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La chapelle Sixtine : la voie nue

Couverture du livre La chapelle Sixtine : la voie nue

Auteur : Michel Masson

Date de saisie : 17/06/2004

Genre : Art - Peinture

Editeur : Cerf, Paris, France

Prix : 39.00 € / 255.82 F

ISBN : 978-2-204-07302-8

GENCOD : 9782204073028

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  • La revue de presse Philippe Simonnot - Le Figaro

Avertissement sans frais : celui qui lira le livre de Michel Masson ne pourra plus regarder de la même façon la voûte de la chapelle Sixtine. Son regard sera oblitéré, ses yeux décillés. Comme s'il découvrait enfin ce qu'on cherchait à lui cacher et qui était pourtant bien là, d'une évidence tellement évidente qu'elle en est aveuglante, à savoir que la forme d'homosexualité la plus décriée est, ici, d'abord magnifiée, et ensuite sanctifiée par Michel-Ange. Scandale aggravé de sacrilège, raconté ici avec beaucoup de tact, de finesse et d'humour. Dès les premières pages, nous prenons conscience que les autorités du Vatican mènent les touristes ordinaires, vous et moi, avec des oeillères, et par le bout du nez. Obligerait-on à entrer dans une église par une porte dérobée qui mettrait tout de suite le visiteur au pied du maître-autel que l'on demanderait la raison de ce stratagème ? Voilà pourtant ce qui est imposé à des millions de pèlerins, depuis des années, en les invitant, du même coup, à oublier qu'ils se trouvent dans un lieu sacré, et non dans un musée que l'on pourrait parcourir dans tous les sens. M. Masson, lui, nous projette tout de suite à l'autre bout de la chapelle, c'est-à-dire à l'entrée véritable du sanctuaire. Et de là, nous pouvons entamer un parcours initiatique proprement hallucinant... Nos contemporains n'ont pu découvrir que très récemment L'Origine du monde, de Courbet. Mais Courbet n'a fait que donner à voir un sexe, alors que Michel-Ange, trois siècles plus tôt, avait poussé la témérité jusqu'à montrer un sexe touché. «Personne, jusqu'à ce jour, remarque l'auteur, n'a osé mentionner son audace, probablement parce que personne n'a même osé la voir. Pas lui, pas ça ! Le choc est tel qu'il provoque un coma visuel.»... Si l'Eglise a fermé les yeux, c'est sans doute curieusement quelle n'a pas vu.» Etrange conclusion de ce livre époustouflant. Si l'Eglise n'a pas vu, avait-elle besoin de fermer les yeux ?


  • La revue de presse Jean-Baptiste Marongiu - Libération

Que Michel-Ange aimât passionnément les garçons se laisse facilement deviner au premier coup d'oeil à la chapelle Sixtine dont il a empli la voûte et les coeurs de jeunes gens à la nudité triomphante. Mais que l'amour homosexuel y soit non seulement représenté mais célébré comme une voie privilégiée vers le Salut, c'est beaucoup moins évident. Et pourtant, c'est à cette scandaleuse conclusion qu'aboutit Michel Masson dans la Chapelle Sixtine. La voie nue, un essai novateur qui, donnant évidemment comme acquis le génie michelangélesque, met en revanche en lumière certains ressorts philosophiques, théologiques et psychologiques qui en ont nourri le programme artistique. Le scandale avait déjà éclaté du temps de Michel-Ange lui-même et on avait même couvert quelques nudités trop crues, voire pornographiques, mais on n'y avait vu que paillardise ou provocation de la part d'un peintre harassé par le travail et poussé à l'excès par une noire mélancolie. Or la lecture de Masson ouvre des perspectives infiniment plus stimulantes car, insiste-t-il, il ne faut pas oublier que la chapelle Sixtine est une église. Certes, cela faisait quelques dizaines d'années que le nu était apparu dans l'art religieux, par exemple avec Luca Signorelli à la cathédrale d'Orvieto, mais pour mieux représenter l'abjection de la chair et du pécheur, car le mal y est nu et la vertu bien habillée, alors que chez Michel-Ange la nudité ne semble en rien associée à la faute... De proche en proche, Masson passe en revue certains détails plus ou moins explicites, par exemple cette scène sur le fond de la fresque de la Sibylle de Delphes où un jeune éphèbe nu est absorbé dans la lecture d'un livre ouvert dont les pages sont blanches, sans signes ni paroles. Deux flux de désirs viennent se condenser sur la nudité d'une beauté presque indifférente puisqu'elle s'offre telle un pur don : ici, le regard amoureux d'un autre adolescent ; là, le souffle divin lui-même, non moins désirant, qui effleure les jolies fesses du garçon-lecteur. Cette thématique de l'effleurement divin du corps de sa créature, on la retrouve encore dans la scène de la création d'Adam, où le doigt de Dieu insuffle moins la vie qu'il n'ébauche une délicate caresse aimante...


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