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Vers une enfance majeure : textes sur l'éducation

Couverture du livre Vers une enfance majeure : textes sur l'éducation

Auteur : Charles Fourier | Textes réunis par René Schérer

Date de saisie : 02/04/2006

Genre : Education, Pédagogie

Editeur : la Fabrique, Paris, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-913372-49-8

GENCOD : 9782913372498

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  • La présentation de l'éditeur

«Les enfants turbulents relèvent-ils de la médecine ?» «Sont-ils au bord de la délinquance ?» Ces interrogations relevées dans une presse réputée sérieuse sont symptomatiques du désarroi de la société actuelle face à ses enfants. Une société malade de son enfance. Une enfance tout à la fois chérie et redoutée. «J'ignore quels buts se propose l'éducation civilisée, je n'en ai guère lu les traités, mais à en juger par le résultat, le premier et le plus général chez les enfants civilisés, c'est qu'ils n'usent de leur liberté que pour commettre toutes sortes de dégâts, s'exciter l'un l'autre à la malice et la malfaisance, à tel point qu'une troupe d'enfants qu'on laisserait en pleine liberté, sans crainte des châtiments, finirait par se donner le délassement de Néron, incendier une ville.»

Ce n'est pas au lendemain des «émeutes» de novembre 2005 que ces lignes ont été écrites, mais il y a près de deux siècles, en 1821, par Charles Fourier. Loin du ton de menace ou de lamentation de nos politiques et de nos pédagogues, elles débouchent sur une mise en cause directe, ferme et humoristique à la fois, de la «civilisation». «Ni père, ni maître», telle pourrait être la formule de l'éducation harmonienne. Il s'agirait de faire travailler une petite fille gourmande d'abord dans une fabrique de confiture comme apprenti pour l'amener peut-être un jour à devenir chimiste (plutôt que de la mettre au pain et à l'eau). Il s'agit de canaliser et d'orienter les passions en vue du bien commun plutôt que de les asservir. Il s'agit de se rendre vraiment compte qu'«il n'y a qu'à convertir la violence en émulation et en enthousiasme». Il s'agit d'inventer le nouvel ordre, le Nouveau Monde. L'utopie - la force - de Fourier n'est autre que l'analyse des institutions et de leurs jargons divers, sa langue aussi précise et fine que caustique, est le pur si muove d'une révolution galiléenne des moeurs. Ici brille l'idée d'une autre enfance. Une enfance libre, majeure. Les textes, inédits, de ce recueil sont issus des publications posthumes de La Phalange de 1851 et 1852.

René Schérer, «philosophe fouriériste», nous en propose une lecture rajeunie par ses rencontres avec Deleuze, Guattari et Foucault, mais aussi Leibniz et Spinoza.





  • La revue de presse Alain Rubens - Lire, avril 2006

Longtemps, Charles Fourier (1772-1837) a vécu l'insoutenable épreuve du «bagne du commerce». Caissier et autodidacte, il a rêvé à un monde harmonieux et moins féroce que ce capitalisme sauvage qui déchaînait sa soif de profit, sous ses yeux d'observateur lucide, jusqu'à exploiter les enfants. Il a donc pensé une utopie harmonieuse qui sonnerait le glas de la société affairée à «l'industrie répugnante», répugnante parce qu'elle pratique la division du travail, assignant chacun à la répétition mécanique d'un même geste pauvre et stupide... Un livre étonnant, mais qui nous évoque, inévitablement, les jeunesses mobilisées et vouées à Hitler ou à Staline.


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