Auteur : Hubert Mingarelli
Date de saisie : 08/04/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Seuil, Paris, France
Collection : Cadre rouge
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-02-082703-4
GENCOD : 9782020827034
Dans les histoires de Mingarelli, les hommes vont par deux, parfois trois, rarement plus. Ils marchent d'un pas lent dans des pays lointains qui n'ont pas de nom. Leurs bouches sont silencieuses. Leurs yeux, traversés par on ne sait quel déluge, ont l'innocence des rêves. Parfois, ils scrutent le ciel. Parfois, le bout de leurs chaussures. Ces hommes-là n'ont pas d'âge, même si souvent l'un endosse un rôle de père, ou de grand frère. Ils ont des secrets qui valent ceux des autres. Des souvenirs à foison, des émotions, éphémères et profondes, qu'ils savent donner en partage. Souvent, ils attendent la nuit, s'inventent une paix, l'arrachent au temps, et lâchent alors quelques mots qui sonnent comme de lourds soupirs. Dans les histoires de Mingarelli, on ne badine pas avec l'amour. Les hommes vont vers leur destin, sans arrogance, simplement, avec dignité... avec Océan Pacifique, son premier recueil de nouvelles, Mingarelli nous embarque sur un navire, un de ces rafiots de la Marine où tout jeune il fit face à une étrange vie, celle de marin. Il y a du bruit et des silences, des regards perdus et affolés, des haut-le-coeur et des frayeurs. Deux hommes, presque encore des gamins, livrés à la solitude, s'enseignent «des choses utiles, d'autres invisibles»... Trois petites histoires qui ne s'en vont pas. Elles marchent avec nous. Elles ont la grâce de la modestie, la beauté d'une rivière verte et silencieuse, celle qui sinue sans se lasser dans d'autres livres d'Hubert Mingarelli.
En 2000, un romancier discret faisait entendre une voix singulière. C'était «la Dernière Neige», magnifique récit sur les rapports, empreints de silence, entre un jeune homme et son père gagné par la maladie. Suivirent «la Beauté des loutres», «Quatre Soldats» - couronné par le prix Médicis en 2003 - et enfin «Hommes sans mère». A chaque fois, c'était le charme dégrisant, sans apprêt, d'une écriture dépouillée à l'extrême. Et allant de pair, le souci de s'en tenir, loin des artifices du lyrisme, à la vérité ténue des choses et des émotions.
Les trois longues nouvelles d'«Océan Pacifique» ne dérogent pas à la règle. Puisant dans les souvenirs d'une époque où, trois ans durant, il était un jeune engagé dans la marine, Hubert Mingarelli dépeint le désoeuvrement de ces jeunes gens qui, plus tout à fait enfants mais pas encore adultes, se trouvent brusquement déportés à des milliers de lieues de leur terre d'origine...
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