Auteur : Madeleine Chapsal
Date de saisie : 28/03/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Fayard, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-213-62831-8
GENCOD : 9782213628318
Romancière, journaliste, dramaturge, membre du jury du Prix Femina, Madeleine Chapsal a récemment publié chez Fayard : L'Homme de ma vie, Dans mon jardin, Noces avec la vie, Un oncle à héritage, Les Roses de Bagatelle et Le Certain-âge.
Trois couples, trois histoires d'amour et de haine... Le roman commence avec Catherine dont Jean, le mari, a disparu sans explication, et qui en espère le retour. Elle se morfond dans l'attente lorsqu'un été elle rencontre dans la rue, à l'île de Ré, un inconnu vêtu de noir : Maxence. C'est le coup de foudre !
Ses plus proches amies, toutes deux mariées, Hélène et Béatrice, tentent de la mettre en garde contre un emballement aussi brusque... En fait, chacune de son côté assiste à la décroissance de son propre amour conjugal et croit s'en échapper en entretenant des liaisons extraconjugales : l'une, des rencontres sur Internet, l'autre, des aventures sans lendemain.
Serait-ce de vivre ensemble qui, au lieu de les unir, fait qu'amants ou conjoints s'éloignent jusqu'à devenir des étrangers l'un pour l'autre ? Telle la passion, «l'amour pour toujours» qu'on s'est juré en se mariant est-il condamné à n'être qu'un feu de paille ? Ou existe-t-il un autre genre d'amour qui finit par donner son sens à toute une vie ?
L'essence de l'amour serait-elle de se révéler à la longue la plus grande des illusions ? On se projette sur un être de rencontre, or c'est soi qu'on aime en croyant aimer quelqu'un d'autre... Et quand l'image de nous renvoyée par le partenaire n'est plus satisfaisante, au lieu de chercher ce qui ne va pas en soi, on renie le miroir qu'on s'était choisi et on le casse comme s'il était traître !
Chacun de ces trois couples accusera-t-il ainsi leur aimé d'indifférence et finira-t-il par se séparer ? Y en aura-t-il ne fût-ce qu'un, capable de s'apercevoir qu'il existe un autre genre d'amour, celui qu'on peut appeler l'amour vrai ? Où celui qui aime ne cherche plus à s'aimer lui-même dans son objet d'amour mais à s'oublier au contraire, dans la joie de rencontrer quelqu'un d'autre que lui, et à s'enchanter de sa différence ? Qui de nos héros va réussir ce miracle ?
Dans ce roman d'émotion et de charme, Madeleine Chapsal aborde la question capitale de l'amour tel qu'on le vit, le perd - et réussit à le réinventer.
Quand l'homme la croise sur ce bout de route qui conduit au centre du village, d'habitude désert à cette heure matinale, avant d'entreprendre de le saluer Catherine cherche à distinguer son visage que dissimule un large feutre noir. Ce qui l'intrigue, c'est que tout l'habillement du promeneur est du même noir, jusqu'à ses chaussures de cuir. On le dirait en uniforme. Ou en grand deuil. Ainsi vêtu au lever du soleil, que peut-il faire dans ce village rétais où la plupart des vacanciers arborent des tenues claires, blanches ou colorées ? Elle-même est habillée de bleu pâle.
Toutefois, le mince sourire qui distend le visage de l'inconnu - Catherine ne croit pas l'avoir déjà rencontré - est suffisamment avenant pour qu'elle n'hésite pas à lui lancer le «Bonjour» qu'elle adresse à tous ceux, hommes, femmes, enfants et même chiens, qu'elle rencontre sur son chemin.
Quand l'homme la croise sur ce bout de route qui conduit au centre du village, d'habitude désert à cette heure matinale, avant d'entreprendre de le que dissimule un large feutre noir. Ce qui l'intrigue, c'est que tout l'habillement du promeneur est du même noir, jusqu'à ses chaussures de cuir. On le dirait en uniforme. Ou en grand deuil. Ainsi vêtu au lever du soleil, que peut-il faire dans ce village rétais où la plupart des vacanciers arborent des tenues claires, blanches ou colorées ? Elle-même est habillée de bleu pâle.
Toutefois, le mince sourire qui distend le visage de l'inconnu - Catherine ne croit pas l'avoir déjà rencontré - est suffisamment avenant pour qu'elle n'hésite pas à lui lancer le «Bonjour» qu'elle adresse à tous ceux, hommes, femmes, enfants et même chiens, qu'elle rencontre sur son chemin.
C'est d'une voix basse et chaude que l'inconnu lui rend son salut, toutefois sans ralentir son pas, qui est vif. Où va-t-il ? C'est la question que se pose la jeune femme - à quarante ans, on est jeune, de nos jours - et elle a bien envie de se retourner pour tenter de le savoir. Se rend-il chez des personnes de la rue - elle-même y habite - ou vers sa voiture qu'il aurait garée plus loin ? Sur l'île, les places de parking sont rares en plein été et chacun s'octroie n'importe quel espace, fût-ce en contrevenant aux règles de la voirie.
Si c'est le cas, l'homme en noir ferait bien de déplacer son véhicule avant le passage d'une des voitures de la police municipale, implacable en cette saison. Peut-être a-t-il passé une nuit blanche et s'apprête-t-il à regagner le continent ?
Mais plus qu'à une soirée de fête, son costume sombre fait penser à une veillée funèbre. Quelqu'un serait-il mort au village sans que Catherine le sache ?
Elle en est là de ses suppositions lorsqu'elle se retrouve sur la place centrale où les terrasses des cafés-restaurants commencent à se remplir de clients en quête d'un petit déjeuner.
Trois de ses connaissances sont déjà là, assises entre deux bacs de lauriers-roses, autour de ce qui est devenu leur table habituelle : la mieux exposée aux premiers rayons du soleil levant, délectable à cette heure matinale.
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