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Nature morte à Giverny

Couverture du livre Nature morte à Giverny

Auteur : Renée Bonneau

Date de saisie : 04/04/2006

Genre : Policiers

Editeur : Valhermeil, Saint-Ouen-l'Aumône, France

Collection : Qui ?

Prix : 10.00 € / 65.60 F

ISBN : 978-2-913328-82-2

GENCOD : 9782913328822

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

1908. La maison de Claude Monet attire à Giverny, comme chaque été, les jeunes peintres américains venus dans l'espoir de travailler auprès du Maître. Mais, dans la petite société cosmopolite de l'hôtel Baudy, vont très vite naître des rivalités et des jalousies de toutes sortes.

Pouvait-on imaginer qu'un crime viendrait troubler l'atmosphère lumineuse immortalisée par les Nymphéas et que du sang se mêlerait aux nuances délicates des toiles impressionnistes ?

Professeur de lettres, auteur de plusieurs anthologies littéraires (Grand-mères au fil des pages, Carnet de bals) Renée Bonneau a aussi travaillé dans le secteur audio-visuel et enseigné l'analyse de films. Ses polars font volontiers intervenir des personnages célèbres, Monet ou Toulouse Lautrec dans Sanguine sur la Butte, mis à contribution pour alimenter de passionnantes énigmes où le lecteur s'égare à plaisir.





  • Les premières lignes

Le Figaro, 18 août 1908.

Un crime mystérieux vient d'être commis dans le paisible village de Giverny où réside Monsieur Claude Monet.

Trop bouleversé par l'événement, le célèbre peintre n'a pas souhaité s'exprimer, et pour l'instant la police ne livre aucun renseignement sur les progrès de l'enquête.

Mais notre journaliste Robert Fresnot, qui se trouvait depuis quelque temps sur les lieux dans l'attente d'être reçu par le Maître, suit de près cette terrible affaire et ne manquera pas d'informer nos lecteurs dès qu'il sera en droit de le faire.

Claude Monet s'était levé aux aurores. Il voulait terminer les Nymphéas au soleil levant qu'il avait commencés à la même heure au début de la semaine, et se dirigea vers l'étang.

Il installa son chevalet tout près du pont japonais, en face du tapis de plantes aquatiques qui s'accumulaient là où pénétrait la première lumière. Aucune ride n'agitait la surface de l'étang qui revêtait, en cet endroit précis, tout autour des feuilles, une délicate teinte rosée qu'il n'avait pas observée la veille.

Un peu étonné, il se prépara à corriger légèrement les nuances posées sur la toile. Mais soudain il fronça les sourcils. Les nymphéas eux-mêmes s'étaient bizarrement écartés, et dans la nuit il semblait qu'une longue tige noire eût poussé, ondulant entre les fleurs.

Le peintre s'approcha, intrigué, se figea soudain, puis monta très vite sur le pont pour regarder d'en haut, avec le soleil derrière lui.

Et il vit.

La tige noire était une tresse. Sous les feuilles, un corps flottait entre deux eaux.

Un mois plus tôt.

- Monsieur Hakasuko, je suppose ? dit le chauffeur de Claude Monet en s'avançant, casquette à la main, sur le quai presque désert de la gare de Vernon, vers deux Japonais, avec la certitude de Stanley abordant Livingstone, seul et perdu en plein coeur de l'Afrique.

Vêtu d'un complet blanc, le frêle monsieur Hakasuko, expert en art occidental à Tokyo, répondit au salut avec un léger sourire amusé. Il serrait contre lui un grand carton à dessins qu'il n'avait pas voulu confier aux porteurs.

Ils rejoignirent la Panhard qui les attendait devant la gare. Le chauffeur ouvrit les portes, et, tandis que les deux voyageurs prenaient place à l'arrière, il chargea leurs valises dans le coffre.


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