Auteur : Jhumpa Lahiri
Traducteur : Bernard Cohen
Date de saisie : 10/03/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : R. Laffont, Paris, France
Collection : Pavillons
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-221-10064-6
GENCOD : 9782221100646
À travers l'histoire d'un jeune Américain d'origine indienne rejetant le prénom bengali qu'on lui a donné, Jumpa Lahiri offre une évocation sensible du déracinement et des conflits intimes liés à la double culture.
À la naissance de leur fils, Ashoke et Ashima attendent une lettre de la grand-mère qui doit, c'est la coutume en Inde, choisir son prénom. Mais la lettre n'arrive pas à Cambridge (Massachussets). Ashoke est contraint d'improviser et choisit d'appeler son fils Gogol (auteur qu'il lisait lors d'un accident meurtrier dont il sortit miraculeusement indemne). Grandissant comme un petit Américain, Gogol refusera longtemps qu'on l'appelle par le prénom bengali dont il a finalement été doté : Nikhil. Au risque de se couper de ses racines... L'histoire de sa réconciliation avec ce nom est aussi l'histoire de l'intégration d'une famille aux États-Unis.
Jhumpa Lahiri recueille avec une minutie pleine de tact le mal de vivre, la nostalgie ou l'espoir, les sentiments d'une famille de déracinés. La panique, secrète mais intense, d'Ashima, la mère, la première fois qu'elle entre dans un appartement américain ; les «minutes américaines» qu'elle consulte avec sa montre ; le désarroi de Gogol et de sa soeur arrivant dans leur famille, en Inde, avec laquelle ils ne partagent qu'un nom : autant d'émotions ou de moments concrets que Jhumpa Lahiri capte et interprète, se faisant témoin des souffrances, des déchirures qui habitent ses personnages.
Après L'Interprète des maladies, recueil de nouvelles récompensé par le prix Pulitzer en 2000 et traduit en vingt-neuf langues, ce premier roman, plébiscité par la presse anglo-saxonne, était attendu.
Jhumpa Lahiri est indienne. Elle est née à Londres en 1967 de parents bengalis et a grandi à Rhode Island, vivant, comme le héros de son roman, cet écart entre le pays d'où l'on n'est que de nom et celui où l'on n'est pas complètement soi. Elle est diplômée de la Boston University où elle a suivi des études de littérature anglaise et de littérature comparée, et vit aujourd'hui à New York avec son mari, gréco-guatemaltèque, et son fils.
Gogol. Gogol Ganguli. Drôle de nom pour un jeune Américain, né à Boston en 1968, en pleine époque du «Flower Power». Ses parents sont-ils des universitaires déjantés nourris de spiritualité orientale, et souhaitant donner à leur fils un nom détaché des contingences de l'Amérique de l'époque ?
Non. Car si le père de Gogol est bien universitaire, il était lui-même indien ; sa femme aussi. Ashoke et Ashima Ganguli, tous deux bengalis, sont arrivés aux États-Unis peu après le mariage arrangé par leurs familles. C'est à Boston qu'ils ont appris à se connaître, tandis qu'Ashoke poursuivait ses études et qu'Ashima tentait de s'habituer à la vie américaine, et à l'éloignement des siens, bien loin, à Calcutta.
Gogol est leur premier enfant. Au départ, il ne s'agissait que d'un prénom provisoire - hommage à l'auteur favori d'Ashoke -, en attendant que le prénom définitif, choisi par la grand-mère d'Ashima, arrive de par-delà les mers. Mais la lettre s'est perdue, la grand-mère est morte, et Gogol est resté Gogol. Jusqu'au jour de son entrée à la maternelle, quand ses parents décident de lui donner un faux prénom, Nikhil, uniquement destiné à l'extérieur. Mais Gogol veut rester Gogol, et exige que la maîtresse l'appelle ainsi. Ce n'est que bien plus tard, quand il sera étudiant en architecture, qu'il décidera de remplacer officiellement Gogol par Nikhil, qui suscite moins de questions. Mais on ne change pas si facilement les habitudes de vingt ans d'existence...
On connaissait Jhumpa Lahiri par son premier livre, L'Interprète des maladies, paru en 1999, couvert de lauriers (prix Pulitzer, PEN/Hemingway Award, New Yorker Debut of the Year Award), et immédiatement traduit en vingt-neuf langues ! La romancière, née à Londres en 1967, et élevée à Rhode Island, faisait ainsi une apparition en fanfare sur la scène littéraire. Un nom pour un autre (The Namesake, 2003) est son premier roman...
Un nom pour un autre est un beau roman d'éducation. Jhumpa Lahiri - dont on imagine que le parcours a été semblable à celui de son héros - parle de ce que c'est que d'être américain ET indien à la fois, de la difficulté à assimiler deux univers si différents, de la richesse intérieure qui, finalement, découle de leur alliance. Tout son livre est écrit au présent de l'indicatif, ce qui lui donne un ton comme détaché, factuel, mettant à distance tout pathos... Un nom pour un autre confirme un grand talent...
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