Auteur : Hannah Crafts | Edité par Henry Louis Gates Jr.
Traducteur : Isabelle Maillet
Date de saisie : 27/03/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Payot, Paris, France
Collection : Documents
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-228-90033-1
GENCOD : 9782228900331
En 2001 à New York, un professeur d'Harvard, spécialiste d'histoire afro-américaine, fait l'acquisition d'un étrange manuscrit. À l'issue d'une minutieuse enquête, il publie l'année suivante ce qui s'avère être le premier roman écrit aux États-Unis par une esclave ayant réussi à s'échapper, et très certainement le premier livre écrit par une Noire, avant même la guerre de Sécession.
Ainsi, dans les années 1850, à l'époque de l'immense succès de La Case de l'oncle Tom, oeuvre d'une Blanche, une femme noire rédigeait dans l'intimité de sa chambre une autobiographie romancée qui ne connaîtrait le succès qu'un siècle et demi plus tard. Loin de la Caroline du Nord, elle avait enfin conquis sa liberté dans le New Jersey où elle était devenue institutrice au sein d'une communauté afro-américaine.
Le joug s'était fait d'autant plus lourd pour la narratrice qu'elle avait pu recevoir une réelle instruction. Si son manuscrit tient du roman gothique et sentimental, s'il est fortement imprégné par la lecture clandestine de Scott et Dickens dans la bibliothèque des maîtres, c'est avec un talent bien à elle, par-delà les rebondissements de la fiction, qu'Hannah Crafts décrit l'esclavage au quotidien.
«Ai-je réussi à rendre les aspects si particuliers de cette institution ?» se demande-t-elle. Il n'y a pas à en douter : Autobiographie d'une esclave nous fait directement pénétrer dans la conscience et le coeur d'une ancienne esclave qui, à la veille de la guerre de Sécession, a choisi le roman populaire pour décrire et comprendre le monde impitoyable qu'elle avait fui.
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«Biographie romancée, rédigée dans un style fleuri, censée raconter l'histoire de la vie et de la fuite d'Hannah Crafts, mulâtresse née en Virginie.» C'est en ces termes que la galerie Swann de New York mit en vente en février 2001 son lot n° 30, un manuscrit de 300 feuillets datant vraisemblablement du milieu du XIXe siècle. Le ton du récit l'apparente plutôt au registre populaire... On peut y suivre le destin mouvementé d'une jeune esclave domestique, Hannah, dans le vieux Sud cotonnier d'avant la guerre civile. Tout commence lorsque la maîtresse d'Hannah, jeune mariée irréprochable, est victime du chantage de son notaire (le bien nommé M. Trappe), qui lui révèle un passé honteux: elle-même ne serait qu'une esclave à la peau blanche, substituée à la naissance à une enfant mort-née. Hannah et sa maîtresse déchue décident de fuir, errent misérablement avant d'être rattrapées par le sinistre Trappe, qui les revend à un marchand d'esclaves. Un accident miraculeux permet à Hannah de s'échapper encore, de connaître quelques moments de répit dans la famille qui la recueille. Mais l'esclavage reprend ses droits...
Il est difficile d'affirmer que le récit d'Hannah présente une «pensée intacte» Mais il nous fait assurément pénétrer dans l'intimité et la parole d'une esclave éduquée du milieu du XIXe siècle. Une femme indignée de cette «condition abjecte» contre laquelle elle décide de lutter, mais consciente aussi des multiples clivages qui parcourent et affaiblissent la communauté des esclaves, consciente surtout de cette vulnérabilité supplémentaire qui touche les femmes et fait de leur sexe un second esclavage...
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