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Carnet du Front populaire : 1935-1936

Couverture du livre Carnet du Front populaire : 1935-1936

Auteur : André Malraux

Préface : Jean-Yves Tadié

Date de saisie : 18/08/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Gallimard, Paris, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-07-077951-2

GENCOD : 9782070779512


  • La présentation de l'éditeur

Ces carnets totalement inédits ont été tenus par André Malraux des tout premiers jours de la naissance du Front populaire jusqu'à son accession au pouvoir, qui coïncide avec les prémices de la guerre d'Espagne. Ces notes devaient fournir la matière d'un roman sur le Front populaire, projet que Malraux abandonnera pour se consacrer à la rédaction de L'Espoir. À cette époque-là, Malraux est partout : à Moscou où il prend la parole sur la place Rouge, à Paris, dans les meetings électoraux sous les préaux d'école... À travers ses notes, on revit les événements, des plus spectaculaires aux plus ténus, on ressent la vibration de l'instant, la beauté du moment. Qu'il s'agisse de la poésie des mises en scène qui président aux grands rassemblements populaires, de la cocasserie de certains détails, ou de réflexions d'ordre personnel, voire intime, c'est toute une époque, et tout Malraux, qui revivent dans ces pages. L'ouvrage est complété par une lettre inédite de Malraux et par un hommage à Léo Lagrange. Il est illustré d'intéressantes photographies d'époque.



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  • La revue de presse Jean Birnbaum - Le Monde du 26 mai 2006

Un petit cahier broché, recouvert de papier jaune pâle. Entre deux coupures de presse collées à même les pages, on reconnaît le trait majestueux d'André Malraux (1901-1976). L'écrivain y a consigné quelques moments vécus entre le printemps 1935 et l'été 1936, c'est-à-dire jusqu'à la veille de son départ vers le front espagnol. Souvent télégraphiques, mêlant abréviations et initiales, ses notes attrapent le quotidien de la France du Front populaire, alors que "le peuple de Paris vient de se voir lui-même pour la première fois depuis la Commune".

Nulle confession, ici. Il ne s'agit pas, pour Malraux, de poser sur le papier ses propres faits et gestes, encore moins de confier ses états d'âme. Sous sa plume, tout n'est qu'observations, croquis, rencontres. Tant et si bien que ce Carnet du front populaire, "entièrement tourné vers le monde extérieur", peut être lu comme un véritable "antijournal", pour reprendre la formule proposée par Jean-Yves Tadié dans sa préface. Or il n'y aura pas de "plus tard"...


  • La revue de presse Charles Dantzig - Le Figaro du 13 avril 2006

... L'humour de Malraux se trouve dans tout ce qui n'est pas ses romans, où il prenait trop la posture du reporter prodigieux : dans l'extraordinaire inédit que constituent les Carnets du Front populaire, par exemple. Il ne leur manque que huit cents pages pour égaler les Choses vues. Malraux y collectionne des faits, des dires, des détails, comme Hugo, mais aussi comme Voltaire dans le Sottisier ou Montesquieu dans le Spicilège, comme les meilleurs en un mot, qui sont aussi de grands picoreurs littéraires. Comme eux, il a le raisonnement pratique, car le lyrisme pour être intelligent doit se garder d'être dupe : la vision tragique du monde qu'a le théâtre grec ? Les acteurs portaient un masque de deux kilos : le poids joint aux deux trous à la place des yeux créaient une tension et une émotion qui contribuaient à engendrer le pathétique.

Le fond de l'affaire est le style : son analyse du discours de Léon Blum s'adressant au peuple après son élection (acte qui, rappelle Malraux, ne s'était pas vu depuis la Deuxième République : les élus s'empressant généralement de ne plus jamais parler à leurs électeurs) pourrait être enseignée dans les cours de rhétorique, s'il y en avait. Il y observe que «l'applaudissement est bien plus la voix de la foule que celle de son admiration»...


  • La revue de presse Daniel Rondeau - L'Express du 6 avril 2006

Pendant plus d'un an, d'avril 1935 à juillet 1936, André Malraux jette des notes sur un cahier de petit format. Choses vues, propos saisis au fil des conversations, images nées dans le fleuve puissant des événements, réflexions notées dans leur fraîcheur primitive. L'ensemble forme un antijournal, comme le souligne Jean-Yves Tadié, qui rappelle avec raison que l'auteur de La Condition humaine a toujours suivi le conseil de Gide : «Intéresse-toi à tout le reste plus qu'à toi.» Chez Malraux, pas d'intimité visible. Rien de privé n'est étalé, il n'y a pas d'André. Ce Carnet du Front populaire, par sa modestie et sa rugosité, appartient au domaine des curiosités. Pourtant, la qualité de l'auteur et les tensions de l'époque le font échapper à la banalité d'un recueil de documents de travail...

Chaque page du Carnet exhale le parfum d'une époque qui croit encore au bonheur... Quelques personnages, épinglés sur la page d'un trait rapide, détonnent dans cette époque marquée du sceau de la faucille et du marteau. Souvent inattendus, presque incongrus sous la plume de Malraux, ils semblent échappés d'une scène du théâtre bourgeois pour nous rappeler que l'auteur de L'Espoir fut d'abord celui du Royaume farfelu.


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