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Avant le matin

Couverture du livre Avant le matin

Auteur : Jacques Chessex

Date de saisie : 07/04/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-246-70481-2

GENCOD : 9782246704812


  • La présentation de l'éditeur

Poète, essayiste, romancier, peintre, Jacques Chessex est l'auteur d'une oeuvre importante où l'on retient, entre autres, les romans suivants : L'Ogre (1973, Prix Goncourt, publié dans Les Cahiers Rouges), La Trinité (1992), Monsieur (2001), L'Economie du ciel (2003), L'Eternel sentit une odeur agréable (2004). La transgression est au coeur de l'oeuvre de Jacques Chessex. Mais peut-il y avoir un plus grand péché qu'aimer d'amour charnel une sainte ? Le narrateur, «médiocre professeur chassé de l'enseignement, archiviste congédié puis journaliste sans travail», croise le chemin d'Aloysia Pia Canisia Piller, dite Canisia, un jour de 1980 à Fribourg. Il la suit dans la cité médiévale et catholique où il surprend les secrètes amours de l'abbesse Canisia avec les rebuts de l'humanité. Pour élever les hommes vers Dieu, tel le baiser aux lépreux, elle s'abaisse, se donne, et plus elle est souillée, mieux elle est sanctifiée. Il en devient le confident, peut-être l'amant, et contemple en égaré le double visage illuminé de la déchéance et de l'élévation : «Les saints ne savent pas qu'ils sont saints et ils marchent vers leur apothéose». Après la mort de l'abbesse, le narrateur se réfugie au creux d'un vallon, comme un janséniste à Port-Royal, dans une maison où deux femmes veillent jalousement sur lui : Lydie, «la petite fouine du diable», et l'intendante Madame Grivet. Hanté par le souvenir de la Sainte, fiévreux de coupables étreintes avec la sensuelle Lydie, certain d'un secret qui pèse sur ce lieu, il en vient à se persuader qu'il faut immoler les femmes pécheresses par le feu. En cherchant Dieu, on trouve le diable. «C'est la chance de la folie d'errer entre sépulcre et ciel» résume l'auteur. Prose en couronne d'épines qui nous griffe, magnifique dans l'évocation d'une femme à genoux transfigurée par le don de soi, ce roman flamboyant, tout à la fois d'un christianisme pacifié et exaspéré, confirme que Jacque Chessex est l'un de nos plus grands écrivains.



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  • La revue de presse Jean-Louis Ezine - Le Nouvel Observateur du 13 avril 2006

Depuis quelques années, l'écrivain Jacques Chessex, longtemps fêté comme auteur de «l'Ogre», l'un des plus marquants prix Goncourt de l'histoire (1973), a fait voeu de se «désencombrer», comme il dit joliment. Un verbe plutôt rare, à son image, et tombé en désuétude depuis les colères flamboyantes de Léon Bloy évoquant «la nécessité de désencombrer la voie publique des immondices». Ce n'est sans doute pas un hasard : il y a du Léon Bloy chez Jacques Chessex, quelque chose d'un mystique fâché avec son époque. Ses immondices à lui, ce sont les vanités littéraires, la gloire éteinte, les passions mortes, les illusions, les années de paresse, les voyages inutiles, les amitiés trompeuses ou déçues, les amours enfuies, l'alcool aussi. De roman en recueil de poèmes, l'auteur se désencombre de tout. De tout sauf de Dieu... Chessex l'hérétique déploie ici les provocantes voluptés d'un écrivain qu'on devine libre, certes, pour s'être d'abord et longtemps maudit...


  • La revue de presse Louise Millon - L'Express du 6 avril 2006

Le poète vaudois, métamorphosé en hagiographe, joue du scandale : «Avez-vous déjà regardé l'intérieur du sexe d'une sainte ?» Celle dont il transcrit la vie et partage le lit fréquente avec ravissement la boue et le sperme... c'est dans l'infâme que brille l'immaculée. Chessex fait appel à Sade et à saint Thomas, à Bataille et à saint Augustin dans ce récit intensément paradoxal, qui hérisse souvent, mais toujours époustouflant...


  • La revue de presse Alice Ferney - Le Figaro du 6 avril 2006

«les âmes religieuses ont peur de la vie parce qu'elles l'aiment.» L'oeuvre de l'écrivain suisse Jacques Chessex, ses propos dans les entretiens, ce que l'on imagine d'un cheminement intérieur et d'une vie construite pour lui être propice, contredisent d'une éclatante manière cette phrase de François Mauriac. Et cela fait plaisir comme une réconciliation. Avant le matin, dernier ouvrage paru, éblouit, illumine son lecteur, le fait sourire et même rire, et méditer. Dans une société qui produit des questions aussi humiliantes que «Comment perdre sa cellulite en quinze jours ?» ou «Qui veut gagner des millions ?», Jacques Chessex nous demande «Qui dira les chemins de la sainteté ?», s'interroge «Qui veut de moi que je fasse le mal ?», et raconte : quel effet cela fait-il à un homme d'aimer charnellement une sainte ? Il suffit de le lire et de lui dire merci.

On craindrait en résumant trop prosaïquement son beau livre de défaire ce noeud lumineux du désir érotique et du désir de Dieu.

Il y a... dans ce roman un charme lustral, comme un vent entre les lignes...


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