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Quel temps fait-il en Afrique ?

Couverture du livre Quel temps fait-il en Afrique ?

Auteur : Martha Gellhorn

Préface : Jerome Charyn

Traducteur : Catherine Richard

Date de saisie : 09/03/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Calmann-Lévy, Paris, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-7021-3666-9

GENCOD : 9782702136669

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  • La présentation de l'éditeur

La vie de Martha Gellhorn, écrivain et grand reporter, a couvert le XXe siècle (1908-1998). Originaire du Missouri, elle entame dès 1930 une fabuleuse carrière de correspondante de guerre, qui l'amènera à suivre tous les grands conflits du XXe siècle, dont la guerre civile espagnole qu'elle couvrira avec son futur mari, Hemingway. Elle a publié de nombreux romans et récits, la plupart inédits en France.

«Ce fut alors que tout bascula. Paul Nbaigu ne la désira pas moins, mais à ses yeux, elle devint l'ennemi, comme tous les Blancs, celle qui, au fond, méprisait son pays, son peuple et donc le méprisait lui et ses espoirs. Aux yeux de Jane, ils n'étaient que des domestiques, des gens sans visage, voués à obéir aux ordres. Elle allait lui obéir à lui, décida-t-il, manger la poussière et aimer ça, et elle finirait par supplier qu'il lui pardonne d'avoir insulté son pays.»

Quel temps fait-il en Afrique ? rassemble trois histoires qui se passent au Kenya, après l'indépendance : La Montagne, La Mer, Les Hautes-Terres. Trois romans courts qui mettent en scène les relations entre les colons britanniques et les Kenyans. Martha Gellhorn ne dénonce pas mais propose une peinture très crue, parfois cruelle, des rapports humains dans cette société dont elle souligne les travers, souvent avec humour.





  • La revue de presse Clémence Boulouque - Le Figaro du 22 juin 2006

(...) En attendant, peut-être, la traduction de ses recueils d'articles, il est heureux que paraisse enfin un de ses quatre volumes de nouvelles. Quel temps fait-il en Afrique ? rassemble trois textes nés de son séjour au Kenya dans les années 1960. Elle, qui aimait se voir en prédatrice d'hommes, donne une prose dans laquelle les êtres s'entre-dévorent. De son écriture fusante, elle imprime même une tension, un rythme haletant, aux situations en apparence les plus statiques (...)



  • Les premières lignes

«Comme un ange blond aux yeux bleus et aux très larges ailes, sa vie a couvert tout le XXe siècle. Née à Saint-Louis en 1908, fille d'un gynécologue aisé, Martha Gellhorn n'a jamais vraiment eu de domicile; elle préférait bourlinguer. Elle a suivi différentes guerres comme correspondante étrangère, interviewé des femmes toréadors au Mexique, entretenu une brève liaison avec un général américain, et traversé l'Allemagne sans escorte sous les bombes, alors que l'Amérique et ses alliés donnaient la pilée à Hitler. Le général qui l'admirait, James Gavin de la 82e division aéroportée, la disait aussi féroce qu'un chef de guérilla. Et Hemingway, que Martha Gellhorn allait épouser en 1940, la décrivait ainsi : «Quand elle était au front [pendant la guerre d'Espagne], elle se levait plus tôt, allait plus loin et plus vite que n'importe qui pour se rendre là où aucune autre femme ne pouvait accéder, dans des endroits d'où peu revenaient quand ils les atteignaient.»

Martha n'aurait même pas considéré cela comme un compliment : la guerre était son boulot, et elle n'aimait pas s'encombrer de qui ni quoi que ce soit. Elle était, selon ses propres termes, «non apprivoisée, non domestiquée, non humaine». Le cours de ses périples l'amena à la Maison-Blanche, où elle eut sa propre chambre pendant quelque temps, dans les années 30. Elle était devenue une des intimes d'Eleanor Roosevelt, avec qui elle correspondait (la mère de Martha était aussi une ancienne camarade de classe d'Eleanor), et se considérait comme «la mascotte, l'animal familier, le caniche» de Franklin Roosevelt. Mais ce caniche savait aboyer et attaquer. C'est à la Maison-Blanche qu'elle rencontra H.G. Wells, l'auteur le plus populaire au monde. Wells était fou amoureux de Martha, mais elle ne voulut pas de lui. «Pourquoi donc est-ce que je coucherais avec un petit vieux quand je peux avoir tous les grands et beaux jeunes hommes que je veux ?»

Elle aimait à se voir en prédatrice sexuelle, à l'image des correspondants de guerre masculins qui l'entouraient et qui, comme Martha, passaient d'une guerre à l'autre. Mais c'était aussi une sorte de bluff. Au fond, elle n'aimait pas les hommes tant que ça. «Je trouvais que les hommes étaient une plaie [...]. Ils interféraient avec ma liberté d'action.» Martha a eu son compte de maris et d'amants, mais elle préférait de loin vivre seule...»


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