Auteur : Caroline Moorehead
Traducteur : Marie-France Girod
Date de saisie : 21/03/2006
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Latitudes
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-226-17321-8
GENCOD : 9782226173218
Depuis la Seconde Guerre mondiale, plus de 25 millions de personnes ont été chassées de leur pays par les conflits, les persécutions, les pressions politiques ou religieuses. Elles forment aujourd'hui l'un des groupes les plus vulnérables et négligés de la planète.
Caroline Moorehead a sillonné le monde à la rencontre des réfugiés. Ils sont installés dans des camps, croupissent en prison ou errent dans les grandes villes où ils cherchent protection et réconfort, ne rencontrant souvent que brimades et sanctions. Elle explique pourquoi le problème de cette population "coincée" dans le néant - incapable de travailler, d'offrir une éducation à ses enfants ou de contribuer à une société humaine - est l'un des problèmes capitaux de notre époque au même titre que le terrorisme ou la faim dans le monde, et qu'ils sont parfois liés.
Dans ce livre bouleversant, regorgeant d'informations mais toujours empreint d'humanité et d'émotion, l'auteur nous entraîne à la rencontre d'hommes, de femmes et d'enfants qui changent à jamais notre perception de l'immigration et des sans-papiers.
Ecrivain réputé en Grande-Bretagne, journaliste spécialisée dans le domaine des droits de l'homme, Caroline Moorehead collabore régulièrement au Times et à l'Independent. Quand elle ne lève pas des fonds pour des projets éducatifs, elle travaille parmi les réfugiés africains du Caire.
Commander ce livre sur Fnac.com
Un jour, dans un pays d'Afrique, un homme fut arrêté, accusé d'appartenir à un parti d'opposition interdit. On le mit en prison et on le tortura. Sa cellule était éclairée par une minuscule fenêtre. En se plaçant contre le mur du fond, il parvenait à apercevoir un champ au-dehors. De temps en temps, des vaches y venaient paître. Au fil des jours, il apprit à les reconnaître, d'après leur couleur et leur forme. L'une d'elles, en particulier lui plaisait bien, et il lui donna un nom. Dès lors, à chaque fois qu'elle passait devant sa fenêtre, il lui adressait la parole. Il lui parlait de sa femme et de ses enfants qui avaient disparu, de sa maison, de ses parents, du village où il avait grandi.
Vint le moment où on le libéra. Il quitta son pays et emmena la vache dans son exil. Dans son nouveau pays, on lui proposa de rencontrer un médecin pour parler de ce qu'il avait vécu. Le premier jour, il arriva en traînant sa vache au bout d'une longe et quand on l'introduisit dans le cabinet du médecin, il veilla à ce qu'elle pût le suivre. Par la suite, chaque semaine, l'homme et sa vache se rendirent ensemble aux séances.
Plusieurs mois s'écoulèrent. Un jour, le médecin lui suggéra que le moment était venu de dire au-revoir à sa vache. Il répondit que c'était trop tôt. Les semaines passèrent, puis un matin, enfin, l'homme admit qu'il devait s'en séparer. Ce jour-là, une grande tristesse le saisit. Il arriva avec elle, comme d'habitude, et lui expliqua en pleurant qu'il était temps pour elle de rentrer au pays. Et l'adieu à sa vache fit couler des yeux de cet homme plus de larmes qu'il n'en avait versées en plusieurs années.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli