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Requiem pour les années Chirac : chronique incorrecte d'une France coupable

Couverture du livre Requiem pour les années Chirac : chronique incorrecte d'une France coupable

Auteur : Hubert Coudurier

Date de saisie : 28/03/2006

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Jacob-Duvernet, Paris, France

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-84724-114-3

GENCOD : 9782847241143

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Au crépuscule du premier quinquennat de la Ve République, la France dresse le bilan: elle est coupable. Plus encore, elle s'accuse !
Coupable, elle l'est de nostalgie à l'égard du passé, de refuser de voir la réalité en face, d'avoir permis au chômage de masse de se développer et d'avoir laissé les jeunes des cités à l'abandon. Coupable, elle l'est d'avoir été gouvernée depuis vingt ans par une génération donneuse de leçons qui a materné le pays au point de le rendre fou... Coupable
Coupable ? La France n'est-elle pas plutôt culpabilisée ? Par ses élites, par ses minorités actives, par ses voisins étrangers, à l'affût du moindre dérapage, par un peuple qui gronde devant les efforts qu'on lui demande. Et surtout par le grand culpabilisateur en chef, le plus coupable de tous : son propre président.
Dressant la chronique de ces dernières années, de ces dernières décennies, l'auteur brosse le portrait d'une France fatiguée d'être coupable, d'avoir honte d'elle-même, et qui, enfin, s'apprête à résoudre les défis de demain. Et si notre culpabilité judéo-chrétienne était le plus puissant ressort de notre adaptation au monde moderne.


Hubert Coudurier, 47 ans, ancien grand reporter à France 3, est directeur de l'information et administrateur du Télégramme de Brest. Il est l'auteur de PPDA, l'inconnu du 20 heures (Robert Laffont, 1996) et de Le Monde selon Chirac (Calmann-Levy, 1998).





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

«Tous coupables... sauf moi !» Tel est le constat dans lequel nous nous complaisons depuis des années et qui confine à la haine de soi. Projection sur les autres de ce que nous ressentons ? Il s'agit de ce que certains qualifient «d'anti-France», c'est-à-dire une image déplorable de ce que nous sommes et nous conduit à célébrer Trafalgar aux côtés des Britanniques plutôt qu'Austerlitz. Pourquoi tant de haine ? D'où vient cette «ivresse de la mauvaise conscience» pour reprendre les mots du philosophe Alain Finkielkraut ?
«La France est un peu malade d'elle-même. Elle se découvre moins belle qu'elle se rêvait», estime Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale... qui a fort à faire. Un syndrome de toute puissance qui engendre une grande culpabilité. Comme celle de l'enfant qui veut prendre la place de ses parents. Une incapacité à se situer entre arrogance et dénigrement permanent de soi. D'où la difficulté pour notre pays à se voir tel qu'il est. «Douce France, cher pays de mon enfance...», chantait Charles Trenet. Les temps ont bien changé ! Parfois, le matin, au réveil, on s'interroge sur l'état dépressif d'une nation auquel un député va même jusqu'à préconiser une «psychothérapie de choc». Après l'échec cinglant de la candidature de Paris aux Jeux olympiques, Stéphane Rozès, directeur de CSA Opinions, n'hésite pas à prédire que «le climat de dépression nationale risque de s'alourdir»... L'écoute d'informations cacophoniques, teintées d'un pessimisme absolu composées essentiellement de protestations diverses, fait prendre conscience de l'effroi suscité par les mutations profondes que la société n'accepte qu'à son corps défendant. Constat banal, certes, mais qui donne envie de comprendre pourquoi les résistances au changement semblent ici plus fortes qu'ailleurs. Pourquoi l'adaptation à la réalité est-elle aussi douloureuse, pourquoi l'avenir est-il aussi incertain ? Quel est ce pays que l'optimisme semble avoir abandonné et qui se focalise en permanence sur ses difficultés, battant tous les records de consommation d'anxiolytiques. Citant l'exemple du lancement du satellite Hélios II - que la presse française a paru ignorer -, Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, le dit crûment : «Nous avons un pays complexé, pas suffisamment fier de ce qu'il fait. Cela a commencé avec le tiers-mondisme qui était un système de reconnaissance des autres, pour finir en culpabilisation.»
Culpabilité et culpabilisation sont les deux revers d'un même problème. Si la France est coupable de certaines fautes, elle est aussi victime de nombreuses tentatives de culpabilisation, que ce soit sur la scène internationale, sur laquelle les anciennes colonies, entre autres, ne cessent de lui faire porter le poids de leurs échecs, ou sur la scène intérieure, où les bien-pensants de tout poil n'hésitent pas à jeter à la tête des citoyens des accusations qui masquent leur impuissance.
Cette question de la culpabilité et de la culpabilisation mène naturellement à vouloir désigner coupables et victimes. Or chacun projette sa culpabilité sur les autres, s'en servant comme d'une arme. On trouve d'une part les hommes politiques et l'intelligentsia française. D'autre part, le peuple, que l'on présente souvent comme la victime des deux premiers, mais qui sait aussi, à l'occasion, les culpabiliser. Entre ces groupes et à l'intérieur de ces groupes, la culpabilisation fonctionne à plein rendement car la culpabilité est, par essence, polymorphe.
La nouveauté, c'est que chacun a découvert qu'il pouvait en être victime. Et pas seulement les élites, comme l'a montré notamment l'affaire Allègre qui a souillé Dominique Baudis, le président du CSA. Le procès d'Outreau a prouvé que personne n'était à l'abri.
L'histoire française des dernières décennies nous enseigne comment cette perversion s'est enkystée dans le pays, chacun ayant recours à la culpabilisation de l'autre en jouant de la victimisation dont les mass media ont fait leur fonds de commerce. Encore faut-il comprendre pourquoi.


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