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Rade terminus

Couverture du livre Rade terminus

Auteur : Nicolas Fargues

Date de saisie : 27/08/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : POL, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-84682-028-8

GENCOD : 9782846820288


  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération

Diego Suarez, Antsiranana en malgache, est une ancienne jolie ville pourrissant au nord de Madagascar. On y trouverait de la misère, des filles faciles, des touristes avides de sexe, des humanitaires fourvoyés avec maux de ventre et de conscience, des fonctionnaires locaux complexés et arrogants, des épaves occidentales bercées par des «plans» plus ou moins lucratifs, échouées là avec leurs jeans et leurs queues de cheval. Le troisième roman de Nicolas Fargues noue ses intrigues autour de ce constat... Comme d'autres jeunes romanciers français, Fargues met en scène la nouvelle classe moyenne occidentale, celle des 20-40 ans : ses rêves débiles, son affectivité programmée. On traverse le livre sans déplaisir et sans passion, comme un souterrain blanc avec des grimaces peintes sur les murs.


  • La revue de presse Aude Lancelin - Le Nouvel Observateur

«Les Blancs viennent toujours ici pour de mauvaises raisons», lit-on dans les dernières pages de «Rade Terminus». On ignore quelles furent celles de Nicolas Fargues, 32 ans, expatrié à Madagascar depuis deux ans pour y diriger l'Alliance française de Diégo-Suarez. De cette expérience malgache, il tire en tout cas l'un des romans les plus attendus de cette rentrée. Avec «One man show», c'est la haine de soi du petit écrivain blanc, bourgeois et protégé qu'il avait disséquée. Ici, il explore celle de l'Occidental délocalisé dans un pays de misère et de putes. C'est au fond la même... On retrouvera là tout le spectre décadent des Occidentaux en goguette sur une île tropicale. Le chef de mission blasé d'une ONG humanitaire, censé rédiger un rapport bidon pour une assoce nommée Ecoute et Partage. Le petit con pistonné pour un stage de vacances, dégoûté qu'on l'ait envoyé «pourrir au Moyen Age» et ne décollant pas l'oreille de son portable. La télé-marketeuse lilloise, cherchant l'exotisme des «circuits aventure». Le vieux loser venu se taper des minettes malgaches, après s'être fait recaler dans tous les clubs de muscu parisiens... Retors et efficace, comme tous les opus de Nicolas Fargues...


  • La revue de presse Olivier Le Naire - L'Express

Si d'aventure vous rencontrez Nicolas Fargues, un bon conseil : fuyez ! Car cet écrivain a le chic pour recycler, dans ses romans drôles et cruels, tout ce qu'il voit, tout ce qu'il vit. Ainsi, dans One Man Show, qui fit un carton en 2002, retrouvait-on les portraits mordants du petit milieu littéraire ou télévisuel qu'il explorait en quasi-ethnologue. Difficile d'en vouloir à cette gueule d'ange puisque, à travers des antihéros qui lui ressemblent, Fargues pratique aussi l'autodérision et met en scène ses propres états d'âme de trentenaire dubitatif... De Madagascar, où il a pris le large voilà deux ans, Fargues continue d'observer son monde, loin, si loin de Saint-Germain-des-Prés. Rade Terminus, comme s'intitule ce nouveau roman, c'est Diégo-Suarez, un ancien comptoir militaire français devenu le dépotoir des névroses occidentales. Dans ce pays exsangue, le Blanc débarque pour de mauvaises raisons... Toute la force de Fargues est d'arriver à tourner en comédie de moeurs ce cauchemar sous les palmiers. Plus il se force à la lucidité, plus il s'oblige à en rire. Ce qu'on appelle l'élégance de l'écrivain.


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