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La tragédie du Président : scènes de la vie politique 1986-2006

Couverture du livre La tragédie du Président : scènes de la vie politique 1986-2006

Auteur : Franz-Olivier Giesbert

Date de saisie : 07/04/2006

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Flammarion, Paris, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-08-068948-1

GENCOD : 9782080689481

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  • La présentation de l'éditeur

En1987, Franz-Olivier Giesbert publiait une biographie de Jacques Chirac, éclairage documenté et percutant sur le plus imprévisible des hommes politiques français. Depuis cette date, Giesbert n'a cessé d'enquêter, d'observer, de prendre des notes sur la conquête du pouvoir par Chirac et sur ses deux mandats. Il livre ici le récit complet de vingt années d'une vie au coeur de la politique française, dont douze à la présidence. Il a rencontré le président à de nombreuses reprises, ainsi que ses amis et ennemis, ses proches et ses commentateurs. Il livre un portrait cinglant et vivant, souvent drôle, riche en anecdotes et en révélations, qui éclaire ce parcours hors normes. Comment Chirac, l'homme des retournements, des paradoxes, des chutes et des rebonds, en est-il arrivé là ? A travers le trajet de l'homme, l'analyse de ses multiples facettes, toute la vie politique française défile, en une mise en scène sans complaisance, divertissante et sans pitié. La comédie du pouvoir, ses zones d'ombre, ses combines raffinées ou minables... Tout est passé au crible. Au final, cette peinture d'un homme qui a su se maintenir au faîte du pouvoir ne serait-elle pas l'histoire d'un formidable fiasco politique ?


Écrivain, journaliste, Franz-Olivier Giesbert a été directeur de la rédaction du Nouvel Observateur puis du Figaro. Il dirige actuellement le magazine Le Point et anime l'émission Culture et dépendances sur France 3. Il est l'auteur de plusieurs romans, dont L'Américain (Gallimard, 2004), et de biographies de Jacques Chirac et François Mitterrand.





  • La revue de presseEric Conan - L'Express du 6 avril 2006

Le livre que Franz-Olivier Giesbert consacre à la «tragédie» chiraquienne doit son succès à la curiosité des Français pour l'énigme de cet étrange président embarrassé de son pouvoir et dont le destin politique se termine avant d'avoir commencé. Le directeur du Point ne les déçoit pas. Bourré d'anecdotes et de révélations ébouriffantes, La Tragédie du président nous entraîne dans les coulisses du pouvoir avec un talent peu égalé, mais qui finit par ajouter le malaise au plaisir... il a longtemps caché à ses lecteurs ces vérités qu'il lâche maintenant que Jacques Chirac n'est plus qu'une bête à terre, inoffensif et ne pouvant répliquer à ces dialogues savoureux dont on ne sait ce qu'ils doivent à la mémoire du journaliste ou à ses talents littéraires...



  • Les premières lignes

On ne se méfie jamais assez des journalistes. Pour n'avoir pas à courir derrière une mémoire qui n'a jamais cessé de me fuir, je prends des notes. C'est ainsi que, depuis plus de quinze ans, j'ai consigné sur des cahiers à spirale la plupart de mes conversations avec Jacques Chirac.

En 1987, un an avant son deuxième échec à l'élection présidentielle, j'avais publié une longue biographie de cet homme qui, de loin, paraît si court. Je n'étais pas sûr, pourtant, de l'avoir percé. Après sa défaite face à François Mitterrand, j'ai continué à travailler sur lui, convaincu que j'étais qu'il accéderait un jour à l'Élysée.

Alors que son règne arrive à son couchant, il m'a semblé qu'il était temps de vider mes carnets. Je ne les avais pas écrits pour qu'ils restent à rancir au fond d'un tiroir mais parce que le métier qui mène mes pas consiste à faire la lumière sur tout. Telle est sa grandeur et sa misère. Si l'on veut garder sa part d'ombre, il ne faut pas fréquenter les journalistes.

Ceci n'est donc pas une biographie au sens propre mais plutôt l'histoire d'une tragédie personnelle, devenue, sur la fin, une tragédie nationale. Après avoir conduit sa vie au son des trompettes, Jacques Chirac s'est transformé, l'âge venu, en incarnation du déclin français et de l'impuissance des pouvoirs publics.

C'est cette histoire que j'ai voulu raconter. Une histoire bien française, sur fond de rodomontades et de renoncements. Jacques Chirac avait pourtant tout pour lui. La compétence. L'esprit de décision. Un vrai charisme aussi. Si son chemin a souvent croisé celui des Français, c'est parce qu'il ne se la joue pas et aime les gens, surtout quand ils sont de peu, ou de rien. Une anecdote le résume mieux que tout. Quand il sortit de l'École nationale d'administration, l'huissier ne se contenta pas de donner le nom du premier, comme le voulait l'usage, mais clama de sa voix de stentor : «Monsieur Rouvillois est major. Monsieur Chirac, seizième.»

Tout Chirac est là : l'huissier était devenu son copain. De même, lorsqu'il se sépara de Jean-Pierre Raffarin, ce Premier ministre qu'il usa jusqu'à l'os, son premier geste, avant toute chose, fut de l'emmener dans le bureau mitoyen du sien «embrasser les secrétaires». C'est là, avec Bernadette, qu'ils se firent leurs adieux.


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