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Terre océane : oeuvre poétique

Couverture du livre Terre océane : oeuvre poétique

Auteur : Charles Le Quintrec

Date de saisie : 11/04/2006

Genre : Poésie

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-226-17217-4

GENCOD : 9782226172174


  • La présentation de l'éditeur

«La poésie, s'il me fallait la définir - mais elle échappe à toutes les maximes et formulations -, je dirais que c'est un battement d'étoiles dans une nuit sans limites. C'est aussi un art de vivre. Le poète va au-devant des autres avec ce qu'il a de meilleur en lui, et attend des autres - sublime réciprocité - ce quelque chose d'indicible, ce peu de lumière qui leur vient de l'âme.

On le verra tout au long de ces pages, je me suis servi du verbe Amour pour essayer de donner corps à mon rêve. C'est dire que j 'ai toujours rêvé d'une poésie à l'image et à l'usage de l'homme, d'une poésie qui marquerait les joies et les peines de son existence.»

Charles Le Quintrec.

Grand Prix de poésie de l'Académie française, Prix Max Jacob, Grand Prix de la Société des gens de lettres, Bourse Goncourt de la poésie, Prix Bretagne 2005, Charles Le Quintrec a publié toute son oeuvre poétique aux Éditions Albin Michel.





  • Les premières lignes

Extrait de la préface :

Victor Hugo a toujours expressément défendu qu'on publiât des «morceaux choisis» de son oeuvre. Je ne suis pas Hugo (hélas !) et, mes ouvrages poétiques étant épuisés, j'ai cru devoir réunir mes textes les plus significatifs, afin de les offrir au public avec une humilité toute testamentaire.

«J'ai longtemps fait des vers avant de descendre à la prose.» Ce mot de Chateaubriand me dépeint tout entier. À douze ans, après une lecture sur les joies de la fenaison, je me suis appliqué à rimer les serpentements de notre rivière et la douceur de nos marais.

Ce ne fut qu'un feu de paille, mais un peu de braise demeura sous la cendre. Cependant, lors de la célébration de la première Fête des Mères, je voulus exalter la mienne en usant de ce que je ne savais pas être des octosyllabes. Ne trouvant pas les transitions pour passer d'une strophe à la suivante, j'en marquai les mérites dans une prose qui fut adressée à l'académie de Rennes et me valut maints suffrages. Ainsi, de poète je devins prosateur à la barbe de M. Jourdain.

Des années plus tard, en Normandie, au domaine de la Musse, alors que je soignais un poumon blessé, je retrouvai le goût des vers. Il est vrai que la bibliothèque du sanatorium (dédiée dans mon esprit à sainte Thérèse de Lisieux) m'était source d'inspiration. Je devais cela, du moins en partie, à M. Roger Martin du Gard qui avait prélevé quelque argent de son prix Nobel pour doter les sanatoria d'ouvrages humanistes et littéraires.

Ce fut là - dans ce qui avait été le domaine de M. Louis Martin, père de la sainte -, pendant les interminables «cures de silence», que je lus et relus Villon, Verlaine (les morceaux choisis, préfacés par François Coppée), Lamartine, Hugo, Nerval, Musset, Vigny, Baudelaire, Heredia, Leconte de Lisle.

Je n'allais plus me détacher de ces gens-là. Non seulement ils me chantaient et m'enchantaient, mais encore ils m'apprenaient à guérir.

Les voulant imiter, je me mis à écrire avec gravité. Je recherchais l'image jusqu'à la métaphore, aussi la musique que les mots font entre eux quand il arrive qu'on les convoque avec amour pour des noces. Avant tout, j'entendais apprivoiser quelque chose de la sainte émotion. (...)

Plus qu'un art de faire des vers, la poésie est un art de vivre. Le poète va au-devant des autres avec ce qu'il a de meilleur en lui, et attend des autres - sublime réciprocité - ce quelque chose d'indicible, ce peu de lumière qui leur vient de l'âme.

On le verra tout au long de ces pages, je me suis servi du Verbe Amour pour essayer de donner corps à mon rêve. C'est dire que j'ai toujours rêvé d'une poésie à l'image et à l'usage de l'homme ; d'une poésie qui marquerait les joies et les peines de son existence ; poésie plus offerte ou plus secrète, toujours procédant du Verbe que j'ai dit.

Choisir les mots - les merveilleux mots de notre langue - pour leur beauté, leurs sonorités, moins pour leur signification que pour leur signifiance, c'est agir en poète.

J'ai rêvé, j'ai toujours rêvé d'un chant qui pourrait être repris par tout un peuple. Je rêve, j'ai toujours rêvé de ces mots lestés de grâce et de simplicité qui furent ceux des hommes quand pour être heureux sur terre et dans le ciel, ils n'avaient besoin que d'un peu de pain, de lait, de miel et de lumière.

Kerhuiten, le 03/10/03


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