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Ecrire son histoire : les communautés régulières face à leur passé

Couverture du livre Ecrire son histoire : les communautés régulières face à leur passé

Auteur : Introduction Cécile Caby | Préface de Alain Dubreucq

Date de saisie : 07/03/2006

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Publications de l'Université de Saint-Etienne, Saint-Etienne, France

Collection : CERCOR, travaux et recherches, n° 18

Prix : 45.00 € / 295.18 F

ISBN : 978-2-86272-358-7

GENCOD : 9782862723587

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  • La présentation de l'éditeur

Nées de l'expérience fondatrice d'un homme ou d'un groupe, les communautés religieuses régulières ont recherché, à travers les siècles, un équilibre entre la transmission de leur mémoire et une nécessaire adaptation aux réalités d'un monde en changement. La rédaction de récits à visée historique et le travail sur leurs propres archives ont ainsi participé de la construction ou du retour à une identité, réelle ou imaginée. Comment les religieux, dont le temps est par essence celui de l'éternité, ont-ils perçu leur histoire et l'ont-ils inscrite dans celle des hommes ?

C'est donc à une réflexion sur le temps, sur la constitution de la mémoire et sur ses relectures, qu'invitent les actes de ce 5e colloque international du C.E.R.C.O.R., qui coïncide avec le vingtième anniversaire de ce centre, fondé en 1982 par le professeur Pierre-Roger Gaussin, à la mémoire duquel cette publication est dédiée. Ce thème a des implications multiples, historiques, sociologiques, anthropologiques et renvoie en fin de compte à l'étude de l'identité des communautés régulières, qu'elles soient monastiques ou canoniales, par l'intermédiaire de leur relation au passé.

Conformément à la tradition du C.E.R.C.O.R., cette problématique est envisagée dans la longue durée et concerne l'ensemble des communautés régulières, en privilégiant trois grands axes : l'écriture de l'histoire, la construction et les relectures de la mémoire, et enfin sa transmission.





  • Les premières lignes

Extrait de la préface d'Alain Dubreucq :

«L'originalité de notre propos est d'être centré exclusivement sur les communautés régulières - monastiques ou canoniales -, sur la longue durée, avec pour but d'étudier les différents aspects de la relation qu'elles entendent établir entre le présent et le passé. Cette relation implique évidemment un recours au passé, pour expliquer ou justifier le présent, voire pour fonder l'avenir. Si cette lecture constructive du passé ne concerne pas seulement les communautés religieuses - on peut la trouver aussi présente dans l'histoire des familles princières ou seigneuriales - elle revêt cependant pour les communautés régulières un relief particulier, en un processus complexe de transmission, d'élimination et de reconstruction des éléments de leur histoire. Cette démarche implique d'ailleurs un contrôle, une maîtrise des sources qui permettent l'accès au passé, car elle suppose une sélection dans ces sources et l'interprétation, voire la manipulation de textes d'origines très diverses.

Cette reconstruction du passé est aussi liée à la recherche de l'identité des groupes. Les communautés y trouvent leurs normes et leurs valeurs, qui vont former une tradition. D'où l'élaboration d'un discours des origines, d'une «idole des origines» pour reprendre les termes de Marc Bloch. Ce discours évolue au rythme des réformes qui affectent les ordres religieux. Ceux-ci sont ainsi amenés à copier, abréger ou réviser les documents de fondation, les cartulaires, la vie des saints fondateurs, les textes liturgiques, en référence à cette tradition, pour créer une image du passé, ou plutôt une autorité destinée à servir d'exemple ou de clé d'interprétation du présent et des actions à venir.

Cette mémoire du passé, qui crée une réalité nouvelle, méritait d'être étudiée d'une manière globale et extensive en fonction des diverses sensibilités des communautés religieuses. II s'agit d'une mémoire collective, creuset de l'identité et de la solidarité des groupes, mais qui forme aussi le pivot d'un système de représentation sociale. Ce système comporte aussi des silences dont l'importance ne saurait être sous-estimée et qui méritent également d'être interprétés. Dans la perspective de cette relation à l'histoire, à la durée, nous avons choisi d'étudier les différents modèles de l'écriture de l'histoire monastique en proposant sept thèmes de réflexion : l'écriture de l'histoire dans la longue durée, les cartulaires et bibliothèques, les récits des origines et les réformes, les chroniques et légendiers, l'hagiographie et les reliques, les réécritures, en élargissant la problématique, pour terminer la rencontre, aux relations du cloître avec le monde...»


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