Auteur : Marie-Claude Devois
Date de saisie : 04/04/2006
Genre : Policiers
Editeur : Valhermeil, Saint-Ouen-l'Aumône, France
Collection : Qui ?
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-913328-83-9
GENCOD : 9782913328839
«Le hurlement que poussa Matthieu alerta les quatre autres garçons occupés à ramasser du bois. Un cri affreux. Benjamin se précipita vers l'orifice béant d'où son camarade venait de jaillir comme s'il avait été poussé par quelque force surnaturelle.»
Mais que se passe-t-il donc du côté des dolmens et des menhirs du Vexin ? La nuit d'Hallowen donnerait-elle raison aux vieilles légendes ? Et que vient faire dans cette histoire le souvenir d'un autonomiste breton disparu pendant un tour du monde à la voile ?
Des archéologues reçoivent des lettres anonymes, aux listes mystérieuses. L'expert Raoul Herbelin lui-même, grand maître de l'Archéologie vexinoise, est menacé. Le juge Britten est à nouveau sur la brèche, de Guiry-enVexin à Carnac.
Avec Allées sans retour, son troisième roman, Marie-Claude Devois s'affirme la spécialiste du Vexin, terre d'énigmes. Sa connaissance professionnelle du monde judiciaire lui a permis de créer un héros, le juge Britten, à la fois authentique et attachant. Après Bon anniversaire Monsieur Le Guillou et Trois cercueils pour Pontoise, quel plaisir de fouiller avec lui le riche passé du Vexin.
Illustration de couverture : Christian Broutin
C'est dégoûtant, dit Matthieu en pénétrant dans le trou.
- C'est normal. Tu sais bien qu'en automne, ça sent toujours bizarre, répondit Benjamin qui attendait pour entrer à son tour.
- Ça pue et j'ai les mains poisseuses ! Je ne sais pas ce qu'ils ont fabriqué là-dedans mais il va falloir faire le ménage avant de s'installer, reprit Matthieu.
- Je vais...
Le hurlement que poussa Matthieu alerta les quatre autres garçons occupés à ramasser du bois. Un cri affreux. Benjamin se précipita vers l'orifice béant d'où son camarade venait de jaillir comme s'il avait été propulsé par quelque force surnaturelle.
- II y a plein de morceaux de corps et du sang partout, cria-t-il.
- Des quoi ? demanda Benjamin.
- Des corps humains, découpés. Il y a des vêtements dessus. Et il vomit sur les pieds de son ami au moment où les autres les rejoignaient.
En quelques dizaines de minutes, la montagne de Cléry, comme l'appelaient les anciens, prit des allures de plateau de tournage.
- Bouclez le site jusqu'au chemin. Refermez la barrière derrière nous. Vous l'ouvrirez quand le proc et le légiste arriveront... Écartez les gosses de là. Qui est-ce qui se charge d'appeler leurs parents ?
Les gendarmes arrivés sur place les premiers avaient pris en main la situation.
Delphine, une journaliste du Parisien qui passait le week-end à Cléry, avait été alertée par le défilé inhabituel des voitures de la gendarmerie sur le chemin forestier qui longeait la propriété de ses parents. Ayant suivi de près les gendarmes, elle avait tout d'abord pensé que l'un des jeunes qu'elle voyait devant l'allée couverte avait été victime d'un accident. Les bribes de mots échangés, l'activité déployée sur le site, l'avaient bien vite détrompée.
- Que se passe-t-il là-dedans, demanda-t-elle en montrant sa carte de presse à un gendarme qui se dirigeait vers le Peugeot Expert ?
- Le procureur va arriver d'un instant à l'autre. II fera probablement une déclaration lorsque vos collègues seront là, répondit-il laconiquement.
Elle était déjà venue jusqu'à cette allée couverte au mois de juin, à l'occasion d'une exposition sur l'habitat préhistorique organisée par le musée de Guiry-en-Vexin. De la place qu'elle occupait pour le moment, elle ne voyait rien d'extraordinaire. La clôture, une sorte de main courante de rondins soutenue par des poteaux en bois qui délimitait la zone de protection du mégalithe, était intacte. Il n'y avait aucun désordre apparent aux abords du précieux vestige de l'époque néolithique. Seuls les VTT, les sacs à dos et le tas de bois déposés à l'extérieur de la barrière de protection, très certainement par les jeunes eux-mêmes, indiquaient une activité humaine récente. Pourtant, le dispositif déployé était celui que l'on voit sur une scène de crime. Un des jeunes, en passant près d'elle, dit en sanglotant «Je veux m'en aller maintenant, c'est trop horrible ces bouts de corps !». On avait donc bien trouvé un cadavre là-dedans et probablement mutilé.
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