Auteur : Louise L Lambrichs
Date de saisie : 09/03/2006
Genre : Sociologie, Société
Editeur : P. Rey, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-84876-053-7
GENCOD : 9782848760537
Philosophe de formation, Louise L. Lambrichs est l'auteur de plusieurs romans (dont Journal d'Hannah), mais aussi d'essais ayant trait à la médecine et à la maladie, à l'histoire et à la vérité historique. Nous ne verrons jamais Vukovar est paru en janvier 2005.
««Depuis trente-cinq ans, toutes les actions que j'ai menées ont été soutenues par cette visée sociale : réduire l'inégalité des chances. Parce que si l'égalité des chances n'existe pas - et l'admettant, je suis plus pragmatique qu'idéaliste -, je ne puis me faire aux inégalités telles qu'elles existent, aux injustices qu'elles entraînent, et je refuserai toujours de m'y résigner.»
Ainsi Bertrand Schwartz commençait-il, en 1993, Moderniser sans exclure, ce livre que nous avions écrit ensemble et qui relatait quelques-unes de ses «recherches-actions» innovantes, en matière d'insertion sociale et de formation professionnelle.
Et il poursuivait : «D'où ce livre, destiné à faire partager cette visée au plus grand nombre, et d'abord à convaincre que les changements accélérés de nos sociétés ne peuvent se poursuivre en laissant de côté des fractions entières de la population. Parce que personne, à mon sens, ne peut penser tranquillement que la modernisation économique et technique ne peut se développer qu'au prix de l'exclusion des personnes les moins favorisées.»
À relire ces lignes avec treize ans de recul et à observer l'accroissement constant du nombre des exclus dans notre société, ne faut-il pas considérer au contraire que trop de gens, en France, se résignent â cette modernisation excluante, comme s'il s'agissait d'un mal inévitable ? et que les divers gouvernements qui se sont succédé ne se sont guère attelés à cette question avec la détermination qui s'imposerait ?
Certes, les discours depuis vingt ans ont évolué et la «fracture sociale» est devenue, politiquement, ce qu'on pourrait appeler non sans cynisme un «thème porteur» dans l'ensemble de l'échiquier politique.
Car la réalité, désormais, est devenue indéniable.
Toutefois, qu'elle envahisse aujourd'hui le discours politique de droite comme de gauche ne rassure pas, au contraire: à confronter ces discours aux stratégies promues, on peut se demander si nos démocraties ne sont pas tombées, à cet égard comme en d'autres domaines, dans une novlangue de bois. Comme si nos sociétés surfaient sur une lame de fond irrépressible et comme si le «tout économique», imposant sa loi ultralibérale, ne permettait plus de penser la solidarité sociale. À moins que ce soit la rigidité de nos structures et de nos mentalités qui soit en cause ?...»
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