Auteur : Jean-Marie Thiveaud
Date de saisie : 07/03/2006
Genre : Policiers
Editeur : Métailié, Paris, France
Collection : Suites, n° 119
Prix : 8.00 € / 52.48 F
ISBN : 978-2-86424-574-2
GENCOD : 9782864245742
Chaque mois, pendant "la nuit des monstres", les poubelles municipales de banlieue ramassent les objets encombrants, mais que fait la vénérable spécialiste de la Grèce antique dans un congélateur déglingué ? La guérilla ravage Paris, des bandes de jeunes au chômage attaquent les retraités fringants tandis que l'ordinateur général des retraites est atteint par un virus, et un charter réservé au troisième âge explose en plein ciel. Tous les attentats sont placés sous le signe de vers de Hésiode.
Drôle d'enquête menée par un jésuite italien, gourmand et danseur de tango, une jeune commissaire mal embouchée, un capitaine de la police montée canadienne et un prof de droit à noeud papillon.
Qui a intérêt à une guerre des générations dans un pays qui n'a jamais su lire une pyramide des âges ?
«Sur l'ordre muet de Votre Éminence, en ce dimanche de la Quinquagésime de l'an passé, j'ai rallié sans délai la capitale de la France, en fin de soirée.
Je garde le goût amer de ce premier matin, la longue nuit de voiture et de train depuis ma retraite aragonaise, le bruit et le crachin, le mauvais café parisien, tout s'accordait pour donner à ma mission la couleur résignée des mortifications rituelles. Avec tout le respect que je dois à la sagacité des proches collaborateurs de Votre Eminence et aux méthodes canoniques de la Sainte Inquisition, le dossier que me remit en hâte l'un de nos agents, à la frontière, ne sut éveiller en moi ni conjectures ni soupçons. Dans leur obscur résumé, les trois affaires, dont je lus maintes fois le détail, la nuit entière, offraient la banale tristesse du fait divers. Et mon esprit qui, pour le désespoir si patient de Votre Éminence, s'enflamme volontiers et tout soudain en extravagances imaginaires, ne répondait qu'aux devoirs réguliers de l'obéissance. Ces transports foisonnants qui m'agitent souvent au début d'une enquête cédaient le pas aux tressaillements fébriles d'une nuit blanche par voie ferroviaire. Dès la halte en gare de Toulouse, j'avais assigné à cette nouvelle entreprise le rythme pesant des processions pénitentielles, sans soupçonner, l'espace d'un fugace instant, les détours inhumains providentiellement promis à mon chemin. Votre Éminence me confiera-t-elle un jour ce qu'avait pu entrevoir Sa sublime prévoyance ?
Le ciel de Paris remâchait le tissu incertain des giboulées printanières mais dans l'échancrure d'un nuage clignait pourtant l'étoile du matin.
Les trois compagnons désignés pour conduire avec moi cette opération, en apparence bassement policière, semblaient tout comme moi, dans la fatigue inquiète des petites heures, innocents et aveugles, en lisière d'une civilisation qui jouait déjà pourtant son destin.
- Moi, les coïncidences, vous savez, dit Frédéric Argeliès. Oui, pardon, vous disiez quelque chose, mon père ? Ah ! La loi de Claude Bernard ? Oui, oui, je connais. Il était médecin... médecin et pas flic, quoi ?
- Peut-être les astres ? suggère Catherine Bousquet...»
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