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Biographie de la faim

Couverture du livre Biographie de la faim

Auteur : Amélie Nothomb

Date de saisie : 21/08/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-226-15394-4

GENCOD : 9782226153944


  • La revue de presse Fabienne Pascaud - Télérama

A 36 ans, notre très francophone princesse des best-sellers... se raconte une fois encore avec l'humour au vitriol, l'esprit aiguisé, l'élégance de style et... l'amoureuse complaisance envers elle-même qu'on lui sait... Dernière fille d'un diplomate belge, qui entraîne sa famille de Japon en Chine, d'Amérique en Bangladesh, la jeune Amélie a si faim de tout, est tellement boulimique de vie qu'elle en devient... anorexique, avant de trouver dans la lecture hystérique, puis dans l'écriture compulsive, le salut à sa mortelle maigreur... A travers ces souvenirs à peine effleurés, l'auteur a succès devient soudain une vraie sorcière de l'écriture. Ou une fée. Qui, passé ces confessions toujours recommencées, va, on l'espère, continuer à grandir.


  • La revue de presse Jean-Baptiste Harang - Libération

Biographie de la faim est un roman à clé. Mais ce n'est pas un roman et la clé est sur la porte puisque le seul renseignement qui est fourni au lecteur sur le dos du livre, avant qu'il l'ouvre, est celui-ci, entre guillemets (c'est une citation de la page 22) : «La faim c'est moi.» L'affaire est entendue, si l'auteur fait la biographie de la faim et que la faim c'est elle, Biographie de la faim est son autobiographie. Et cela tombe plutôt bien, car les livres de Nothomb qu'on préfère s'occupent d'Amélie... Biographie de la faim reprend le lecteur là où la Métaphysique des tubes l'avait laissé, sous la goulée d'une petite fille de trois-quatre ans, alcoolique à force de finir les coupes de champagne des soirées de l'ambassadeur («Mes parents avaient la mondanité pour métier», page 53), vaguement suicidaire et donc très précoce, et va le conduire, le lecteur, à la veille de Stupeurs et tremblements, de retour au Japon après un long et lent tour du monde dans les valises diplomatiques de ses parents, Pékin, New York, Dacca, Bruxelles...

La clé est sur la porte, mais on n'entre pas de plain-pied dans le récit de cette enfance, il faut jouer le jeu du titre, se laisser bercer de l'illusion d'une monographie, voire d'un essai drolatico-scientiste, un atlas paradoxal de la faim : la fable du Vanuatu où l'on ne connaît pas la faim et qui, partant, n'intéresse personne («ce désintérêt me fascine»), et ces ressortissants, ces commensaux d'un jour, qui «touchaient à peine à la nourriture, à la manière non pas des ascètes, mais des gens qui sortent de table»... cette biographie de la faim, promise et tenue avec vaillance pendant deux ou trois douzaines de pages, se laisse très vite grignoter par l'autobiographie d'Amélie Nothomb, elle prend le dessus dès la page 35, «Ma mère décida très vite que j'étais mon père», malgré quelques soubresauts héroïques de la conférencière : «Si Dieu mangeait, il mangerait du sucre», page 39. Mais on ne peut pas lutter contre le bagout de cette petite fille endiablée qui a tant de choses à nous raconter entre boulimies et anorexies contrariées...


