Auteur : Pierre Dufour
Date de saisie : 28/03/2006
Genre : Sciences et Technologies
Editeur : Lavauzelle, Panazol, France
Prix : 39.00 € / 255.82 F
ISBN : 978-2-7025-1293-7
GENCOD : 9782702512937
25 ans après avoir vu le jour et après bien des évolutions, l'Aviation Légère de l'Armée de Terre (ALAT) se dote de Régiments d'Hélicoptères de Combat, pour mettre en oeuvre un concept novateur: le combat aéromobile. C'est encore l'époque de la Guerre Froide, celui de la Force d'Action Rapide (FAR) et de la volonté de la France d'innover tactiquement en marquant ses solidarités européennes.
En 1977, le Groupement d'Aviation Légère du 1er Corps d'Armée (GALCA 1) après avoir repris les traditions des Groupes Aériens d'Observation d'Artillerie (GAOA) d'Indochine, donne naissance à Phalsbourg au le` RHC, noyau dur de la 4e Division Aéromobile (4C DAM) nouvellement créée au sein de la FAR.
Doté initialement d'hélicoptères Alouette II et III, le lei RHC est rapidement présent sur tous les théâtres d'opérations. En 1990, lors de l'opération Tempête du désert, il valide parfaitement au sein de la Division Daguet, le concept du combat aéromobile et gagne par sa brillante conduite une citation à l'ordre de l'armée.
A partir de cette date, il est présent partout où le devoir fait signe. De la Turquie à la Somalie, en passant par l'ex-Yougoslavie, le Tchad, le Gabon, Djibouti ou la République Centrafricaine, il réalise l'ensemble des missions que l'on peut confier à des hélicoptères de combat, allant de l'assistance humanitaire à l'imposition de la force. Il a récemment armé le bataillon ALAT de l'opération Licorne en Côte d'Ivoire.
Le 10r RHC est aujourd'hui implanté au camp La Horie, situé à proximité de Phalsbourg, place forte de Lorraine sur le chemin des invasions, patrie des écrivains Erckmann et Chatrian. Il compte plus de mille personnes. Avec ses Gazelles, Puma et Cougar, il assure des missions de commandement, de combat, logistique et de renseignement, notamment grâce à la capacité «horizon» qu'il est le seul à détenir en France. Son étendard est décoré de la croix de guerre des Théâtres d'Opérations Extérieurs avec 7 citations, dont 5 à l'ordre de l'armée.
Les trente ans d'histoire du l RHC résument à eux seuls l'histoire de toute l'ALAT de Combat, qui chaque jour, sous tous les cieux, a pour fierté de se mettre, avec ses hommes et ses hélicoptères, au service de l'ensemble de l'armée de terre française.
«Primus Primorum» : le 10r RHC honore sa devise. il est le régiment le plus décoré de l'ALAT
L'aviation légère de l'armée de terre est née d'une volonté de s'affranchir des contraintes du terrain. Elle trouve ses origines en 1794 à la bataille de Fleurus, pendant laquelle le comte de Jourdan utilise pour la première fois un aérostat à des fins militaires. Mais c'est sur le sol d'Indochine entre 1946 et 1954 que les pionniers de l'aviation d'observation, au sein du 1ei puis du 21e groupe d'aviation d'observation de l'artillerie graveront les lettres de noblesse dont le régiment est l'héritier.
Il faut toutefois attendre près d'un siècle pour assister aux premiers balbutiements de l'aéroplane, sans qu'on en discerne encore réellement les applications. L'avion, né en 1897, n'intéresse pas du tout d'abord le ministère de la Guerre, la décision de créer à Vincennes un établissement d'aviation militaire n'est prise qu'après l'exploit de Louis Blériot qui traverse la Manche en 1909. L'établissement est initialement rattaché à l'artillerie, vraisemblablement parce qu'à cette époque l'intérêt essentiel de l'avion semble être l'observation au profit de cette arme. Il passera ensuite au génie.
En 1911, le colonel Estienne, le futur «père des chars», propose l'affectation à chaque régiment d'artillerie, d'unités de «voltigeurs» dotées d'aéroplanes. Son programme très ambitieux pour l'époque porte sur la construction de 400 appareils. Sa réalisation, décidée au début de 1914, est confiée aux établissements de Saint-Chamond.
La doctrine officielle ne prévoit alors l'emploi de l'aviation qu'à l'échelon «armée» comme moyen de reconnaissance. Le personnel navigant est détaché des autres armes, tandis que les observateurs sont des officiers d'état major de cette grande unité, dépendant de son 2'Bureau, (renseignements). Ainsi, lors de la marche des armées allemandes vers la Seine et Marne, le général Gallieni, sur le rapport de ses neufs observateurs qui le renseignement au-dessus et en avant des patrouilles de cavalerie engage l'armée Maunoury sur les flancs de von Kluck.
Le programme de fabrication de Saint-Chamond est abandonné à la déclaration de guerre, au profit de fabrications jugées plus urgentes.
Deux prototypes seulement sont utilisés avec succès, au cours de la bataille de la Marne, par le colonel Estienne qui dispose ainsi au sein de son régiment d'artillerie de sa propre section d'artillerie d'observation aérienne. Les deux appareils démontables, sont portés dans ses fourgons hippomobiles du train régimentaire. L'aviation en képi vient de naître.
Le nombre d'avions spécialisés dans l'observation et le renseignement ne cesse d'augmenter au cours du conflit mondial. Lors de l'armistice de 1918, l'aéronautique de renseignement comprend 1600 avions groupés en 150 escadrons de 10 avions et 78 compagnies d'aérostiers mettant en oeuvre des ballons. Le programme total du grand quartier général prévoit à terme de s'équiper de 1800 appareils.
Mais le développement des techniques aériennes et l'élargissement corrélatifs des missions confiées aux aéronefs nécessitent leur centralisation dans une armée de l'air autonome qui voit le jour en 1933 ; l'évolution de la doctrine d'emploi des forces aériennes se traduit sur le plan pratique par un relâchement des liens étroits qui unissaient l'aviation à l'armée de terre et plus particulièrement à l'artillerie. L'aviation de coopération passe au second plan des préoccupations du ministère de l'air. A tel point que les prévisions relatives à l'aviation de renseignement ne portent plus en 1939 que sur 41 escadrilles de 9 avions dont la mise sur pied est espérée en 1941. Cela représente une réduction de presque 80 % par rapport aux plans établis par le GQG en 1918.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli