Auteur : Massimo Carlotto
Traducteur : Laurent Lombard
Date de saisie : 29/03/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Métailié, Paris, France
Collection : Suites, n° 116
Prix : 6.00 € / 39.36 F
ISBN : 978-2-86424-571-1
GENCOD : 9782864245711
Mère de famille, abrutie d'alcool et de télévision, lasse de sa vie, ayant reporté tous ses espoirs sur sa fille, elle va sombrer dans le délire le plus noir. Dans cette tragédie familiale, on ne quitte pas un instant cette protagoniste dont le monologue intérieur banal et délirant nous dit la fin de la classe ouvrière, la cohabitation difficile avec les émigrés, le manque de travail, la difficulté de joindre les deux bouts quand on n'est plus productif, l'absence totale de perspectives, la frénésie de consommation pour se sentir vivant, la télé comme seul modèle et moyen d'évasion face à la noirceur de l'existence...
Avec un grand sens du réalisme psychologique, l'auteur met symboliquement en scène l'autophagie d'une société moderne. Et tend un miroir à toutes les sociétés européennes.
Ce court récit surprenant et efficace a tenu la tête des listes des meilleures ventes italiennes pendant plusieurs mois.
Massimo Carlotto est né à Padoue en 1956 et vit à Cagliari. Directeur de collection aux Editions E/O (en Italie), il collabore également à divers journaux. Il écrit pour le théâtre et est l'auteur de nombreux romans, dont quatre sont déjà traduits en France En fuite, La Vérité de l'Alligator, Arrivederci Amore (Métailié, 2003) et Le Maître des noeuds (Métailié, 2004). Plusieurs adaptations cinématographiques de ses livres sont en cours.
Massimo Carlotto sera au Festival «Quai du Polar» à Lyon du 31 mars au 2 avril et à Paris du 3 au 5 avril 2006.
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Comme l'Américaine Joyce Carol Oates, auteur du terrifiant Zombi, l'Italien Massimo Carlotto sait parfaitement se mettre dans la peau d'un personnage abject. Arrivederci amore (éd. Métailié, 2003), monologue puissant et grinçant, donnait à lire la dérive d'un ex-militant révolutionnaire reconverti dans le cynisme le plus infâme. L'auteur récidive aujourd'hui avec Rien, plus rien au monde, autre monologue tout aussi chavirant...
«Faut que je range les courses. Y vont pas tarder à arriver et j'ai pas envie qu'ils trouvent le bordel dans la maison. Ils en trouveront que dans sa chambre à elle, mais là, rien, plus rien au monde pourra y mettre de l'ordre.
Rien, plus rien au monde pourra remettre les choses à leur place.
Je suis fatiguée. L'arrêt de bus est loin du Supermégafantasticdiscount et j'ai dû me faire un bon bout de chemin à pied avec les sacs pleins après avoir travaillé tout le matin. Mais ça en valait la peine.
Purée de tomates, boîte de 400 g, 0,24 euro. Petites mozzarelles, 100 g, 0,39 euro. Lessive à la main, savon de Marseille,
1,15 euro.
Dentifrice au fluor, 0,42 euro.
Café, 4 paquets de 250 g, 2,39 euros. Huile extra vierge, 1 litre, 2,75 euros. Pesto à la génoise, 0,66 euro.
Le vermouth, par contre, je l'ai pris chez le marchand en bas de l'immeuble. C'est la seule chose sur laquelle je fais pas d'économies. J'aime le vermouth de marque. Et puis Turin, c'est la capitale, c'est un produit de chez nous. Si je me dépêche bien, j'aurai même le temps d'en boire une petite goutte.
Je vais même le faire maintenant; aujourd'hui, j'ai pas acheté de surgelés qui s'abîment si on les met pas tout de suite au freezer. Les surgelés, je les prends chez Lachatlemeilleur ; deux fois par mois y'a les super promos de cordons bleus et de poissons panés que la petite aime tant.
Faut aussi que je me change. Rien, plus rien au monde ne pourra enlever les taches sur cette robe. C'est pas grave, je l'avais achetée chez les Chinois, 12,90 euros, une bonne affaire.
La dernière robe que je me suis fait faire chez une couturière, c'était pour le mariage de ma nièce. On était pas encore à l'euro. J'avais acheté le tissu en solde et j'avais copié le modèle sur une revue. Bref, je m'en étais tirée pour un peu moins de 200 000 lires...»
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