Auteur : Pierre Vigoureux
Date de saisie : 08/03/2006
Genre : Informatique
Editeur : Ellipses, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-7298-2711-3
GENCOD : 9782729827113
Accepteriez-vous de vivre dans un appartement aux murs de verre, sans portes ni rideaux ? Accepteriez-vous qu'un inconnu s'invite dans le cercle familial pour écouter et noter vos conversations ? que votre marchand de journaux note les jours et heures de vos visites, la référence des revues que vous achetez ?
Si de telles éventualités vous laissent indifférent, ce livre n'est pas fait pour vous.
Aux autres, ceux qui accordent une importance à leur vie privée, ceux qui souhaitent conserver la maîtrise de leur environnement, ce livre apportera des informations utiles. Il les aidera, si nécessaire, à prendre conscience des menaces que la technologie fait courir dans le domaine des libertés individuelles. Surtout, il décrira les méthodes mises au point par la science contemporaine pour résoudre, dans le respect de la loi, les problèmes relatifs à la sécurité et à l'intégrité de notre correspondance.
Pierre Vigoureux, agrégé de l'Université et ingénieur centralien, enseigne les mathématiques à Paris.
«Dans le film The Truman Show, l'acteur Jim Carrey campe un personnage, Truman Burbank, dont les faits et gestes quotidiens sont filmés, enregistrés et diffusés en permanence, et cela, depuis sa naissance. Le personnage principal mène une existence simple et sans histoire, constituée des multiples événements anodins de la vie quotidienne. Son mode de vie, proche du nôtre, nous permet de nous identifier à lui : aussi ressentons-nous avec lui le malaise grandissant que le réalisateur, Peter Weir, instille avec subtilité. Oeuvre de fiction, cette histoire pose avec humour de nombreuses questions concernant le respect de l'intimité. La diffusion du show sur les grands réseaux de télévision donne un impact supplémentaire aux propos du cinéaste mais l'inquiétude ressentie ne se borne pas à une question quantitative. À la place de Truman Burbank, serions-nous vraiment moins troublés si une seule personne, plutôt que quelques millions, épiait nos faits et gestes ? Serions-nous plus sereins si cette surveillance se limitait à un seul aspect de notre vie quotidienne : nos déplacements par exemple, ou notre santé, ou encore notre correspondance ?
Avec le développement des technologies de l'information et de la communication, la réalité est en passe de rattraper la fiction. Depuis les systèmes de vidéosurveillance des voies et espaces publics jusqu'aux réseaux de localisation par satellite en passant par la téléphonie mobile et les nombreuses cartes à puces dont nous faisons un usage quotidien, les technologies actuelles ouvrent de nouvelles perspectives - quasi infinies - dans ce domaine. Ces outils facilitent notre vie quotidienne. Conçus pour nous aider, pour simplifier nos achats, nos déplacements, nos démarches administratives, pour nous rapprocher les uns des autres malgré les distances, ils portent souvent en germe un risque potentiel pour nos libertés en fournissant de nombreux renseignements sur notre personnalité et sur nos activités. Depuis sa création en 1978, plus d'un million de fichiers nominatifs ont été déclarés à la CNIL1 et ce nombre augmente d'environ 100 000 chaque année. Selon certaines sources, il y aurait en réalité dix millions de fichiers nominatifs en France et le nom de chacun d'entre nous figurerait dans plusieurs centaines de fichiers différents. Il n'est guère de composantes de notre vie quotidienne qui échappe au quadrillage du monde numérique : mouvements bancaires, situation fiscale, traitements médicaux, déplacements, achats, appels téléphoniques, courriers électroniques, etc. Tout, ou presque, y passe.
Enregistrés en permanence et de façon entièrement automatisée pour les nécessités du service, ces renseignements, parcellaires et dispersés, dorment le plus souvent dans les gigantesques mémoires d'ordinateurs. Mais si ces données devaient être un jour mises en commun et conservées, elles tisseraient un étroit maillage de notre sphère personnelle, permettraient une traçabilité complète de chaque individu, mettant ainsi en réel danger nos droits fondamentaux. Nos gouvernants et les grands groupes industriels sauront-ils résister à la tentation d'utiliser à leur profit la mine quasi inépuisable d'informations qu'ils ont à leur portée, presque gratuitement ? Et que resterait-il de notre intimité si un gouvernement ou une grande société commerciale s'avisait de les réveiller, les regrouper, les classer, les archiver et les exploiter ?...»
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