Auteur : Jean-Claude Derey
Date de saisie : 09/03/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Serpent à Plumes, Paris, France
Collection : Fiction française
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-268-05734-7
GENCOD : 9782268057347
«Cette affaire porte le malheur en elle...
Quelle étrange idée, vraiment, de vous intéresser à la mort d'un petit garde-chasse en Berry ! Fin 1947 ! Alors que les bons sujets abondent ! Oubliez ce crime sans qualité ! Un garde-chasse rencontre trois balles ! Édouard B. était allongé, face dans la boue, au milieu de l'étang des Gaules. La veste retournée sur le crâne. Le cadavre avait dû être traîné par les manches. Le corps criblé de plombs.»
Sept chasseurs sont arrêtés, torturés et signent des aveux complets. À la prison de Châteauroux, ils se rétractent. Innocents ou coupables ?
Si la vérité n'est pas toujours bonne à dire, l'auteur la recherche. Il épingle au passage les réactions d'une faune influente a priori responsable. Dans cette fiction, inspirée librement d'une célèbre erreur judiciaire qui continue de défrayer la chronique, le romancier, au nom du droit à la création, démonte les rouages de l'enquête...
Jean-Claude Derey est l'auteur d'une quinzaine de romans, dont Les Anges cannibales paru en 2004 aux Éditions du Rocher.
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««Cette affaire porte le malheur en elle...
«Quelle étrange idée, vraiment, de vous intéresser à la mort d'un petit garde-chasse en Berry ! Fin 1947 ! Alors que les bons sujets abondent ! Génocides, famines, désertification ! J'ai lu votre livre sur les enfants-soldats ! Terrifiant !
«Respirez ailleurs le soufre, la misère humaine ! En Patagonie, en Mongolie, à Bornéo ! Oubliez ce crime sans qualité ! Un garde-chasse rencontre trois balles ! Vous êtes plein d'allant ! Vous croyez encore aux fées ! Moi aussi, à votre âge... Mais voilà.., les hommes... Les coups bas... Le temps... Que voulez-vous...
«Je vis en ermite, sans perroquet. Je me goudronne les poumons. Trois paquets par jour. Je me dis, Léon, tu as vécu à côté de tes rêves... Il est temps de tirer ta révérence !»
L'homme, Léon E., détective à la retraite, porte minerve, avec un faux air d'Erich von Stroheim, sans monocle ni accent teuton... Il boit des cafés brûlants dans un minuscule salon qui sent la naphtaline et la poussière. Le courrier, intact, s'entasse pêle-mêle au coin de la cheminée.
L'homme est haut, fissuré, comme ces lourdes portes grignotées par les termites qui tombent en poussière quand on les claque. Son regard bleu délavé trahit une blessure de l'âme, ouverte à jamais, héritée du commerce des hommes.
Les volets tirés chassent la lumière dorée de juillet qui pétille comme du champagne dans les rues d'Orléans, au-dessus de la Loire, sur les canotiers des vacanciers qui taquinent le gardon dans le tremblement bleu des peupliers.
«Cette affaire porte le malheur en elle... marmonne-t-il en allumant une nouvelle cigarette.
- C'est tout de même vous qui avez enquêté le premier !» m'exclamé-je.
Il m'examine sans aménité. À quelle sauce ce chiot sera-t-il mangé... Une boule de nerfs qui ose parler de justice, sans barbe blanche...»
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