Auteur : Bassam Baraké | Henriette Walter
Date de saisie : 16/08/2006
Genre : Langues
Editeur : Ed. du Temps, Paris, France | R. Laffont, Paris, France
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-221-09806-6
GENCOD : 9782221098066
L'arabe et le français...
Lointaines par leurs origines, ces deux langues se sont croisées et influencées depuis près d'un millénaire.
Connaissez-vous le nom par lequel les Arabes désignent nos chiffres «arabes» ?
Croyez-vous que les Mille et Une Nuits ont vraiment duré 1001 nuits ?
Vous doutiez-vous que les textes des savants grecs n'ont pu nous être transmis que grâce à des traductions arabes des manuscrits originaux ?
Saviez-vous qu'il y a des centaines de mots français en arabe, tout comme il y a des centaines de mots arabes en français ?
Vous trouverez des réponses à ces questions et bien d'autres informations érudites ou distrayantes, mêlées d'anecdotes littéraires et historiques, dans le livre d'Henriette Walter et de Bassam Baraké.
Entre exposés savants et jeux linguistiques, c'est un peu la longue histoire des rencontres de l'Orient et de l'Occident que cet ouvrage retrace en filigrane et par touches successives. Une façon unique de s'instruire en s'amusant.
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Ma chérie,
Etes-vous bien allongée sur votre ottomane ? Votre sofa ? Ou sous votre baldaquin, qui, sachez-le, nous vient tout droit de Bagdad ? Figurez-vous que, par le truchement d'un ouvrage aussi docte que divertissant, j'apprends qu'une noria de vocables arabes - quelques centaines - a passé ces siècles derniers la douane française pour venir chamarrer notre bonne vieille langue de Molière. J'en suis encore toute maboule. Quel charabia ! Quel ramdam ! Une vraie razzia ! Je crois que nous sommes échec et mat ! Mon ami l'amiral se douterait-il par hasard qu'il fut en son temps amir al-bhâr ?... Consultons notre almanach et rendons-nous au hammam le plus proche. Allez, fissa, ma chère Fatima. Nous masser la nuque autour d'un massepain et d'une tasse de moka réparera nos avaries et nous redonnera la baraka.
Extrait de l'introduction :
«Dans cet ouvrage, qui se voudrait à la fois sérieux et distrayant, c'est un peu l'histoire de l'Orient mêlée à celle de l'Occident que l'on découvre, mais sous un angle unique et très particulier, celui de deux langues, lointaines par leurs origines, mais qui se sont croisées et influencées au hasard de l'histoire : l'arabe et le français.
Alors que le français s'est développé de façon originale pour des raisons essentiellement politiques, l'arabe doit ses spécificités à l'histoire religieuse et à l'importance du Coran, livre sacré, dont le texte, selon la tradition, a été révélé à Mahomet par l'archange Gabriel et dont la forme définitive a été fixée juste après la mort du Prophète, vers le milieu du VIIe siècle.
L'attachement à ce livre culte s'est prolongé au cours des siècles auprès de toutes les populations islamisées, si bien que, malgré la diversification de la langue arabe au gré de l'expansion de l'Islam, le livre du Coran n'a jamais cessé de constituer un lien très fort entre tous les musulmans. On comprend dès lors l'importance que ces derniers ont attachée depuis l'origine à l'étude de leur langue, qu'ils considéraient comme sacrée.
Objet d'un intérêt passionné, la langue arabe est par ailleurs devenue le support d'un art de l'écriture où la lettre, habillée de dessins et d'arabesques, constitue le seul élément ornemental admis dans les palais et dans les mosquées.
Née au sein de populations nomades vivant dans la péninsule Arabique, la langue arabe a connu un destin hors du commun, à la suite de l'expansion extraordinaire de la religion musulmane sur un territoire qui s'étendra en moins de deux siècles de l'Atlantique à l'Indus. Cette langue, dès le Moyen Age, s'est trouvée en contact avec les langues de l'Occident, lors de la fondation des dynasties andalouses en Espagne à partir du VIIIe siècle, puis au cours des croisades et, vers le XIIIe siècle, à la cour de Frédéric II de Hohenstaufen en Sicile, une île tout imprégnée de cet art poétique arabe qui allait influencer la poésie sicilienne, puis la littérature italienne. Le monde de la science arabe y était aussi largement représenté par de grands savants, qui vivaient en Sicile mais aussi à Naples, à Salerne, à Tolède, à Grenade ou à Séville.
C'est surtout par le nombre considérable de traductions élaborées entre le VIIIe et le XIIIe siècle, d'abord du grec à l'arabe, puis de l'arabe au latin - et aux langues issues du latin - que l'on peut mesurer tout ce que l'Occident doit à la science arabe.
La traduction a encore joué un rôle, mais sur le plan littéraire, cette fois, avec les Mille et une Nuits car c'est à partir de leur traduction française par Antoine Galland au XVIIIe siècle que s'est développé dans toute l'Europe un attrait irrésistible pour l'Orient.
Toutefois, la langue arabe garde encore une partie de son mystère en Occident et cet ouvrage permettra peut-être d'en dévoiler certains de ses aspects les moins connus...»
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