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Le système du Dr Goudron et du Pr Plume Et autres histoires extraordinaires

Couverture du livre Le système du Dr Goudron et du Pr Plume  Et autres histoires extraordinaires

Auteur : Edgar Allan Poe

Traducteur : Charles Baudelaire

Date de saisie : 09/03/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Librio, Paris, France

Collection : Librio. Littérature. Imaginaire, n° 754

Prix : 2.00 € / 13.12 F

ISBN : 978-2-290-35214-4

GENCOD : 9782290352144

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  • La présentation de l'éditeur

«Quand un fou paraît tout à fait raisonnable, il est grandement temps de lui mettre la camisole !»

L'établissement dirigé par Monsieur Maillard, pourtant réputé dans tout le pays pour son approche unique de la folie, a subitement changé de méthode.

Lorsqu'un gentleman de passage dans le sud de la France prend le risque de le visiter, nul ne sait à quoi il s'expose.

Notre visiteur peut vérifier l'efficacité du nouveau système thérapeutique mis au point par le docteur Goudron et le professeur Plume à tel point que, du malade ou du patient, qui peut alors savoir qui est qui ?

L'univers angoissant d'Edgar Poe se dévoile ici à travers sept nouvelles, tantôt grotesques, tantôt sérieuses, toujours aussi extraordinaires.

Écrivain américain, ses récits déploient un univers à la fois fantastique, morbide et lyrique. Poète d'exception, il est peut-être plus connu encore en France pour ses Histoires extraordinaires et Nouvelles histoires extraordinaires, recueils de nouvelles traduites par Charles Baudelaire.





  • Les premières lignes

«Pendant l'automne de 18..., comme je visitais les provinces de l'extrême sud de la France, ma route me conduisit à quelques milles d'une certaine maison de santé, ou hospice particulier de fous, dont j'avais beaucoup entendu parler à Paris par des médecins, mes amis. Comme je n'avais jamais visité un lieu de cette espèce, je jugeai l'occasion trop bonne pour la négliger, et je proposai à mon compagnon de voyage (un gentleman dont j'avais fait, par hasard, la connaissance quelques jours auparavant) de nous détourner de notre route, pendant une heure à peu près, et d'examiner l'établissement. Mais il s'y refusa, se disant d'abord très-pressé et objectant ensuite l'horreur qu'inspire généralement la vue d'un aliéné. II me pria cependant de ne pas sacrifier à un désir de courtoisie envers lui les satisfactions de ma curiosité, et me dit qu'il continuerait à chevaucher en avant, tout doucement, de sorte que je pusse le rattraper dans la journée, ou, à tout hasard, le jour suivant. Comme il me disait adieu, il me vint à l'esprit que j'éprouverais peut-être quelque difficulté à pénétrer dans le lieu en question, et je lui fis part de mes craintes à ce sujet. Il me répondit qu'en effet, à moins que je ne connusse personnellement M. Maillard, le directeur, ou que je ne possédasse quelque lettre d'introduction, il pourrait bien s'élever quelque difficulté, parce que les règlements de ces maisons particulières de fous étaient beaucoup plus sévères que ceux des hospices publics. Quant à lui, ajouta-t-il, il avait fait, quelques années auparavant, la connaissance de Maillard, et il pouvait me rendre du moins le service de m'accompagner jusqu'à la porte et de me présenter; mais sa répugnance, relativement à la folie, ne lui permettait pas d'entrer dans la maison.

Je le remerciai, et, nous détournant de la grande route, nous entrâmes dans un chemin de traverse gazonné, qui, au bout d'une demi-heure, se perdait presque dans un bois épais, recouvrant la base d'une montagne. Nous avions fait environ deux milles à travers ce bois humide et sombre, quand enfin la maison de santé nous apparut. C'était un fantastique château, très-abîmé, et qui, à en juger par son air de vétusté et de délabrement, devait être à peine habitable. Son aspect me pénétra d'une véritable terreur, et, arrêtant mon cheval, je sentis presque l'envie de tourner bride. Cependant, j'eus bientôt honte de ma faiblesse, et je continuai.

Comme nous nous dirigions vers la grande porte, je m'aperçus qu'elle était entre-bâillée, et je vis une figure d'homme qui regardait à travers. Un instant après, cet homme s'avançait, accostait mon compagnon et l'appelant par son nom, lui serrait cordialement la main et k priait de mettre pied à terre. C'était M. Maillard lui même, un véritable gentleman de la vieille école: belli mine, noble prestance, manières exquises, et un certain air de gravité, de dignité et d'autorité fait pour produire une vive impression...»


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