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Le très corruptible mandarin

Couverture du livre Le très corruptible mandarin

Auteur : Qiu Xiaolong

Traducteur : Françoise Bouillot

Date de saisie : 26/08/2006

Genre : Policiers

Editeur : L. Levi, Paris, France

Collection : A corps et à crime

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-86746-410-2

GENCOD : 9782867464102

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Passe-droits. Combines. Faveurs «spéciales». Voilà les trois mots-clés du dernier fléau de la Chine post-communiste - la corruption. Et lorsque celle-ci touche les nouveaux «mandarins», il est quasi impossible de s'y opposer : les autorités se contentent «d'écraser les moustiques sans se soucier des tigres», car l'intérêt supérieur du Parti prime. Mais le camarade inspecteur Chen ne l'entend pas ainsi. Pour les besoins de l'enquête, il n'hésite pas à remonter les filières des affairistes rouges, même lorsque celles-ci passent par le pays de l'Oncle Sam.

Qiu Xiaolong est né à Shanghai. Lors de la Révolution culturelle, son père est la cible des révolutionnaires et lui-même est interdit d'école. Il réussit néanmoins à soutenir une thèse sur T.S. Eliot et poursuit ses recherches aux États-Unis. Les événements de Tien'an men le décideront à y rester. Il choisit alors d'écrire en langue anglaise et publie successivement Mort d'une héroïne rouge, Visa pour Shanghai et Encres de Chine. Ses romans sont aujourd'hui traduits dans une douzaine de pays.





  • La revue de presse Gérard Meudal - Le Monde du 26 mai 2006

L'histoire se passe à Pékin, en pleine révolution culturelle. Un journaliste chargé de rechercher des auteurs prolétariens illustrant la doctrine du président Mao sur l'art et la littérature au service de la politique vient interroger des ouvriers d'une aciérie. Un jeune apprenti, Bao, tout en grignotant des graines de pastèque, lui répond : "Qu'est-ce que je pourrais bien raconter ? Rien de ce que dit un ouvrier sans éducation ne peut vous intéresser. (...) Regardez- moi ça : une si petite graine ne peut donner qu'une minuscule pastèque et il n'y a rien à y faire." Enthousiaste, le journaliste tourne cela en quatre vers à la gloire de la lutte des classes...

Quarante ans plus tard, président de l'Union des écrivains, il accompagne aux Etats-Unis une délégation d'écrivains chinois, dont le Parti a confié la direction à Chen Cao, inspecteur de police et jeune poète prometteur. Mais l'inspecteur Chen a de bonnes raisons de se demander s'il s'agit là d'une reconnaissance de son talent littéraire ou d'une manoeuvre destinée à l'écarter de l'enquête qu'on venait de lui confier sur le principal fléau de la Chine postcommuniste : la corruption... les romans de Qiu Xialong sont généralement centrés sur le même thème, les relations entre les deux grandes puissances rivales, la Chine et les Etats-Unis, et peuvent apparaître à ce titre comme les dignes successeurs des grands romans d'espionnage du temps de la guerre froide.


  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, avril 2006

Le camarade Chen, inspecteur de police et poète renommé, poursuit ses enquêtes dans un pays qui ne vit plus vraiment dans le strict respect du Parti. La Chine post-communiste rêve de bénéfices, lorgne du côté des Etats-Unis et fait de la corruption sa marque de fabrique. Chen va en faire l'expérience en découvrant un de ses collègues assassiné dans une maison close, entre les bras d'une prostituée... Qiu Xialong poursuit son étude sur les dérives d'une Chine qu'il a quittée depuis quelques années pour vivre aux Etats-Unis. Son quatrième roman conserve un sens de l'humour et du détail piquant qui est devenu sa marque de fabrique. A travers une subtile intrigue de polar, il nous offre un cours de géopolitique partial et hilarant...


  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, avril 2006

Le camarade Chen, inspecteur de police et poète renommé, poursuit ses enquêtes dans un pays qui ne vit plus vraiment dans le strict respect du Parti. La Chine post-communiste rêve de bénéfices, lorgne du côté des Etats-Unis et fait de la corruption sa marque de fabrique. Chen va en faire l'expérience en découvrant un de ses collègues assassiné dans une maison close, entre les bras d'une prostituée... Qiu Xialong poursuit son étude sur les dérives d'une Chine qu'il a quittée depuis quelques années pour vivre aux Etats-Unis. Son quatrième roman conserve un sens de l'humour et du détail piquant qui est devenu sa marque de fabrique. A travers une subtile intrigue de polar...



  • Les premières lignes

II était une heure quinze, en cette nuit de mai, quand l'appel anonyme parvint au bureau de police du Fujian.

- Venez tout de suite à L'Or enivrant, chambre 135. Vous aurez de quoi faire la une de LÉtoile du Fujian.

Le sergent Lou Xiangdong, qui avait pris l'appel, connaissait ce supposé club de karaoké. Celui-ci servait de couverture à des services d'un tout autre genre, gracieusement offerts aux dirigeants et hommes d'affaires. Quant à L'Étoile du Fujian, c'était un tabloïd local fondé dans les années 90. Le message était clair : il se passait quelque chose de scandaleux.

Lou, qui avait intégré l'équipe de nuit à cause du salaire, était ensommeillé et grognon. Célibataire approchant des trente-cinq ans, il venait de rencontrer une ravissante jeune fille avec laquelle il devait le lendemain matin prendre des dim sum - aventure qui lui coûterait sans doute une semaine de salaire. Petites brioches aux crevettes et boulettes de crabe à la vapeur dans des paniers de bambou, rire frais au-dessus d'une tasse de thé Puits du Dragon, doigts blancs pelant pour lui la feuille de lotus qui entourait le riz gluant au poulet s'inscrivaient à son programme...

Ces appels anonymes étaient parfois de fausses alertes. Avec la corruption qui se répandait comme la peste à travers le pays, et l'écart grandissant entre riches et pauvres, les gens avaient sans doute besoin de soulager leurs frustrations. Et lorsque les flics débarquaient dans ces lieux de plaisir, ils trouvaient en général un commerce des plus respectables, peuplé de filles censées se contenter de chanter pour les clients esseulés, boutonnées jusqu'au cou selon les codes puritains de l'époque Mao. Mais chacun savait ce qu'elles faisaient réellement, déboutonnées jusqu'aux pieds, derrière les portes des salons privés.

Ces infâmes établissements avaient la réputation d'être en cheville avec des cadres de haut niveau du conseil municipal, qui bénéficiaient d'informations réservées. C'était sans doute pourquoi les descentes de police se soldaient toujours par des échecs : autant vouloir puiser de l'eau avec un seau en bambou.


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