  • La revue de presse Sébastien Fumaroli - Le Point

... «Biographie de la faim», met en scène une métamorphose de la romancière qui est une des bonnes nouvelles de la rentrée littéraire 2004. A 37 ans, après avoir publié douze romans, tous des best-sellers, elle s'est décidée à traverser l'écran de l'adolescence, brisant ainsi le pacte qu'elle avait noué avec elle-même il y a dix ans, de ne jamais s'approcher de l'âge adulte... Amélie Nothomb a élevé le Japon de son enfance au rang de mère-patrie, terre promise de lait et de miel, avec ses montagnes vertes et ses lacs d'eau pure. Fille d'un diplomate belge, rare chanteur occidental du théâtre nô, c'est sur cette île qu'elle est née, qu'elle a grandi, qu'elle a puisé, dans un sanctuaire de beauté et d'adoration, le substrat exotique de son art et de sa sensibilité. «La métaphysique des tubes», paru en 2000, en a été le récit fondateur. «Biographie de la faim» y répond aujourd'hui, par un exercice de rupture et de perte, l'histoire d'une chute originelle, au gré des postes occupés par son père dans l'Amérique et l'Asie des années 70-80. Il faut être un écrivain diablement doué pour oser déchirer son propre ciel, renier ses propres attachements, saborder ses propres munitions. Roman de l'expatriation et du corps exilé, de l'éloignement forcé et de l'anorexie... «Biographie de la faim» est un voyage au-dessus du vide. Au bout, il y a le no man's land des plages d'Ostende et de Wenduyne, où la belle Amélie, apaisée, se découvre en grand écrivain belge.


  • La revue de presse Jean-Rémi Barland - Lire

On connaît, parce qu'elle les a souvent évoqués dans ses romans, les rapports charnels qu'Amélie Nothomb entretient avec la nourriture. Pas étonnant qu'elle signe donc aujourd'hui une Biographie de la faim où elle évoque son féroce appétit des choses de ce monde. Ogresse des mots, Amélie a faim de tout. A partir d'un récit autobiographique charpenté autour des différents pays traversés par son père,... l'écrivain dessine les contours géographiques de ses passions dévorantes... A dévorer sans modération.


  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express

On n'en attendait pas moins d'elle. A 36 ans, forte d'une douzaine de romans publiés - et célébrés - Amélie Nothomb, la plus excentrique des Belges, tombe le masque. A sa manière. Enlevée, méticuleuse, ironique, intelligente. Fil rouge de cette autobiographie singulière, clef du succès de la seule romancière francophone qui, bon an mal an, pulvérise les ventes : la faim, la sur-faim, dont Amélie est habitée depuis sa prime enfance. Faim de tout : des sucreries, du Japon, de l'amour familial, de l'alcool de prune, d'eau, de la carte du monde, des livres, des mots... Jamais rassasiée, toujours en quête, la fille du consul décline, avec subtilité, ses années de formation, éclairant, au détour d'une phrase, d'une anecdote, de nombreux pans de son oeuvre. Le Sabotage amoureux, Stupeur et tremblements, Métaphysique des tubes, Robert des noms propres prennent ainsi du relief, de la chair, pour le plus grand plaisir de ses fidèles lecteurs...


  • La revue de presse Pierre Assouline - Le Nouvel Observateur

Un tube digestif se souvient qu'il a toujours eu faim. Pas de quoi en faire un plat. Sauf si c'est celui d'un écrivain. Juste de quoi en faire un livre... Au commencement était la faim. A la fin aussi d'ailleurs. Aussi loin qu'elle remonte dans son arbre intérieur, elle a toujours crevé de faim. De tout. Encore faudrait-il s'accorder sur le mot : «Par faim, j'entends ce manque effroyable de l'être entier, ce vide tenaillant, cette aspiration non tant à l'utopique plénitude qu'à la simple réalité : là où il n'y a rien, j'implore qu'il y ait quelque chose.» Cela dit, elle n'en considère pas moins le chocolat comme un aliment théologal : entendez par là que, si pour Cioran les suites de Bach sont la preuve de l'existence de Dieu, pour Nothomb ce doit être les rochers noirs de Debauve et Gallais. A chacun ses extases. Elle s'y consacre à nouveau avec ce mélange d'humour froid, d'espièglerie et d'absurde qui est désormais sa marque de fabrique. On retrouve cet univers, mais cette fois sous le prisme exclusif du manger... Notre auteur s'intéresse à une île célèbre pour le désintéressement qu'elle suscite ; elle nous entretient de l'absence de faim dans ce merveilleux cul du monde ; elle tente de percer le mystère d'un peuple sans appétit... la grâce et la malice du nouveau Nothomb tranchent avec nombre d'étouffe-chrétien de la rentrée. Pas une question de longueur ou d'épaisseur, mais de légèreté.


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