Passion du livre - tout sur le livre : Une tout autre histoire : questions à Jean-François Lyotard
Partager

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

_ Une tout autre histoire : questions à Jean-François Lyotard

Couverture du livre Une tout autre histoire : questions à Jean-François Lyotard

Auteur : Elisabeth de Fontenay

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Philosophie

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Histoire de la pensée

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-213-60610-1

GENCOD : 9782213606101

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • La présentation de l'éditeur

J'avais envisagé d'intituler ce livre : "Les questions juives de Jean-François Lyotard", car c'est bien le sujet ici traité : Levinas, Auschwitz, le Sinaï, Saint Paul... Autant de façons qu'eut Lyotard, à travers ces noms propres, de décliner un fidèle tourment quant à une tout autre histoire, celle "dont l'Europe ne veut rien savoir", et de tenter d'en maintenir au plus juste la pensée en se plaçant à distance aussi bien de la philosophie de l'histoire que de l'histoire historienne. Mais une telle orientation doit être questionnée, surtout quand celle qui interroge se demande : de quel droit ?

Elisabeth de Fontenay est philosophe. Elle est notamment l'auteur, chez Fayard, d'un livre désormais classique : Le Silence des bêtes. La philosophie à l'épreuve de l'animalité (1998).





  • La revue de presse Jean Birnbaum - Le Monde du 31 mars 2006

Hasard intempestif ou terrifiante coïncidence ? Dans l'affaire qui nous occupe, il se trouve que l'otage est porteur du nom juif. Au seuil de l'enquête, il faut pourtant se garder de conclure. Bien sûr, ce type de recherche ne va pas sans angoisse, mais le pire serait encore de céder à la précipitation. Car s'il y a une chance de remonter la piste des ravisseurs, c'est en commençant par jouer le "jeu", c'est-à-dire par entrer temporairement dans la logique qui leur est propre. Etablir le contact, donc, et faire un bout de chemin avec eux, au risque de côtoyer le pire.

Ce pari téméraire, Elisabeth de Fontenay l'accepte d'autant plus volontiers qu'elle sait d'emblée son enquête interminable. Son champ d'investigation, sans limite, est celui de la pensée occidentale. Surtout, la procédure qui la mobilise dure déjà depuis des siècles : il s'agit de l'enlèvement (avec séquestration) du "nom juif" par l'Europe philosophique. Forfait multiséculaire, et qui ne semble pas devoir prendre fin, tant ont la peau dure les préjugés qui le motivent et le soutiennent : ainsi, l'équation "juif = argent", pour ne prendre que cet exemple, se retrouve sous la plume de maints théoriciens raffinés ; sous celle du jeune Marx, entre autres, qui faisait du judaïsme la vérité de la société bourgeoise. Dans un essai publié voilà plus de trente ans, Elisabeth de Fontenay constatait d'ailleurs que l'auteur de La Question juive (1843) avait "joué avec le feu", sa rhétorique témoignant d'abord d'une profonde "ignorance de la réalité juive de l'époque" (Les Figures juives de Marx, Galilée, 1973).

Aussi n'est-ce pas la première fois qu'elle s'engage en ces périlleux parages, pour endurer l'angoisse du piétinement, l'effroi du surplace...

Ainsi opère-t-elle de nouveau, aujourd'hui, pour prendre en filature un penseur contemporain : Jean-François Lyotard (1924-1998). A l'horizon de ce parcours, on ne trouve nulle "accusation", nul "procès" en judéophobie : ancien militant marxiste et membre du groupe antitotalitaire "Socialisme ou Barbarie", auteur d'une oeuvre importante (La Condition postmoderne, Le Différend...) où s'est notamment inauguré le concept de "postmodernité", Jean-François Lyotard est aussi l'un des rares philosophes de la génération 68 à avoir été littéralement "obsédé" par la Shoah, et à avoir reconnu "le surgissement de l'Extermination dans l'histoire la plus intérieure de l'Occident", comme le souligne Elisabeth de Fontenay. Ce qui tourmente celle-ci, par conséquent, n'a rien à voir avec un quelconque "dérapage" antisémite : c'est la dérive d'un parcours spéculatif en clair-obscur, la captation du fait juif par une "fureur de pureté théoricienne" qui l'enferme dans un discours outrageant à force d'abstraction. "La chose juive est devenue (...) disponible et trop bonne à penser", déplore-t-elle...


Copyright : Studio 108 2004-2012 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli