Auteur : Sayed Kashua
Traducteur : Sylvie Cohen et Edna Degon
Date de saisie : 27/03/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-87929-476-6
GENCOD : 9782879294766
Depuis quelque temps ce journaliste arabe, sans doute l'unique reporter à travailler pour la presse israélienne, ne se sent plus en sécurité. Relégué au rang de pigiste occasionnel par sa rédaction, découragé par les marques d'ostracisme qui envahissent son quotidien, il décide de retourner vivre avec sa famille dans son village natal, tout près de Jérusalem. Sans grande illusion. Lorsque l'armée israélienne encercle le village, tous pensent que cette mesure est provisoire. Pourtant la situation perdure, le chaos s'installe : l'eau et l'électricité sont coupées, la pénurie alimentaire menace, les ordures s'entassent et les esprits s'échauffent. Et, plus inquiétant encore, aucune information ne filtre sur les événements. Dans cette fiction née de sa propre histoire, Sayed Kashua explore l'impossible identité des Arabes israéliens. La singularité de sa vision des sociétés juives et arabes donne à ce roman, écrit en hébreu, une force saisissante.
Sayed Kashua est né en 1975. Il vit actuellement dans le quartier palestinien de Beit Safafa, près de Jérusalem. Il est critique de cinéma et éditorialiste à Ha'Ir, un hebdomadaire de Tel Aviv. Son premier roman, Les Arabes dansent aussi, a été très remarqué en Israël et en Europe.
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Le narrateur est journaliste dans un quotidien de gauche israélien. Il a dû quitter la petite ville où il habitait depuis quelque temps pour retourner vivre, avec femme et enfant, dans son village natal. C'est un brave garçon qui entretient des relations normales, et même aimantes, avec sa femme, ses parents, ses frères, mais de ce qui est important (par exemple, le voilà au chômage technique pour cause de deuxième Intifada, même si aucune explication ne lui a jamais été donnée), il ne parle jamais avec eux. Au lieu de quoi, il y pense toute la journée, en discute avec lui-même, se décourage, s'exhorte à faire quelque chose, mais quoi. Le narrateur, Arabe et citoyen israélien, nous décrit une réalité objectivement délirante, en même temps qu'il nous entraîne dans une forme purement kafkaïenne de paranoïa, mais, comme on sait, même les paranoïaques ont des ennemis, surtout dans ce coin du Moyen-Orient.
Dans Et il y eut un matin, tout est absurde, terrifiant et extrêmement drôle. Faute de travailler, notre journaliste dort beaucoup, mange chez sa mère, observe, et balance tous azimuts. La paranoïa, la lâcheté, l'hypocrisie des journalistes de gauche (juifs) israéliens...
Une situation politique totalement verrouillée, une société arabe dans le même état : le roman nous montre des Arabes israéliens absolument coincés. Lorsqu'un matin, mystérieusement, tout s'arrête au village (eau, électricité, téléphones portables) et que le roman bascule dans la politique-fiction, ça ne fait qu'ajouter un degré supplémentaire à l'enfermement politique et psychologique et à la paranoïa collective... Tout est confus, menaçant, comme dans un mauvais rêve. Est-ce cela, être un Arabe israélien ? Dans ce cas, le coup de théâtre final nous dit qu'il peut y avoir encore pire.
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