Passion du livre - tout sur le livre : Jacob Shalabin : roman turc

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Jacob Shalabin : roman turc

Couverture du livre Jacob Shalabin : roman turc

Auteur : Postface de Michel Balivet | Préface de Anton M. Espadaler

Date de saisie : 11/04/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Anacharsis, Toulouse, France

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-914777-26-1

GENCOD : 9782914777261


  • La présentation de l'éditeur

Jacob Shalabin.

Le grand vizir avait préparé un couteau au tranchant bien acéré, coupant comme un rasoir, et il attendait l'heure à laquelle les jeunes gens seraient assoupis. Lorsqu'il pensa que c'était le moment, les manches retroussées haut et le couteau à la main, il poussa la porte, qui n'était jamais verrouillée dans la journée.

Bref roman écrit au XIVe siècle par un auteur anonyme catalan, Jacob Shalabin est une oeuvre déroutante. Les héros de ce récit entièrement situé dans le monde turc sont des personnages historiques de l'Empire ottoman projetés dans un conte populaire mêlant le folklore occidental et les Mille et Une Nuits à la cruelle réalité de l'époque.

Mais c'est aussi un authentique et savoureux roman d'aventures, une mascarade avec chevauchées et intrigues amoureuses tragicomiques, un divertissement que l'on pourrait à bon droit qualifier de premier roman orientaliste.

Jean-Marie Barberà a notamment traduit aux éditions Anacharsis Tirant le Blanc, de Joanot Martorell (2003).

Anton M. Espadaler est professeur de littérature médiévale à l'université de Barcelone. Il est l'auteur de nombreux essais, dont une Histoire de la littérature catalane.

Michel Balivet est historien. Il est l'auteur aux éditions Anacharsis de La Peur du Turc, postface à l'ouvrage de Georges de Hongrie, Des Turcs, Traités sur les moeurs, les coutumes et la perfidie des Turcs (2003).



logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com



  • Les premières lignes

Extrait de la préface de Anton M. Espadaler :

Les espaces de la Méditerranée orientale sont une référence plausible dans la littérature catalane depuis l'aventure que la Compagnie catalane - la Grande compagnie de L'expédition d'Orient -, formée par les fameux Almogavres, conduisit à Byzance au début du XIVe siècle, et que narra de façon si vibrante dans sa Chronique de Morée celui qui en fut l'un des principaux responsables, Ramon Muntaner. Cette présence, qui fit temporairement des rois d'Aragon les ducs d'Athènes et de Néopatrie, prit fin à la fin du même siècle, à un moment où les écrivains s'étaient déjà fait l'écho de la croissante pression turque sur Constantinople, comme dans le poème La Vesié (La vision), que Bernat de So (Usson, dans l'Ariège), seigneur de Millars (Millas en français), composa vers 1381-1382. Cet écho résonne aussi dans l'oeuvre de caractère sentimental connue sous le nom de Histèria de Frondino e Brisona (Histoire de Frondino et de Brisona), qui trouve son modèle dans Le livre du Voir Dit de Guillaume de Machaut, l'un des grands triomphateurs dans les goûts poétiques et musicaux de la cour catalane. Dans cette histoire écrite un peu plus tard, la guerre contre le Turc est à l'origine de la séparation des protagonistes. Les deux grands romans de la moitié du XVe siècle, reflets fidèles d'une réalité très proche du temps où ils furent composés, que sont d'une part l'anonyme Curial e Güelfa (Curial et Guelfe) - offrant d'intéressants points de contact avec le Jehan de Saintré d'Antoine de la Sale -, et de l'autre Tirant le Blanc, du chevalier valencien Joanot Martorell, rédigés tous deux au cours des années 60 du même siècle, font du péril turc et de l'angoissante fragilité de Constantinople l'axe le plus puissant du récit.

Jacob Shalabin, antérieur d'une cinquantaine d'années à Curial et à Tirant, nous situe dans une période cruciale au cours de laquelle le pouvoir turc resserre son étreinte autour d'une Constantinople déjà très affaiblie, et détermine du même coup le futur des peuples slaves des Balkans après la bataille décisive qui eut lieu dans la plaine de Kosovo Polié - Champ des merles - le 15 juin 1389, sur laquelle s'achève le livre. (...)

Nous n'avons aucune idée de qui fut l'auteur du roman. Son style révèle une formation éloignée du contact des classiques qui imprégnaient en ce temps-là la renaissance littéraire et culturelle de toute la Couronne d'Aragon, sous la houlette de Bernat Metge.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli