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Retour des amours perdues

Couverture du livre Retour des amours perdues

Auteur : Yehoshua Kenaz

Traducteur : Sylvie Cohen

Date de saisie : 26/08/2004

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : Les mots étrangers

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-234-05712-8

GENCOD : 9782234057128


  • La revue de presse Raphaëlle Rérolle - Le Monde

On s'aime bizarrement, dans les romans de Yehoshua Kenaz. Exactement comme derrière un mur de verre dressé en plein milieu du désert - un mur qui laisserait filtrer l'amour et la haine, mais jamais la patience, et rarement le bien-être ou le plaisir : les personnages se comprennent si peu, macèrent dans une telle solitude, dans une tension si palpable, qu'ils peinent à se supporter, y compris quand ils s'apprécient vraiment. Et pas seulement les amants, les amis ou les membres d'une même famille, mais les voisins, les passants, la totalité du corps social. Que se passe-t-il, derrière le rêve intégrateur du sionisme ? Comment cohabitent-ils, ces Israéliens venus du monde entier dans un Etat sans cesse menacé ? Israélien lui-même, né en 1937 à Petah Tikva, fortement influencé par la littérature européenne (il est traducteur du français) et très attaché à son pays, Yehoshua Kenaz a le goût d'aller voir derrière les façades. D'observer l'envers des théories, des stratégies et des volontarismes, pour découvrir ce qui se passe dans la tête de ses concitoyens. Puis de dévoiler, ce qu'il fait souvent à merveille, la quantité de lézardes qui peuvent fissurer un grand idéal... Comme si les différences de langues de tous ces migrants devenus compatriotes n'étaient finalement pas le véritable obstacle à la concorde. Seulement un symptôme, quand l'atmosphère est à l'angoisse, à l'incertitude et à la peur de l'autre. D'ailleurs, quand ils se comprennent, les personnages passent beaucoup de temps à échanger des propos peu aimables, voire hystériques. Lorsqu'il pointe les incompréhensions linguistiques (et il le fait souvent), Kenaz renvoie donc surtout à cette peur, qui fait de son immeuble une Babel bruyante et terrifiée, toujours au bord de la bagarre et pourtant toujours réunie.


  • La revue de presse Gilles Heuré - Télérama

L'immeuble de cette rue passante de Tel-Aviv, proche de la mer, est presque coquet. Ses habitants semblent familiers, observés avec précision par l'Israélien Yehoshua Kenaz. Ils s'observent plus qu'ils ne se rencontrent... L'histoire du pays, rappelée par des silhouettes furtives, comme celle d'un vieux commerçant réchappé des camps ou d'un Ashkénaze qui parle avec un accent roumain, ne constitue en aucun cas un repère auquel on puisse se raccrocher. Tout se délite dans ces vies mitoyennes, résignées et linéaires mais rendues fascinantes par le talent de l'auteur. Une histoire simple ? Pas seulement. C'est un rêve brisé que décrit Kenaz, celui d'une société otage de son histoire, incapable de se renouveler et de hisser son avenir au même rang que ses origines...


  • La revue de presse C. B. - Le Figaro

... Comme dans Paysage aux trois arbres, paru l'an dernier (Actes Sud), Yehoshua Kenaz guette les enchevêtrements de vies, dans des périmètres minuscules et universels. Il y a là Monsieur Schwartz, le président du syndic des copropriétaires, vieillissant et obsédé par toute hypothétique détérioration de la valeur de son bien, qui écrit des lettres à tout va dans un hébreu resté approximatif, cinquante ans après son installation en Israël. Il y a le couple adultère d'Hezi et Gabi, qui se retrouvent pour des ébats furtifs et sonores, qui abominent le fameux Monsieur Schwartz et ravissent le voisin de palier, Aviram, dont l'unique compagnie est son chien, et qui épie, pour soulager ses frustrations...Dans cette composition polyphonique, Yehoshua Kenaz module les graves, passacailles sur l'amour qui font résonner d'autres motifs, comme ce mélange de l'intime et de la société. Il explore à merveille les lieux communs, dans tous les sens du terme : il faut lire sa description d'une attente dans un commissariat tout comme celle des stratégies de séduction. Comme dans Infiltration, où il décrivait l'armée (Stock, 2003), le romancier met en lumière la difficulté de cohabiter au sein même de la société israélienne. Une mosaïque, à nu et à vif, où les voisins peuvent devenir des obsessions, tous les voisins d'ailleurs, comme en témoignent ces indignations comme des couperets, lors de disputes d'immeuble : «On est quoi pour vous ? Des Arabes ?» Yehoshua Kenaz choisit l'intime comme prisme pour dire les êtres et ouvre son roman au monde qui les porte, dans une belle partition.


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