Auteur : Katia Rohde
Date de saisie : 08/03/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Imago, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-84952-017-8
GENCOD : 9782849520178
«C'est un livre étrange et beau, de ceux qui d'emblée vous prennent et ne vous lâchent plus. Un récit poétique, inspiré, métaphorique, reflet d'un monde inconnu où couleurs, odeurs se répondent... L'Enfant hérisson relève du mystère de l'écriture, il évoque Rimbaud, Nerval. Ce livre est une énigme, un défi lancé à la science.» (Le Monde, «Pages Horizons», 15 février 2000).
Katia Rohde est autiste. Considérée comme «handicapée mentale» jusqu'en 1994, elle fréquente des institutions spécialisées jusqu'au jour où une éducatrice, Marie, découvre, grâce à la méthode de «communication soutenue», sa vive intelligence et sa prodigieuse mémoire.
En fait, à l'insu de tous ceux qui la côtoient, Katia sait lire depuis très longtemps sa langue maternelle, l'allemand. Elle connaît aussi le français, l'anglais, l'arabe, a des notions de latin, de russe, d'italien et même de suahéli... ! Avec l'aide de sa mère, Katia écrit alors son «autobiographie» - racontant ses terribles tourments, livrant ses étranges sensations, ses désirs inassouvis. Murée dans son silence, enfermée sous le regard des autres, Katia le hérisson - c'est ainsi qu'elle se surnomme - nous offre dans ce texte d'une grande richesse poétique, nourri d'images singulières, un témoignage exceptionnel sur la vie intérieure d'une autiste.
La passion de l'écriture ne quittera plus Katia Rohde et Métamorphoses, ensemble de nouvelles s'inspirant d'Ovide, viennent aujourd'hui confirmer son insolite et étonnant don littéraire.
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Extrait de la présentation d'Ulla Rohde :
«Quand Katia écrivait ces réflexions - c'est moi, sa mère, qui l'«appuyais», c'est elle qui les a traduites en français' -, elle avait vingt-cinq ans. Elle n'avait fréquenté jusque-là que des écoles pour handicapés mentaux, d'abord l'école maternelle, puis ces écoles spécialisées où on l'avait obligée d'aller. Là, une institutrice découvrit, en 1994, que Katia était très intelligente. Elle travailla avec notre fille selon une méthode qui s'appelle «communication soutenue/appuyée», en anglais Facilitated communication/F.C. Depuis 1995, Katia a recours à cette méthode avant tout avec moi, mais elle communique aussi sans intermédiaire avec d'autres personnes qui la «soutiennent» au bras, par exemple sa soeur, son père, deux objecteurs de conscience ou deux amies.
P. C. est une méthode qui rend la communication possible sur le plan verbal. Cette méthode est basée sur le soutien au bras de personnes qui, sans cela, ne peuvent parler que peu ou pas du tout, et qui, la plupart du temps, sont gravement handicapées dans leurs mouvements. On les appuie donc à la main, puis par la suite, si c'est possible, au bras, au coude ou à l'épaule. Celui qui est appuyé touche alors des lettres avec son index. Ainsi, il compose, lettre après lettre, des mots, des phrases, des textes. Il peut exprimer tout ce qu'il veut. Pour y parvenir, on a simplement besoin d'une liste où se trouvent les lettres, et d'une machine à écrire ou d'un ordinateur.
L'objectif de cette méthode est avant tout de rendre possible la communication. La méthode PC. s'adresse à celui qui ne peut guère transmettre ce qu'il pense, ou seulement dans un «langage» déformé et méconnaissable. Ce n'est qu'en étant soutenu qu'il développe un minimum de contrôle de ses mouvements, qu'il parvient à atteindre les lettres sur un clavier.
Il convient, cependant, avec la méthode PC. de faire la différence entre le soutien physique et le soutien moral. Celui qui soutient doit être prêt à accepter quelque chose qui ne correspond pas aux idées qu'il s'était fait jusqu'ici d'une communication. Il doit être capable d'accepter ce qu'il ne connaît pas, et il doit respecter celui qu'il appuie....»
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