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A ma fenêtre le matin : carnets du rocher, 1982-1987

Couverture du livre A ma fenêtre le matin : carnets du rocher, 1982-1987

Auteur : Peter Handke

Traducteur : Olivier Le Lay

Date de saisie : 26/08/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Verdier, Lagrasse, France

Collection : Der Doppelgänger

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-86432-468-3

GENCOD : 9782864324683

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  • La présentation de l'éditeur

«Les lignes qui composent ces carnets ont été écrites lors des cinq dernières années d'un séjour de huit ans à Salzbourg, Autriche. Ce sont là, avant toute chose, notes, perceptions, réflexions et questions, nées d'une période de sédentarité où j'ai habité mon pays, ma terre natale, où j'ai travaillé et aussi, partant, beaucoup musardé.
En recopiant ces notes salzbourgeoises, ces instants et ces heures, j'ai dû supprimer les trois-quarts du texte de départ : en règle générale des citations de lecture, la plupart des rêves, de nombreuses descriptions, la majorité des points de vue (j'en ai reproduit malgré tout quelques-uns, surtout, comme on l'imagine, afin de donner au lecteur des verges pour me battre). Pour tout dire, je n'ai presque rien changé aux notes qui ont donné naissance à ce texte.
Ce recueil s'est attaché exclusivement au lieu, dans toute son ampleur, ainsi qu'à ses ramifications, discrètes et moins discrètes, aux endroits où les instants sont nés pour prendre forme : à la sédentarité.
Et si je devais donner une idée de ce qui constitue la singularité de ces carnets, je dirais peut-être ceci : des maximes et des réflexions ? non, plutôt des reflets ; des reflets, involontaires, pour ainsi dire circonspects ; des reflets nés d'une circonspection profonde, fondamentale, et qui veulent osciller à leur tour, osciller aussi, par-delà le simple reflet, si loin que porte le souffle.»

P.H.


  • La présentation de l'éditeur

«Les lignes qui composent ces carnets ont été écrites lors des cinq dernières années d'un séjour de huit ans à Salzbourg, Autriche. Ce sont là, avant toute chose, notes, perceptions, réflexions et questions, nées d'une période de sédentarité où j'ai habité mon pays, ma terre natale, où j'ai travaillé et aussi, partant, beaucoup musardé.

En recopiant ces notes salzbourgeoises, ces instants et ces heures, j'ai dû supprimer les trois-quarts du texte de départ : en règle générale des citations de lecture, la plupart des rêves, de nombreuses descriptions, la majorité des points de vue (j'en ai reproduit malgré tout quelques-uns, surtout, comme on l'imagine, afin de donner au lecteur des verges pour me battre). Pour tout dire, je n'ai presque rien changé aux notes qui ont donné naissance à ce texte. Ce recueil s'est attaché exclusivement au lieu, dans toute son ampleur, ainsi qu'à ses ramifications, discrètes et moins discrètes, aux endroits où les instants sont nés pour prendre forme : à la sédentarité.

Et si je devais donner une idée de ce qui constitue la singularité de ces carnets, je dirais peut-être ceci :

des maximes et des réflexions ? non, plutôt des reflets ; des reflets, involontaires, pour ainsi dire circonspects ;

des reflets nés d'une circonspection profonde, fondamentale, et qui veulent osciller à leur tour, osciller aussi, par-delà le simple reflet, si loin que porte le souffle.»

P. H.





  • La revue de presse Mathieu Lindon - Libération du 16 mars 2006

... Divers thèmes interviennent, de la Yougoslavie qui continuera à intéresser Peter Handke, à Goethe, Kafka ou Thomas Bernhard sur lesquels il exprime des opinions originales («"L'imitation de Goethe", à mes yeux, est une expression infiniment plus parlante que "l'Imitation de Jésus-Christ"»), en passant par des notations plus anecdotiques comme celle-ci entendue au restaurant de l'aéroport : «"Un serveur qui n'est même pas capable de sourire pourrait tout aussi bien être un client"» Peter Handke récuse le terme de sujet dont il faudrait «s'emparer», mais un des éléments les plus présents tout au long du livre est celui du récit, des mots, de l'action de raconter. On peut suivre dans la continuité. «Raconter c'est aussi effacer des traces ; les chiens ne trouvent plus ta piste»,...

Mais il n'y a pas que le récit : il y a les mots et tout ce qui conduit au récit...

Il y a quelque chose d'émouvant dans les affirmations et les interrogations de Peter Handke au long d'A ma fenêtre le matin, un écrivain pour qui la littérature, aussi, c'est «Avérer mes mensonges» et qui en arrive à se demander : «Comment se fait-il que tant de gens à peine sortis de l'enfance me paraissent "profanés" ? Ils étaient donc consacrés avant ?»



  • Les premières lignes

«Curieux, que je mesure la beauté d'un lieu à mon désir d'y travailler (d'y faire, d'y agir).

Ce que sont «chez nous», en Autriche, surtout dans les vallons herbeux, les granges à foin, closes de toutes parts, soustraites à la vue, opaques, compactes - n'ai-je pas toujours pensé que des criminels en fuite devaient s'y cacher ? -, ce sont par-delà la frontière, les Karawanken, en Slovénie, en Carniole, les bâtis de bois perméables à la lumière, ouverts, offerts aux regards, comme en apesanteur, et qu'on nomme «fenières». N'est-ce pas eux, vraiment, qui nous donnent l'idée la plus juste d'un bâtiment, si transparents que celui qui s'y cache, le fugitif, l'homme traqué, serait à son tour transparent, invisible, hors de danger ? (La Répétition).

L'enfant, porté par son père, effleurait le bras de celui-ci juste au-dessus du coude; sensation de tendresse animale, toute de délicatesse ; l'enfant ne voulait rien de son père, ne le caressait pas non plus, l'effleurait simplement (24 août 1982).

Si je m'efforce d'enregistrer ou de rechercher les choses en romancier, un malaise me jette hors de moi ; paradoxe : «Ne pas observer, ne pas fixer, ne pas regarder attentivement», telle est l'une des règles fondamentales, ex negativo, qui président à mes écrits. Je ne sais - oui, ne sais - que «regarder paisiblement autour de moi».

Un autre enfant sauta au cou de l'adulte, pour l'embrasser, mais ne parvint pas à l'atteindre ; en contrepartie l'adulte embrassa alors la main de l'enfant.

Conscience des seuils signifierait: transposer l'attention que je porte à cet objet, maintenant, à l'objet suivant (28 août).

Je ne comprendrai jamais Marie Madeleine; non parce qu'elle est une pécheresse, mais parce qu'elle expie.

Au lieu de «feu infernal» dis «feu liminal».

L'accordéoniste, hier à l'auberge, a dit de l'instrument qu'on lui avait prêté, et dont il jouait pour la première fois, qu'il était «diablement coriace». Il en jouait sans chanter, doucement, en accompagnant les propos de table de ses compagnons (1er sept.)

Traces d'accident : huile noire, sciure jaune, pas imprimés là comme dans la neige humide; plus personne.

«Où voudriez-vous vivre ? - Dans le récit. - Quand voudriez-vous vivre ? - Au temps du récit. - Pourquoi voudriez-vous vivre ? - Pour le récit.» (Début de l'automne 1982).

Le secret et l'énergie de Kafka sont dans la révolte, le soulèvement contre la naissance - et l'être-au-monde. Être-sur-terre, voilà qui en revanche n'apparaît presque jamais dans ses textes ?...»


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