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Par-delà les solitudes du bush australien

Couverture du livre Par-delà les solitudes du bush australien

Auteur : Sylvie Roosen

Date de saisie : 21/03/2006

Genre : Histoire, Géographie

Editeur : Ed. du CTHS, Paris, France

Collection : CTHS-Géographie, n° 2

Prix : 37.00 € / 242.70 F

ISBN : 978-2-7355-0576-0

GENCOD : 9782735505760

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Cet ouvrage approfondit nos connaissances géographiques sur un territoire austral méconnu : le bush du nord-est australien.

Même si ces grands espaces font figure de liberté, de fraternité sociale et fascinent encore les voyageurs, cette région est pour la majorité des Australiens un symbole d'isolement, de solitude et de marginalité, loin de la société urbaine d'aujourd'hui.

Alors que le caractère pluriethnique de la société australienne est largement mis en avant dans les images diffusées hors du pays, le caractère biculturel de la brousse est souvent oublié. Et l'opinion publique a tendance à imaginer que la brousse australienne est soit aborigène, soit non-aborigène.

Or l'auteur montre ici comment l'histoire de cette région singulière aboutit à la superposition actuelle d'un bush aborigène, d'un bush pastoral et d'un bush minier. Au cours des XIXe et XXe siècles, la succession des fronts pionniers organise l'espace contemporain du bush, en excluant progressivement les Aborigènes. Mais, depuis vingt ans, l'évolution favorable du statut des Aborigènes dans la société australienne a modifié de nouveau l'organisation géographique de cet espace en remodelant le bush aborigène (fermeture des missions et des réserves, création des communautés aborigènes ou encore revendication de titres de propriété ancestraux).

La démarche de géographie historique et culturelle permet de comprendre pourquoi et comment ces mythes fondateurs de l'espace colonial comme ceux de la terra nullius et de la poétisation de la Nature s'essoufflent aujourd'hui, dans une Australie qui connaît un «élan identitaire aborigène».

La traduction inédite de passages de journaux d'explorateurs (Matthew Flinders, John Stokes ou Ludwig Leichhardt), les recherches menées aux archives coloniales de l'État du Queensland, le travail de cartographie et les enquêtes de terrain permettent de décrypter les mécanismes de la constitution d'un espace colonial depuis les fantasmes géographiques des premiers voyageurs européens jusqu'aux recompositions identitaires et territoriales actuelles.


Sylvie Roosen, docteur en géographie historique et culturelle de l'université Paris IV-Sorbonne, est spécialiste de l'Australie.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

D'un point de vue administratif, l'arrière-pays du golfe de Carpentarie recouvre la région Nord-Ouest de l'État du Queensland, mais j'ai aussi inclus dans cette définition le comté de Croydon même s'il appartient à la région administrative de l'Extrême Nord : sa proximité géographique et ses liens historiques avec le comté de Carpentaria le rapprochent plutôt de la région Nord-Ouest. A l'inverse, bien que située au nord du comté de Carpentaria, la communauté aborigène de Kowanyama n'entre pas dans la définition géographique de la région étudiée, basée sur une construction identitaire et territoriale commune. Autrefois appelée Mitchell river, cette ancienne mission appartient à l'ensemble géographique de la péninsule du cap York. La région du golfe de Carpentarie est éloignée du littoral oriental de l'Australie et de ses centres décisionnels: mille kilomètres séparent Mount Isa ou Karumba des villes régionales de Townsville et de Cairns, et plus de deux mille kilomètres séparent Normanton de Brisbane, capitale de l'État du Queensland. A l'écart de ces pôles économiques, la région Nord-Ouest a tendance à souffrir d'isolement, d'autant plus que ses relations avec l'extérieur sont faibles. Mais l'ensemble des moyens de circulation (réseau routier partiellement goudronné, voie ferrée, liaisons maritimes) lui permettent de ne plus souffrir d'enclavement, malgré une situation périphérique à l'intérieur de l'État. Toutefois les localités et les stations d'élevage les plus occidentales subissent un réel phénomène d'enclavement parce qu'elles sont aujourd'hui situées à l'écart des routes principales et parce qu'elles sont éloignées du coeur même de l'activité régionale. Et leur enclavement s'aggrave lorsque la région est inondée pendant la saison des pluies.

L'économie régionale est largement dominée par deux activités de type primaire: l'élevage bovin très extensif et l'extraction minière4. Si l'élevage est diffus, les activités minières se concentrent près de Mount Isa et de Cloncurry et autour du parc naturel de Lawn Hill. La zone portuaire de Karumba se développe lentement grâce à l'implantation d'activités aquacoles et grâce à l'exportation des productions régionales (animaux d'embouche, crevettes et poissons et minerai de zinc). Petits centres de services, les différentes localités ont une solide fonction administrative qui s'adresse à la population éparse des éleveurs, et l'on y trouve aussi les branches locales des organismes sociaux destinés aux Aborigènes.


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