Passion du livre - tout sur le livre : Sous le jasmin, la nuit

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Sous le jasmin, la nuit

Couverture du livre Sous le jasmin, la nuit

Auteur : Maïssa Bey

Date de saisie : 08/03/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigues, France

Collection : L'Aube poche

Prix : 7.00 € / 45.92 F

ISBN : 978-2-7526-0220-6

GENCOD : 9782752602206


  • La présentation de l'éditeur

Les nouvelles de ce recueil ont toutes pour héroïne une femme qui se bat pour son identité, sa vie, sa liberté. Telle Salomé, chacune se dévoile dans son portrait tracé avec amour et tendresse par Maïssa Bey.

«Onze nouvelles, onze voix de l'Algérie, autant de cris pour la liberté des femmes de ce pays où le Code de la famille a bien besoin d'être revu et corrigé. Ce livre est écrit tout en douceur et sobriété... Une immense compassion et un talent qui s'affirme de livre en livre.» Thierry Bogaty, Le Figaro.

«Écrire pour se libérer. Écrire pour dire la déraison de cette société qui étouffe les femmes. Écrire pour survivre, tout simplement.» Thierry Leclère, Télérama.

«De l'épouse indomptée, dont la personnalité profonde échappe à la domination de son mari, à l'enfant sans mots qui disparaît de la cité sans nom, onze nouvelles pour dire la souffrance actuelle des Algériennes. Avec tendresse et subtilité, l'auteur porte un regard d'amour sur toutes ces vies féminines et leur donne une voix.» M.H., Notes bibliographiques.

Maïssa Bey vit à Sidi bel Abbes (Algérie), où elle se consacre à l'écriture.



logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com



  • Les premières lignes

«Penché sur elle, il la regarde dormir. Lèvres entrouvertes, souffle léger, paupières closes refermées sur des visions, des rêves qui l'excluent, il ne peut pas en douter. Dans la chambre à peine éclairée par la petite lampe qu'il laisse allumée tard dans la nuit, tout est silence. Penché sur elle, il regarde ce corps souple, détendu sur les draps froissés. Il vient de la posséder. De la prendre. De la pénétrer. Apparemment. De prendre ce qui lui est donné. Apparemment. A présent il épie ce corps à l'abandon, immergé dans un espace qu'il ne peut atteindre, qu'il ne peut étreindre. Penché sur elle, il cherche à franchir les frontières de ces lieux interdits. Elle est ailleurs, seule. Seule ? Si seulement il pouvait en être sûr. Comment saisir cette part d'elle qui lui échappe ? Penché sur elle, il scrute son visage. Attentivement. Ce frémissement au coin des lèvres, n'est-ce pas l'esquisse d'un sourire, cette façon de cligner des yeux, brusquement, ce lent soupir venu du plus profond d'elle et qui parcourt son corps en une ondulation à peine perceptible, n'est-ce pas... Elle remue légèrement les épaules, comme pour se débarrasser d'un fardeau, se détourne, pose la joue sur sa main, lui dérobe son visage et continue de rêver. Puis elle relève le bras et de la main agrippe le drap en se mordant brusquement les lèvres. Dans un mouvement de rage, il se redresse, serre les poings tandis que monte en lui le désir de l'appeler, de la secouer brutalement pour lui faire reprendre conscience, lui faire savoir qu'il est là. Qu'elle ne peut s'en aller sans lui. La respiration de l'endormie se fait plus rapide. Battements de cils, souffle précipité, soudaine crispation du corps qui s'arc-boute et peu à peu se détend, s'abandonne. Vers quel voyage solitaire est-elle emportée sans qu'il puisse la retenir, la ramener vers lui, ni même la suivre ? L'épaule nue luit dans la pénombre, ronde, dorée, grain serré de la peau. Il lève la main comme pour une caresse, mais la laisse retomber, inutile. Comment être sûr que sous ces yeux fermés...»


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli