Auteur : Christiane Schapira
Date de saisie : 24/03/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Ed. de l'Amandier, Paris, France
Prix : 14.00 € / 91.83 F
ISBN : 978-2-915695-49-6
GENCOD : 9782915695496
Ballottée entre deux désirs, celui de la mère et de son clan familial qui, à travers l'enfant, veut retrouver et faire revivre la soeur morte, modèle pour eux sans équivoque, et celui du père qui l'investit non seulement de ses rêves fantasmés mais aussi de sa croyance dans les cartes, Annelyne vit dans la terreur des personnages auxquels on veut l'identifier. Aucune fuite n'est donc possible pour elle dans sa double prison ? Elle trouvera peu à peu sa voie dans le chemin que je lui ouvre. Ce sera d'abord dans l'amour qui la laissera défaite puis dans le désir de s'approprier enfin son propre devenir qu'elle seule peut construire.
Christiane Schapira
«Nous sommes dans ce roman (...) sur les terres périlleuses de l'inconscient d'une jeune femme enfermée par une mère non seulement dans son lit, comme l'indique le titre, mais dans l'image d'une autre femme, morte. De cette tyrannie, la narratrice tentera de s'affranchir pour affirmer son identité (...) Le Lit de ma mère est en ce sens un roman d'éducation (...) À cette recherche inlassable et têtue de la narratrice pour se conquérir et s'assumer s'ajoute la geste d'un roman familial marquée tout naturellement par un secret, secret qui trouble mais peut-être rassemble aussi (...)
Halluciné parfois, teinté de lumières ténébreuses souvent, mais toujours parcouru par une vraie jouissance stylistique, Le Lit de ma mère de Christiane Schapira atteint le coeur du lecteur, l'empoigne et ne le lâche plus dans la symphonie de ses cadences et de ses progressions, dans sa musique d'une littérature singulièrement personnelle.»
Présentation de Joël Schmidt :
Christiane Schapira est un écrivain. Nul ne pourra le contester après avoir lu Le Lit de ma mère dont la composition comme le style, l'intrigue et son déroulement ne relèvent pas de l'improvisation au fil de la ligne, mais d'un imaginaire pensé et soupesé, où le suggéré, essentiel dans un roman, précède le dit et l'écrit, ou mieux se suffit à lui-même. Chaque mot, chaque phrase, chaque page, chaque chapitre sont travaillés, on le sent bien, dans la pâte des mots et dans le phrasé d'une syntaxe auquel le lyrisme intérieur donne tout son poids d'«inquiétante étrangeté». Nous sommes en effet, dans ce roman, dont il n'est pas question que je le déflore par un résumé, sur les terres périlleuses de l'inconscient d'une jeune femme enfermée par une mère non seulement dans son lit, comme l'indique le titre, mais dans l'image d'une autre femme, morte.
De cette tyrannie, la narratrice tentera de s'affranchir pour armer son identité, non seulement en troublant le rituel de la ressemblance à cette disparue à laquelle on vent la contraindre et en finissant par assumer une destinée de rebelle, mais encore en évaluant, grâce à une autre jeune femme, les naissances du désir et du plaisir dont son corps lui révèle les surprises sans qu'elle sache encore les dominer. Le Lit de ma mère est en ce sens un roman d'éducation où règne le poids du matriarcat propre à toute la civilisation méditerranéenne (le roman se passe à Nice aux alentours de mai 68), mais aussi d'une éducation très singulière, celle d'une sensualité en gésine dont la narratrice dessine peu à peu les contours charnels avec une audace qui ne saurait être assimilée à de la crudité. Cette audace dépasse souvent le plus osé des romans érotiques par une recherche d'une cadence et d'un choix des mots au plus juste de la volupté prise à sa naissance, dans ses recoins les plus cachés et les moins attendus, souvent rêvée, à peine éclose, et pourtant déjà brûlante. C'est là, sans barguigner, du très grand art.
À cette recherche inlassable et têtue de la narratrice pour se conquérir et s'assumer s'ajoute la geste d'un roman familial marquée tout naturellement par un secret, secret qui trouble mais peut-être rassemble aussi. Ainsi qu'un roman de moeurs qui signe l'époque où il se déroule et dont la narratrice, femme enfin, est la victime institutionnalisée, la mère refusée en quelque sorte par une société encore archaïque.
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