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Citoyenne 13.660

Couverture du livre Citoyenne 13.660

Auteur : Mine Okubo

Traducteur : Thierry Groensteen

Date de saisie : 22/03/2006

Genre : Bandes dessinées

Editeur : Ed. de l'An 2, Angoulême, France

Collection : Roman visuel

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 978-2-84856-063-2

GENCOD : 9782848560632

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Miné Okubo, alors jeune professeur de dessin, fut, avec son frère, l'une des 110 000 personnes d'origine japonaise à avoir dû vivre dans des camps de regroupement, montés à la hâte sur le sol américain après l'attaque sur Pearl Harbor. La plupart de ces «ennemis de l'intérieur» avaient pourtant la nationalité américaine.

Publié en 1946, le journal de cette expérience, accompagné de 207 dessins, a été maintes fois réédité aux États-Unis. Le voici enfin traduit en français. Il s'agit d'un document poignant et d'un témoignage historique remarquable.

Rien de ce qui fait la vie du camp n'échappe au reportage de la dessinatrice problèmes de promiscuité, d'hygiène, d'alimentation, isolement, suspicion, climat désertique éprouvant. Elle décrit les ressources déployées par cette communauté de circonstance pour perpétuer ses coutumes (fêtes, cours de langue, combats de sumos) et faire face à l'adversité. Présente dans chacun de ses dessins, elle est tour à tour actrice et observatrice des scènes rendues avec une grande précision.

D'autres artistes (Chiura Obata et Yoshiko Uchida, notamment) ont témoigné de cette expérience à travers leurs peintures et dessins. Mais seule Miné Okubo en a livré un récit circonstancié et illustré.





  • Les premières lignes

Extrait de la préface à l'édition américaine de Miné Okubo :

Quarante-et-un ans ont passé depuis Pearl Harbor, l'entrée en guerre des Etats-Unis, et l'évacuation puis l'internement de plus de no 000 personnes d'origine japonaise - dont près des deux tiers détenaient la citoyenneté américaine. La plupart des Isei de la première génération et des Nisei de la deuxième génération ne sont plus. Les dix camps de regroupement ont tous disparu dans les déserts lointains et les montagnes où ils avaient été construits en hâte. Les seules traces qui subsistent sont des blocs de béton, des bouts de canalisations, des restes de fil barbelé et, dans certains camps, les vestiges des cimetières où furent enterrés les évacués morts en détention. Des monuments commémoratifs en pierre ont été érigés à Manzanar, à Tule Lake et dans d'autres camps. Le 19 février, le jour où le Décret administratif 9066 a été promulgué, est devenu un jour du Souvenir pour les Japonais états-uniens. Les familles et certaines organisations effectuent un pèlerinage annuel pour que la mémoire de l'expérience des camps survive chez les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants des internés. Le dernier camp avait été fermé au printemps 1945, peu avant la fin de la guerre.

L'immigration chinoise et japonaise vers les Etats-Unis s'était principalement concentrée sur la côte ouest, une majorité d'immigrants s'étant établis en Californie. Leur histoire a été gâchée par les préjugés, la haine et les appréhensions économiques. La Loi d'exclusion de 1924 avait interdit toute nouvelle immigration de personnes d'ascendance japonaise et celles déjà installées se virent interdire l'accès à la citoyenneté américaine ainsi que le droit à la propriété. Dans la plus grande partie du pays, on savait peu de choses sur la communauté japonaise vivant aux Etats-Unis.

Après l'attaque sur Pearl Harbor, l'hystérie du «péril jaune» connut une recrudescence. La propagande anti-japonaise se répandit rapidement à travers le pays. Le président Franklin D. Roosevelt signa le Décret administratif 9066, qui ordonnait l'évacuation de masse de la côte ouest et l'internement de toutes les personnes d'origine japonaise. L'armée des Etats-Unis prit l'affaire en mains. En trois semaines, des stades, des champs de foire et des parcs furent transformés en centres de rassemblement. En trois mois, 110 000 personnes durent quitter leur foyer. On les répartit ensuite entre dix camps permanents : l'Arizona en comptait deux, l'Arkansas deux, la Californie deux, le Colorado, l'Idaho, l'Utah et le Wyoming un chacun. L'un des camps, celui de Tule Lake en Californie, fut réservé aux personnes supposées «déloyales». Les camps dépendant du Département de la Justice accueillirent en outre trois mille Japonais non naturalisés considérés comme potentiellement dangereux par le FBI.


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