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Cézanne, d'un siècle à l'autre

Couverture du livre Cézanne, d'un siècle à l'autre

Auteur : Dirigé par Jean Arrouye

Date de saisie : 28/03/2006

Genre : Art - Peinture

Editeur : Parenthèses, Marseille, France

Collection : Eupalinos

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-86364-632-8

GENCOD : 9782863646328


  • La présentation de l'éditeur

Ce recueil d'études consacré à l'oeuvre de Cézanne ainsi qu'à des artistes fortement marqués par son influence veut montrer que, tout en menant à leur accomplissement les principales innovations picturales du XIXe siècle, Cézanne est à l'origine de celles qui ont transformé la pratique des arts au XXe siècle.
L'ouvrage met en jeu trois approches complémentaires : Conduites où l'oeuvre de Cézanne est étudiée du point de vue de sa poétique ; oeuvres où sont analysées un certain nombre de toiles, découvrant constantes et ruptures, permanence de thématiques et les enjeux de la pratique de la série ; suites qui examine le profit que des artistes ultérieurs ont su tirer de l'observation de l'oeuvre du peintre aixois. Notre regard contemporain est ainsi amené à confronter l'oeuvre de Cézanne aux travaux de Fernand Léger, Paul Klee, Pierre Buraglio, Richard Diebenkorn et Pierre-Jean Amar, qui attestent la fécondité de l'exemple cézanien.
Ces différentes approches sont dues à des auteurs d'horizons différents : conservateur du patrimoine, enseignants en esthétique, en arts plastiques, en sémiologie de l'image, en histoire de l'art et en philosophie.


Textes de Jean Arrouye, Yan d'Acéra, Alain Chareyre-Méjan, Denis Coutagne, Claude Frontisi, Bernard Lafargue, Jean-Louis Lemesme, Patrick Moquet, Jean-Pierre Mourey, Raoul Neyraie, Lou Quéhépuchèu, Michel Ribon.



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  • Les premières lignes

Présentation :

Le titre de ce recueil d'études sur l'oeuvre de Cézanne et sur celles de quelques peintres fortement marqués par son influence veut rappeler que, tout en menant à leur accomplissement les pratiques picturales du XIXe siècle, Cézanne fut à l'origine des innovations qui devaient transformer la peinture au XXe siècle.
Le recueil se divise en trois parties : Conduites où l'oeuvre de Cézanne est étudiée du point de vue de sa poïétique, Oeuvres où sont rassemblées des études approfondies de quelques tableaux particuliers, Suites qui observe le profit que des artistes postérieurs ont su tirer de l'observation de l'oeuvre du peintre aixois.
Dans la première partie Michel Ribon montre comment l'oeuvre de Cézanne peut être considérée comme «une philosophie sans concept» qui fait de lui un «philosophe du temps et de l'Éternité», de la «surrection de l'Etre» et de «l'Eternel Retour comme jeu de l'Etre». De façon apparemment contraire, Alain Chareyre-Méjan juge que Cézanne - peignant le monde «dans sa pure capacité à être senti» - «formule plastiquement une définition du sensible libre de toute métaphysique». La conciliation de ces points de vue opposés se trouve peut-être dans les caractères de l'activité et de l'oeuvre du peintre étudiés par Bernard Lafargue et par Jean-Pierre Mourey. Le premier discerne chez Cézanne une lenteur qui lui permet de concilier «sensibilité des impressionnistes et éternité des anciens», de transcrire aussi bien la fugacité que la permanence des apparences et de saisir «la chair du monde» à la fois dans son immanence et sa transcendance. Le second montre comment la pratique de la série, le travail de répétition, et donc de reconsidération et d'accommodement, sont constitutifs de la démarche de Cézanne, et le moyen de ses accomplissements plastiques. Cézanne ainsi mesure son originalité par rapport à ses maîtres et s'invente une «méthode» propre. Denis Coutagne, examinant attentivement les natures mortes et procédant à l'inventaire des objets qui y sont représentés, constate les bénéfices de cette méthode qui, entre autres choses, amène Cézanne à adopter des formes d'organisation qui se retrouvent dans des oeuvres très diverses.
Dans la seconde partie j'observe l'un des effets de cette conduite méthodique : le fait que dans certaines oeuvres Cézanne confronte plusieurs manières de transcrire le réel tandis que dans d'autres il vérifie la justesse des conclusions qu'il a pu tirer de la réalisation de ces oeuvres expérimentales. L'interprétation que propose Jean-Louis Lemesme du portrait du père de l'artiste lisant L'Événement suppose également une réflexion prospective (et rétrospective) qui fait qu'un tableau cézanien est toujours, en effet, une oeuvre méthodique. L'autoportrait à la palette qu'étudie Patrick Moquet, où le peintre se montre à la fois tel qu'il se voit et tel qu'il se conçoit, ne pouvait pas ne pas être le parangon de ces oeuvres qui sont autant des discours de la méthode que des oeuvres singulières. Lou Quéhépuchèu, revenant sur deux interprétations du Déjeuner sur l'herbe, de 1870, aboutit également à la conclusion qu'une réflexion sur les moyens de la peinture sous-tend cette scène de genre.
Il n'y a donc pas à s'étonner qu'une oeuvre si pensée ait retenu si durablement l'attention des peintres du XXe siècle. Yan d'Acéra montre le rôle essentiel joué par l'oeuvre de Cézanne dans le développement de celle de Fernand Léger et dans l'élaboration d'un «réalisme de conception». Claude Frontisi étudie trois oeuvres de Klee dans lesquelles celui-ci rend hommage à son prédécesseur tout en accommodant ses leçons à sa propre esthétique. À mon tour, j'analyse la façon subtile dont Pierre Buraglio conjoint hommage à Cézanne et à Hantaï, puis examine la durable influence de Cézanne sur l'oeuvre, aussi bien abstraite que figurative, de Richard Diebenkorn. Enfin, Raoul Neyraie constate que la photographie aussi peut attester de la fécondité de l'exemple cézanien.
La plupart de ces textes ont pour origine une série de cours faits pour un séminaire à l'école doctorale de l'université de Provence. Pour ce séminaire, interdisciplinaire, s'adressant à des étudiants-chercheurs de disciplines variées, j'ai invité des conférenciers d'horizons divers : enseignants en esthétique, en arts plastiques, en sémiologie de l'image, en histoire de l'art, en philosophie, conservateur du patrimoine. Je les remercie d'avoir accepté d'exercer leur intelligence critique et leur sagacité heuristique sur des oeuvres qui ne s'inscrivent pas forcément dans leur champ de recherches habituel et d'avoir su trouver ensuite l le temps de transcrire le résultat de leur réflexion en un texte destiné à la publication. Si je suis fortement présent au sommaire de ce recueil, c'est que, une fois les textes regroupés par analogie de problématique, il m'a semblé souhaitable que les trois parties résultantes comportent un nombre égal de textes. Parmi ceux adjoints dans ce but, rédigés à la même époque, «Le partage des eaux» fut publié dans le catalogue de l'exposition cézanienne qui eut lieu au musée Granet d'Aix-en-Provence pendant Tété 2000 et les deux autres ont été produits à l'occasion de deux séances publiques de lectures croisées d'une oeuvre: la première consacrée aux Baigneuses de Cézanne, du musée Granet, la seconde à La Sainte-Victoire de Z de Buraglio, du musée Réattu. Je remercie Denis Coutagne, conservateur du musée Granet et Bernard Muntaner, éditeur de la remarquable collection Iconotextes, consacrée à l'édition de ces lectures croisées d'oeuvres, d'avoir permis la reprise de ces textes.


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