Auteur : Michael Palmer
Date de saisie : 28/03/2006
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Ed. de l'Amandier, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-915695-38-0
GENCOD : 9782915695380
Franco-Britannique, je vous parle ici des Etats-Unis ; la communication outre-Atlantique demeura longtemps marquée par le flux des messages où la toute jeune république des Etats-Unis dépendait de ce qui se passait à Paris et à Londres.
Dès la fin du 19è siècle, peu à peu, c'est la France et l'Angleterre qui se mettent à regarder New York, Washington, Hollywood et ses western et autres "Citizen Kane" avec, sinon les yeux de Chimène, du moins ce mélange d'amour-agacement devant une démocratie qui devient melting-pot, puissance mondiale et, à terme, puissance dominante.
Cette République porte "la comm" dans ses tripes...
L'actualité mondiale est suivie ici à travers les prismes d'un Occidental, qui s'interroge sur les transnationalesde l'information-communication sises aux Etats-Unis et en Europe (agences de presse, Reuters, AFP, AP ; chaînes de télévisions - BBC, CNN...) ; on revisite les discours en interne des professionnels de l'info, à propos des thèmes et événements tels que le terrorisme, le le "11/9/2001", les guerres d'Irak, les élections présidentielles états-uniennes (2000-2004), l'ouragan Katrina (2005)...
Scruter la manière d'agir des médias, c'est aussi s'interroger sur la langue et les langages - l'anglais, le français, l'américain... et les jargons techniques des professionnels, tout comme le discours des lecteurs, des téléspectateurs, des usagers et autres internautes.
Quelque part, le spectateur est aussi acteur, lui-même protagoniste de l'Actualité, ici et maintenant...
Michael Palmer
Marché-médias le plus important du monde, les États-Unis nourrissent les pratiques informationnelles les plus intenses de la planète. Puissance géopolitique et financière première, ils captent les regards médiatiques de par le monde...
Dès le XVIII° siècle, un triangle de la communication Royaume-Uni, France, USA se dessine. Au X° siècle, les États-Unis dominent ce triangle depuis 1990, ils voudraient régner sur la "communication-monde". La langue anglaise revue à l'américaine serait la langue universelle des «communiquants». 2003 : la crise à propos de l'Irak, oppose les États-Unis et le Royaume-Uni à la France. Mars 2003 : le restaurant du Congrès, le Parlement des États-Unis, rebaptise les «pommes frites» qui de «french fries» deviennent des «freedom fries». A la Une, les médias savourent...
Média-démocratie et hyper-puissance se conjuguent. Les transnationales de l'Info s'en font les relais. Depuis 170 ans, les grandes agences veillent : urgence, concurrence et commerce s'enchevêtrent. Le 11 septembre 2001 marque un tournant pour les médias du monde : «terrorisme et médias» devient un nouveau leitmotiv. Le journaliste fait corps avec le citoyen, l'individu, la communauté, et cherche à dire... en produisant l'impact. Les médias en forgerons de consensus face à une communication critique à l'Université et dans la société civile tantôt s'ignorent, tantôt s'enflamment.
Extrait de la préface :
Pour nous, face aux discours-média, français, anglais et américain, «le jeu à trois» ouvre un éventail plus grand que le jeu à deux. Jeu, du reste, où les aller-retour dans le discours-média entre l'anglais-anglais et l'anglais-américain ne sont pas moins complexes que la tension entre le français, le franglais et l'américain; toutes trois des langues vivantes, en mutation continue, mais que l'on cherche pourtant à normer d'une manière ou d'une autre, l'anglais, l'américain et le français des médias véhiculent à la fois un langage qui se veut aisément intelligible et une langue commune, lin gua franca, dont le contenu, autant que l'expression, ne trouble point trop le «mainstream», le courant de l'admissible par un (grand) public à un espace-temps donné, ou de ce qui est tenu pour tel... Les travaux de l'un des tout premiers «language mavens» - commentateurs de l'évolution des pratiques langagières de la presse des Etats-Unis - H. L. Mencken, attestent à la fois de la lutte de l'américain des médias pour s'émanciper de la manière d'écrire et de prononcer "à l'anglaise", des adjuvants des pratiques discursives populaires que sont les médias eux-mêmes (la presse jaune, le vaudeville, la publicité, la radio, etc.), de la primauté - entre Américains - du discours «matter of fact» (appeler un chat un chat) - et de la force de l'anglais-anglais qui, bâtard, doit tant au latin, au français et aux langues germaniques.
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