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L'immense obscurité de la mort

Couverture du livre L'immense obscurité de la mort

Auteur : Massimo Carlotto

Traducteur : Laurent Lombard

Date de saisie : 11/01/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Suites, n° 117

Prix : 8.00 € / 52.48 F

ISBN : 978-2-86424-572-8

GENCOD : 9782864245728

Sorti le : 09/03/2006


  • La présentation de l'éditeur

Au cours d'un braquage qui tourne mal, une femme et son fils de 8 ans sont tués. Raffaello, l'un des braqueurs, est condamné à la perpétuité, l'autre s'échappe avec le butin. Quinze ans après, atteint d'un cancer, Raffaello formule un recours en grâce et demande, selon la loi italienne, le pardon de Silvano Contin, père et mari des victimes. La réponse de cet homme ravagé par la douleur et la solitude, obsédé par les dernières paroles de sa femme, est au centre de ce roman implacable qui place face à face l'assassin et la victime. Qui purge la peine la plus dure ? De ce duel il ne sortira pas de vainqueur.

Carlotto rapproche subtilement les deux réalités de ces hommes qui s'affrontent dans des discours parallèles centrés sur la douleur.

Le rythme du récit est pressant, haletant, l'écriture sèche, la réflexion va à l'essentiel, la vision du monde sans pitié explore tout le tragique de l'existence avec courage et honnêteté.

Un roman inquiétant qui se place dans la lignée de Arrivederci Amore.

Ce roman a été pendant plusieurs semaines sur la liste des meilleures ventes italiennes à sa sortie, au printemps dernier.


Massimo Carlotto est né à Padoue en 1956 et vit à Cagliari. Directeur de collection aux Editions E/O (en Italie), il collabore également à divers journaux. Il écrit pour le théâtre et est l'auteur de nombreux romans, dont quatre sont déjà traduits en France : En fuite, La Vérité de l'Alligator, Arrivederci Amore (Métailié, 2003) et Le Maître des noeuds (Métailié, 2004). Plusieurs adaptations cinématographiques de ses livres sont en cours.



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  • La revue de presse Frédéric Vitoux - Le Nouvel Observateur du 4 mai 2006

Peu d'écrivains ont aujourd'hui une vision plus désespérée et violente du monde, de l'homme en général comme de la société dans laquelle ils vivent en particulier, que celle de l'Italien Massimo Carlotto... Dans «l'Immense Obscurité de la mort», il oppose deux personnages ou deux voix : celle de Silvano, dont la vie a été brisée après la mort de sa femme et de son fils pris... et celle de Raffaello,... Un duel sans merci se livre entre ces hommes... Avec peut-être le risque de l'excès, voire de la complaisance chez l'auteur, comme s'il craignait d'avoir négligé une nuance d'horreur, une touche de cynisme ou une convulsion d'agonie dans un coin de son tableau. Mais avec surtout chez lui une langue sèche comme une pointe du même nom, et une superbe lumière... crépusculaire...


  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 29 mars 2006

L'Immense Obscurité de la mort... est un pur roman noir, avec intrigue policière diaboliquement construite. Une fois encore, Massimo Carlotto donne à entendre, un chapitre après l'autre, la voix de deux personnages. Il y a le bon et le méchant... Massimo Carlotto, très à l'aise dans le crâne foutraque de ses deux personnages, explore avec fureur la douleur d'hommes au bord de l'enfer, et c'est, une fois encore, subjugant.



  • Les premières lignes

Début du prologue :

«1989 - Une ville du nord-est.

L'accusé avait la lèvre fendue, les yeux au beurre noir, le nez cassé et enflé; deux mèches hémostatiques lui sortaient des narines, l'obligeant à respirer par la bouche. Les deux agents de la police pénitentiaire qui le soutenaient durent l'aider à s'asseoir. Il était dans un sale état. Le juge, énervé, regarda l'avocat pour essayer de comprendre s'il essaierait d'ajourner l'interrogatoire. Ce dernier le rassura d'un haussement d'épaules ; son client avait bien d'autres problèmes auxquels penser. Le magistrat, soulagé, dicta au greffier l'identité des personnes présentes et demanda à l'inculpé s'il entendait se soumettre à l'interrogatoire.

Raffaello Beggiato se tourna vers son défenseur qui l'encouragea d'un geste théâtral de la main.

- Oui, répondit-il non sans peine.

Sa bouche lui faisait mal, les poings des flics lui avaient fait sauter quelques dents et il s'était mordu la langue quand ils lui avaient tordu les testicules. Mais lui non plus, comme beaucoup d'autres, n'avait pas envie de se plaindre. Les coups faisaient partie du traitement réservé à ceux qui étaient arrêtés en flagrant délit. L'intensité variait selon la faute. Et la sienne était de celle qui autorisait tous ceux qui portaient un uniforme à lui casser la gueule. Pendant qu'il était au commissariat, dans la pièce où ils l'avaient menotté à une chaise, des policiers d'autres services étaient entrés, uniquement pour lui foutre une rouste ou bien lui cracher dessus. Beggiato était resté plutôt calme ; au fond, c'étaient les règles du jeu. Il avait seulement espéré qu'ils le mettent rapidement en taule. Là, personne ne le toucherait et il pourrait se concentrer pour trouver une solution. Peut-être que le type affecté au nettoyage du quartier disciplinaire serait une vieille connaissance et qu'il lui procurerait un peu de coke. Il en avait besoin pour récupérer force et lucidité. Mais il n'avait vu personne se pointer et le gradé de l'infirmerie avait refusé de lui administrer un antalgique. Il avait passé quatre heures allongé sur un brancard à fixer la petite lampe qui pendait au plafond en souffrant comme un chien et en pensant à l'interrogatoire. A la fin, il avait compris que même une bonne ligne ne lui aurait pas fait venir à l'esprit une explication plausible...»


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