierrette Fleutiaux, Anne-Marie Garat, Michèle Gazier, Claudine Glot, Michel Host, Christine Jordis, Jacques Jouet, Vénus Khoury-Ghata, Robert Kopp, Gilles Lapouge, Pierre Lepape, Jacques Mény, Pierre Péju, Daniel Pennac, Chantal Robillard, Marie Tanneux, Michel Tournier.
Créé et présidé par Paule Constant, Prix Goncourt 1998, le Centre des Ecrivains du Sud - Jean Giono invite régulièrement à l'Institut d'études françaises pour étudiants étrangers d'Aix-en-Provence de grands écrivains d'aujourd'hui autour des thématiques du Sud.
Oyez bonnes gens, oyez !
Pour le dictionnaire de l'Académie française de 1694, le conte est un récit «de quelque adventure, soit vraye, soit fabuleuse, soit sérieuse, soit plaisante». Pour le Centre des Écrivains du Sud, le merveilleux avait le visage, mais surtout la voix, de tous ceux venus rendre hommage autant à la littérature écrite qu'à la tradition orale populaire. Le public fut enchanté. Normal, il était tout oreilles.
C'est dans la salle même où Albert Camus donna son ultime conférence que la fée Paule Constant ouvrit, d'un coup de baguette magique, le coffre mystérieux duquel s'échappèrent les paroles qui allaient nous transporter loin d'une réalité quotidienne - trop souvent coupée de ce miribilia latin qui continue, au-delà de l'enfance, à nous charmer par ses sortilèges et à nous faire rêver. Aussi, tel l'auditoire des Milles et Une Nuits, des Contes de Canterbury, ou du Décameron, la salle de l'amphithéâtre Zyromski écouta-t-elle avec ferveur toutes les prestations - ravie non seulement de s'en laisser conter, mais surtout de transgresser les limites de l'oppressante logique et de s'affranchir de toute explication rationnelle. Il aura d'ailleurs suffi à Pierre Dubois de nous rappeler que nous étions à l'heure où la primevère entrebâille la porte du printemps et où le coucou s'éveille, pour que les yeux s'écarquillent, les corps s'immobilisent, les têtes se penchent pour entendre - comme si l'assistance avait besoin de VOIR les intervenants pour être TOUT OUÏE. Oyez, bonnes gens, oyez ! Et Anne-Marie Garat de nous remettre en mémoire que Charles Perrault écrivit Les Contes de ma Mère l'Oye (ouïe/oreille) conscient, tout comme le furent bien avant lui Giovan Francisco Straparola ou Giambattista Basile, que l'oral favorise l'accroche et la séduction des auditeurs. Le public une fois tenu sous le charme, les écrivains prirent, chacun à leur tour, la parole et mirent en oeuvre, tout au long de leur intervention (tout autant orale que gestuelle), leur imaginaire, mais aussi le nôtre.
Défila alors devant nos yeux toute une féerie d'images mentales, sur fond d'une musique exécutée par l'intonation de leur voix.
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