Passion du livre - tout sur le livre : Le désert avance

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Le désert avance

Couverture du livre Le désert avance

Auteur : Marc-Antoine Cyr

Date de saisie : 22/03/2006

Genre : Théâtre

Editeur : Ed. théâtrales, Montreuil-sous-Bois, France

Collection : Passages francophones

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-84260-214-7

GENCOD : 9782842602147

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Mélina habite une maison isolée avec son fils, elle a fait du jardin son royaume. Un jardinier plutôt silencieux est son amant. Cette pièce est l'histoire d'une vie qui se fane, d'un jardin gagné par les mauvaises herbes et de sa jardinière Mélina qui voudrait contrôler le soleil et le temps. Mais la maladie la ronge et fait inexorablement son chemin en elle. Son dernier été, elle aimerait le passer avec son fils Philémon, mais elle ne sait pas comment lui dire qu'elle meurt. Philémon, lui, a découvert l'amour et veut annoncer à sa mère si aimante et si étouffante qu'il quitte la maison et le jardin pour s'en aller en ville, dormir près d'une autre femme, vivre sa vie à lui. Quand, enfin, Mélina s'ouvrira à son fils et lui avouera sa maladie, parviendra-t-elle encore à le retenir ? Une pièce émouvante qui raconte l'amour trop fort d'une mère pour son fils.


Marc-Antoine Cyr est né à Montréal en 1977. En 2000, il sort diplômé du programme écriture dramatique de l'École nationale de théâtre du Canada. Il est l'auteur d'une dizaine de textes dramatiques. Il a écrit Le désert avance en 2003, lors d'une résidence d'écriture à la Maison des auteurs des Francophonies en Limousin.





  • Les premières lignes

Présentation de Reynald Robinson :

Un jour il y a le soleil, un jour il y a la pluie. Que de la lumière et que de l'eau pour que de la terre bien grasse, tenant fermement au creux de la main, germe soudainement une fleur. Ces jours-là, le réconfort habite nos corps. Il n'y a que de la joie dans nos cris.

Marc-Antoine Cyr a, un jour, enraciné Mélina au milieu d'une terre bien riche. Il lui a donné un amoureux, un gentil jardinier, pour en prendre soin. II lui a donné un fils, doux et tendre, qui ne peut que l'aimer. Il en a fait une fleur comblée. Marc-Antoine Cyr est un auteur généreux. Dans Le désert avance, comme dans ses autres textes - pour ne nommer que Les Oiseaux du mercredi, Je voudrais (pas) crever-, il donne d'abord de la vie, et en abondance, à ses personnages. Ce sont des êtres nés en terre bien grasse. Toujours ce sont des êtres talentueux, toujours ce sont des êtres débordants d'humanité, beaux de corps, aux caractères solides, qui manient la parole avec dextérité et vivacité. Dès les premières pages, encore et toujours, en le lisant, on se dit : «Voilà un texte heureux, écrit de la main d'un auteur heureux.» Un autre jour, il y a le soleil. Le soleil et rien que le soleil brûlant. Jour après jour, la pluie tarde. Jour après jour, elle ne vient pas. La fleur se courbe, se fane. Jour après jour, la terre s'assèche, se défait, ne s'agglutine plus. Un autre jour, elle va jusqu'à nous filer entre les doigts.

Marc-Antoine est aussi un auteur cruel. Très cruel. Et rusé de surcroît. Dans tous ses textes, après avoir créé le bonheur, il fait ensuite se tarir la source qui crée l'abondance. II laisse toujours l'implacable s'avancer discrètement vers ses personnages, au rythme du désert qui avance lentement, petit grain de sable après petit grain de sable, dune après dune. Il fait place à l'inéluctable. Il le laisse s'infiltrer lentement, presque tendrement, au coeur du confortable bonheur où il a installé ses personnages. Veut-il les piéger ? Pour mieux les détruire ? Veut-il nous montrer leur face cachée, nous faire voir le côté sombre de leur âme ? Dans Le désert avance, il fait lentement mourir Mélina ; cette femme, cette mère qui ne veut qu'aimer et être aimée. Pourquoi écrit-il avec tant de tendresse la perte de l'abondance, de la joie, du plaisir, de la sensualité et même de l'amour ?

Pour avoir lu tous ses autres textes, je sais que Marc-Antoine Cyr a ce magnifique talent d'obliger ses protagonistes non pas à avouer leurs peurs ou leur désarroi, non pas à dénoncer quelque sombre vérité enfouie au fond de leur âme, non ! Marc-Antoine Cyr oblige ses protagonistes à redonner, comme un héritage, à leur descendance, à leurs survivants, aux autres, à nous le public, «un peu de leur vie».

Et ce «peu de leur vie», cette petite goutte de pluie, est toujours le meilleur de ce qu'ils ont reçu. Des autres comme de la vie.

Marc-Antoine Cyr croit qu'un jour il faut recevoir, et qu'un autre jour il faut donner. II croit que de donner un peu de soi-même nous mène lentement à la mort, oui, mais nous mène surtout à mourir en paix. Tout simplement.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli