Passion du livre - tout sur le livre : Blanche et l'oeil du grand khan

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Blanche et l'oeil du grand khan

Couverture du livre Blanche et l'oeil du grand khan

Auteur : Hervé Jubert

Date de saisie : 04/04/2006

Genre : Jeunesse à partir de 9 ans

Editeur : Albin Michel-Jeunesse, Paris, France

Collection : Wiz

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-226-17016-3

GENCOD : 9782226170163

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Paris, 1871. Blanche et sa famille regagnent un Paris dévasté par les tragiques événements de la Commune. Pendant son exil en province, Blanche est tombée amoureuse d'Alphonse Petit, un jeune diplômé des Ponts et Chaussées, et fait tout pour le revoir dans la capitale.

Mais l'amour passe bientôt au second plan car une nouvelle enquête accapare entièrement la jeune fille. Son oncle Gaston cherche à démanteler l'Hydre, un dangereux syndicat du crime, et Blanche doit infiltrer une société de bienfaisance qui pourrait bien être la base de t `organisation...


Né en 1970, Hervé Jubert est une des étoiles montantes du roman fantastique. Il a déjà publié chez Albin Michel la trilogie L'opéra du diable (Le Quadrille des assassins (2002), Le Tango du diable (2003) et Sabbat Samba (2004)) et Blanche ou la triple contrainte de l'enfer (2005).

Blanche ou la triple contrainte de l'enfer a reçu le Prix des 15/17 ans de la Foire du livre de Brive 2005. Ce premier tome a connu le succès avec plus de 10.000 ex vendus et un très beau dossier de presse.

- Un second tome à la hauteur du premier qui conjugue intérêt historique (le Paris d'après la Commune) formidable suspense et personnages attachants.





  • Les premières lignes

Avant toute chose.

La verrière montrait une nuit sans lune. Les cris, les couleurs et les odeurs composaient une fresque perceptible par fragments. Ici, des êtres humains s'apostrophaient violemment. Là, des amis de la ténèbre se cachaient. Ailleurs, des animaux étaient emprisonnés, comme elle, dans des rêves en osier avec des noeuds de paille pour serrures.

- Les Halles, murmura Marie, reconnaissant l'endroit.

Tous les acteurs étaient réunis pour jouer la comédie du ventre de Paris. Les forts avec leurs chapeaux enduits de blanc d'Espagne et leurs colletins en velours d'Utrecht. Les vendeuses en robes et fichus. Les vagabonds en habits d'arlequin. Les îlotiers que leurs capotes transformaient en triangles pendulaires.

Un agent de la maréchaussée la remarqua. Marie se glissa dans un escalier qui menait au sous-sol d'un des pavillons. Ne pas me faire arrêter, pensait-elle. Tout sauf le Dépôt. Cela faisait pourtant belle lurette qu'on ne l'y avait jetée. Dans une autre vie, oui. Mais elle avait retrouvé une existence normale. Elle louait un appartement de la rue Aubry-le-Boucher. Elle vendait ses fleurs à la Cité et à la Madeleine. On l'appréciait. On lui donnait même du «madame» contre du lis ou du lilas.

L'escalier débouchait dans une salle basse. Autour de longues tables, les découpeurs coiffés de casques lumineux tranchaient. Tout à leur tâche, ils ne virent pas Marie dont la robe traînait dans une mare de sang et d'abats. Elle n'y prit pas garde, subjuguée qu'elle était par la mécanique des coups que les découpeurs portaient aux animaux dans cette vallée de misère. Les têtes sautaient. Les cervelles étaient jetées dans des vasques de zinc. Les veaux, les agneaux et les cochons de lait attendaient dans leurs enclos, observant le massacre, perdant le peu de raison dont ils avaient hérité à la naissance.

Une voix jaillie du plus profond d'elle-même donna à Marie l'ordre de remonter à la surface. Elle prit un escalier qui l'amena au niveau du pavé où une vendeuse de cresson, immédiatement, l'apostropha :

- Eh, la Marinette ! Quèque tu fais là ? Tu d'vrais être sur l'île à c't'heure.

Marie regarda autour d'elle. À cinq pas, des violettes contraient les effluves montant des souterrains. Derrière, navets, carottes et salades formaient d'improbables pyramides. Plus loin, au pavillon de la marée, lottes, truites et esturgeons brillaient, blafards, sous les becs de gaz. À l'angle des rues Rambuteau et Pierre-Lescot, des vierges sages processionnaient gravement, une lanterne dans une main, un panier dans l'autre. Quant à l'oeil blanc de Saint-Eustache, il marquait sept heures et demie alors qu'il faisait encore nuit.

La cloche des Halles sonna. Il y eut un moment de flottement avant que tout ne s'emballe.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli