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Avons-nous assez divagué... : lettre à mes amis musulmans

Couverture du livre Avons-nous assez divagué... : lettre à mes amis musulmans

Auteur : Victor Malka

Date de saisie : 08/05/2006

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-226-14899-5

GENCOD : 9782226148995

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  • La présentation de l'éditeur

«Pourquoi cette lettre, pourquoi rouvrir ainsi une page ancienne de ma vie, alors que je croyais en avoir définitivement terminé avec elle lorsque, voici plus de quatre décennies, un ministre marocain m'a fait savoir que j'étais devenu persona non grata dans son pays, qui était aussi alors le mien ? Parce que le passé n'a pas tardé à me rattraper. Parce que l'heure de l'islam sonne un peu partout à l'horloge de l'Europe et que, d'une certaine façon, les problèmes auxquels nous, juifs, étions confrontés dans les pays du Maghreb au lendemain de leurs indépendances se posent à nouveau à nous, mais dans une configuration radicalement différente. J'ajoute que, français par la nationalité et par choix, juif par tous les pores de ma peau, je n'ai pas cessé de me sentir marocain par mes tripes, par mes souvenirs, par mes fidélités et par mes espérances....

Amis musulmans du Maroc, de France et de Navarre, aux carrefours de nos histoires respectives, nous avons, les uns et les autres, assez divagué. Ni les uns ni les autres n'avons fait preuve jusqu'à présent d'esprit de novation ou de générosité. Et si nous décidions enfin de changer ?»

Victor Malka, producteur à France Culture de l'émission «Maison d'étude», et directeur du mensuel Information juive, a publié de nombreux ouvrages dont, récemment chez Albin Michel, Petites étincelles de sagesse juive.





  • La revue de presse Jean-Claude Guillebaud - Le Nouvel Observateur du 4 mai 2006

Quand Victor Malka s'adresse à ses «amis musulmans», il n'use pas d'une rhétorique convenue. Il ne triche pas. Il songe à des êtres de chair et de sang. Juif du Maroc - et même «marocain par ses tripes» -, il se souvient d'amis proches qui avaient nom Chaqib, Mustapha, Taïeb ou Abdessalam Hajji, un «journaliste à la Zola»; de certains intellectuels marocains, hommes de lumière et humanistes, chez qui, écrit-il, «je n'ai jamais senti le moindre soupçon de défiance ou même de suspicion à l'égard des juifs».
Il se souvient d'une enfance paisible passée au sein d'une communauté juive présente depuis deux mille ans au Maghreb... Comment la haine et le mépris ont-ils pu revenir ? Pourquoi des connivences si profondes sont-elles aujourd'hui brisées, profanées, effacées ? Les violences antisémites qui aujourd'hui paraissent dresser l'islam tout entier contre les juifs le laissent littéralement interdit. Quoi ? On réédite ici et là les imbéciles «Protocoles des sages de Sion» ? On brûle des synagogues jusque dans les banlieues françaises ?
Ce texte superbe en forme de lettre semble écrit d'une voix blanche, étranglée par le chagrin. «Avons-nous assez divagué...» Le «nous» a son importance. Malka ne pose pas en donneur de leçons titulaire du «bien». Il n'est pas tendre avec l'intolérance ou l'inculture des siens. De même ne cède-t-il pas à un idéalisme sans mémoire...



  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

«Ces pages s'adressent d'abord à vous, Marocains de France, de Corse et de Navarre mais également à tous les musulmans vivant en France et qui voudraient réfléchir à leurs relations avec leurs concitoyens juifs, au sein de la République française du XXIe siècle. Pourquoi cette initiative qui est aussi peut-être, par les temps qui courent, un risque ? Pourquoi rouvrir une page ancienne de ma vie, alors que je croyais en avoir définitivement terminé avec elle lorsque, voici plus de quatre décennies, un ministre marocain m'a fait savoir que j'étais devenu persona non grata dans son pays qui était aussi alors le mien ? C'était, il est vrai, une époque dont plus personne n'a aujourd'hui gardé le souvenir. Nous étions alors une poignée de jeunes juifs - que certains traitaient de courageux, d'autres, les plus nombreux, d'inconscients (je salue affectueusement ta mémoire, Carlos de Nesry) - qui combattions par la plume pour qu'enfin on respecte nos droits dans le Maroc nouveau qui se construisait.

Pourquoi ce livre donc ? Parce que le passé n'a pas tardé à nous rattraper. Parce que l'heure de l'islam sonne un peu partout à l'horloge de l'Europe et que, d'une certaine façon, les problèmes auxquels nous, juifs, étions confrontés dans les pays du Maghreb, au lendemain de leurs indépendances respectives, se posent à nouveau à nous mais dans une configuration radicalement différente. Différente et relativement inquiétante. Nous pensions qu'était définitivement révolu l'épisode de notre coexistence avec l'islam. Nous ne savions pas que nous vivions une sorte de brève parenthèse et que la même page serait rouverte un peu plus tard et ailleurs.

J'ajoute que Français par la nationalité et par choix, juif par tous les pores de ma peau - par ma culture, par mes engagements, par mes inquiétudes, par la respiration de ma vie quotidienne - je n'ai pas cessé, nonobstant la déclaration du ministre, d'être marocain par mes tripes, par mes souvenirs, par mes fidélités et par mes espérances.

Difficile à croire ? Je le sais et me le dis moi-même tous les jours que Dieu fait. Mais quelqu'un a-t-il jamais prétendu qu'il était commode ou facile d'être juif ?...»


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